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«Nous ne sommes pas des salafistes. Nous ne sommes pas les auteurs des agressions»
Ahmad Tatar membre du bureau politique du «Hizb Tahrir» au Temps :
Publié dans Le Temps le 08 - 06 - 2012

Un colloque sur le « califat » sera prochainement organisé dans nos murs. Ahmad Tatar est membre du bureau politique du « Hizb Tahrir » qu'il a intégré depuis 1983. Dans ce raccourci notre interlocuteur, qui est aussi diplômé en gestion comptable, nous parle de ce concept qui, selon certains, nous vient d'un autre temps. Il nous explique, par là-même, la vision de son parti quant à la démocratie et à la souveraineté du peuple qu'ils réfutent.
Le Temps : Certains considèrent que l'instauration du califat est une chimère, et que ce terme nous vient d'un autre temps. Qu'en pensez-vous ?

Ahmad Tatar : Depuis plus d'un siècle la communauté musulmane est victime de nombreuses oppressions. C'est par un processus de colonisation du monde musulman que l'Occident libéral émergeant a réussi à mettre fin à l'existence de l'Etat islamique, forteresse qui défendait l'Islam et les musulmans : Le Califat, lequel est le seul protecteur de la Charia Islamique. Pourquoi aller chercher ailleurs quand nous les Musulmans avons notre loi qui provient de nos textes fondamentaux, à savoir le Coran et le Hadith.

Je trouve cela réducteur de parler de la Charia en tant que châtiments corporaux, telles que la flagellation de la main du voleur, ou la lapidation de l'adultère, que l'on inflige aux contrevenants à la morale. La Charia constitue l'ensemble des ordres et directives émanant d'Allah le Créateur, transmis par l'intermédiaire de son Messager Mohamed (SA'WS). Elle a pour mission de régenter et de donner un sens à la vie politique, économique, sociale et d'une manière générale tous les secteurs de la vie des Hommes. Cette tâche a été accomplie avec succès pendant plus de 13 siècles.

Ce n'est qu'à partir du 19ième siècle que le colonisateur occidental est parvenu à introduire un nouveau concept, connu par tous sous le nom de la Démocratie, elle devient très vite et sous le regard protecteur de l'Occident colonisateur, la ligne directrice de la conduite politique de ceux qui gouvernaient le monde musulman. Cette notion qui prévoit de donner le pouvoir au peuple et par la suite à des personnes qu'il élit et qui ne peuvent pas être à la hauteur de cette responsabilité. Cela vient à l'encontre de la Charia islamique qui donne le pouvoir aux textes fondamentaux des Musulmans. Et c'est donc Allah qui régente nos affaires. La démocratie occidentale qui n'est qu'une chimère a donné lieu à des leaders politiques que les peuples ont vénérés du genre Atatürk et Bourguiba. De nouvelles notions ont fait depuis leurs entrées dans notre culture arabo-musulmane et qui nous sont par ailleurs étrangères telles que les droits de l'Homme, les droits de la femme, et la liberté qui ne sont que factices car l'Islam est précurseur en la matière en donnant ses droits et ses devoirs à tout être humain. Aucun domaine de la vie n'a échappé à l'Islam. Même la faune et la flore est vénérée en Islam et tout musulman se doit de les protéger. Il faut prendre le soin de relire l'Histoire et de poser les bonnes questions sur les intentions des uns et des autres, bien entendu de ceux qui veulent nous éloigner de notre religion.

Face à ce mouvement de troupeau irréfléchi, fasciné par l'Occident, la Charia délaissée par sa Oummah, s'est réduite comme une peau de chagrin. Ainsi renaître la Oummah de ses cendres est la responsabilité de tout intellectuel, qui se sent déraciné de sa culture arabo-musulmane.

Il y a un retour à la « Foi » qui se base sur la réflexion et sur la raison. Cela aboutira à l'adoption intégrale du système de l'Islam c.à.d. de la Charia. Cette dernière reste immuable dans l'imaginaire collectif car elle n'est autre que l'organisation des instincts et des besoins physiologiques de l'Homme qui n'ont pas fait l'objet de changement à travers l'espace et le temps.

Mais pourquoi les salafistes du « Hizb Tahrir » réfutent-ils l'idée de la démocratie ? Qu'est-ce que vous proposez en contrepartie ?

Remarque : nous ne sommes pas des salafistes. Un salafiste a ses références idéologiques, nous, nous en avons les nôtres. Hizb tahrir est né en 1953 à Al Qods et ses adeptes se réfèrent à Taki Eddine Nabhani qui prône le renouvellement de la religion en se basant sur une approche rationnelle qui use de la réflexion et de la logique. Parmi les ouvrages de Taki Eddine Nabhani je peux vous citer ‘' Kitab Soraat Al Badiha'' qui peut se traduire par « Le livre du réflexe ». Le Hizb Tahrir veut évincer l'idée de la démocratie qui n'est qu'utopique, comme système politique dans lequel ni le peuple, ni même sa majorité est souveraine, mais seuls les détenteurs de capitaux restent les véritables dirigeants. Les exemples sont légion en Europe et en Amérique et qui montrent l'échec du système occidental et de la démocratie à installer la justice sociale et à revaloriser la valeur de l'Homme. Ceux qui pensent qu'on vit une crise identitaire et un effritement des repères finiront par comprendre que le remède à nos maux est dans un système de valeurs dont est porteuse notre Charia et dont le Califat est le garde-fou. L'Occident qui montre du doigt les Musulmans les considérant comme étant les boucs émissaires des toutes les violences qui sévissent dans le monde, commence à étudier la finance islamique comme alternative au capitalisme ravageur. Voilà un signe-avant-coureur de l'éminent retour de l'Islam dans toute sa splendeur.

Mais les actes de violence que nous connaissons actuellement et dont les islamistes sont les auteurs n'ont laissé aucune splendeur au Message islamique. Vous êtes des islamistes, n'est-ce pas ?

Depuis sa création en dehors de nos cieux notre parti n'a fait que subir des oppressions. Jusqu'à nos jours nos détracteurs n'ont pas pu prouver que « Hizb Tahrir » est impliqué dans des actes terroristes. Nous restons fidèles à nos principes. Nous sommes un parti élitiste. Nous n'avons jamais usé de la violence mais de la force des arguments.


Mona BEN GAMRA


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