Nuit agitée en Tunisie : pluies éparses et vents forts    La Marsa en deuil : Décès du Dr Slim Meherzi, pédiatre de cœur et ancien maire    Clarification : L'INM n'est pas responsable du déclenchement de l'alerte précoce    Ramadan 2026 : La Municipalité de Tunis impose le silence aux abords des mosquées pour les Tarawih    Un nouveau livre de Faouzia Farida Charfi : Lettre à mon petit-fils sur l'islam d'aujourd'hui    Ouvrage Les plus belles mosaïques de Tunisie : l'art ancestral de la mosaïque à l'honneur    Ramadan en Tunisie : rester proche malgré la distance grâce à Taptap Send    Gemini 3.1 Pro lancé : Google avance un modèle d'IA plus intelligent que les autres    11.000 tonnes sur le marché, mais l'huile subventionnée reste introuvable    L'ISCAE Manouba et IFC Cairo signent une convention de partenariat stratégique    Reprise du trafic ferroviaire du TGM sur toute la ligne Tunis – La Goulette – La Marsa    Météo en Tunisie : pluies éparses dans les régions côtières    Leila Shahid: une vie à raconter la Palestine au monde    Annonce officielle des arbitres pour le derby tunisien    La suspension simultanée de Land'Or et Poulina annonce-t-elle un rachat stratégique ?    De Tunis aux plus hautes sphères : le parcours exceptionnel de Rachid Azizi dans son livre « Un sur un million »    Attijari bank célèbre la transmission et les liens intergénérationnels au sein de la diaspora avec une campagne baptisée "يعيش فينا رمضان" à l'occasion du Ramadan 2026    Météo en Tunisie : nuages passagers, vent fort    La Voix de Hind Rajab primé au gala Cinema for Peace à Berlin, Kaouther Ben Hania refuse la récompense    Abderrazek Kéfi, ancien ministre de l'Information, est décédé    Ahmed Jaouadi et Ahmed Hafnaoui brillent aux Championnats SEC : la natation tunisienne au sommet aux USA    Université tunisienne: sortir du fétichisme électoral pour restaurer la compétence    Ramadan en Tunisie: entre spiritualité et gourmandise (Album photos)    Ooredoo Fintech Tunisie obtient l'agrément de la Banque Centrale pour lancer walletii by Ooredoo en Tunisie    Visa Schengen 10 ans : qui pourra en bénéficier ?    Epson renforce sa gamme de projecteurs 3LCD en Tunisie : performance, innovation et polyvalence au service des professionnels et de l'éducation    Zoubeida Khaldi: Ce cavalier    Ooredoo Fintech Tunisie obtient l'agrément de la Banque Centrale pour lancer walletii by Ooredoo en Tunisie    Iran : Guerre probable, versus, paix improbable ?    Arabie Saoudite annonce le début officiel du Ramadan 2026 avec le Qatar et les Emirats    Qui est Anne-Claire Legendre, la première femme à réinventer l'Institut du monde arabe ?    Festival Gabès Cinéma : Afef Ben Mahmoud à la direction    Où et quand suivre les barrages aller de la Ligue des champions ?    Quart de finale de la Ligue des champions : Les dates clés pour Espérance Tunis contre Al Ahly !    CIVP : vers une augmentation de l'indemnité des stages en Tunisie    La sélection tunisienne de judo senior remporte 11 médailles au tournoi international Tunis African Open    Conférence de Munich 2026: l'Europe face au duel Washington–Pékin    Lancement de la première session de recrutement 2026 : dates et modalités    L'odorat des chiens au service de l'oncologie médicale    Anis Lassoued : ''Enda a été le déclic qui a permis à Moez de briser les chaînes du silence''    De la culture générale (II): l'apport arabe à la Renaissance européenne    Le tennisman tunisien Moez Echargui se qualifie pour les quarts de finale du Challenger de Pau    Sabri Lamouchi : Une bonne nouvelle impression (Album photos)    L'Université de Tunis El Manar et l'Université japonaise d'Hiroshima signent un accord de coopération    Mondher Msakni: L'orfèvre    Israël intensifie sa politique d'annexion et de colonisation en Cisjordanie    ATMEDIA lance la première session de formation sur l'intelligence artificielle pour les journalistes    Secousse tellurique en Tunisie, au nord de Béja ressentie par les habitants    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Randonnée en Khroumirie
Promenade
Publié dans Le Temps le 28 - 10 - 2012

Aujourd'hui, nous proposons des promenades intéressantes à tous les curieux et aux gens qui envisagent de séjourner un moment en Khroumirie.
Nous allons nous promener sur et autour d'un piton rocheux appelé soit Kef El Bled soit Kef El Blida situé près de la route joignant Béja à Aïn Draham. C'est une des contrées les plus « sauvages » et les moins fréquentées de la Khroumirie.

La petite route de montagne que l'on emprunte juste à l'entrée Ouest du bourg d'Ouchtata, à proximité de l'aéroport international de Ras Rajel / Tabarka et qui mène jusqu'à Aïn Snoussi, est de loin, à notre avis, la voie d'approche la plus pittoresque en toutes saisons.

Très vite après le carrefour avec la route de Tabarka, on se met à escalader, en zigzag, de belles pentes boisées, on dépasse quelques villages et on se retrouve en pleine nature, isolé, parce que les autos qu'on croise sont fort rares.

En hiver, les belles forêts qui couvrent en particulier le Jebel Guessaa (805 mètres), tapissent les pentes d'un vert profond en harmonie avec les cieux tantôt bleu roi tantôt gris sombre.

Au printemps, et jusqu'au début de l'été, d'innombrables ruisselets murmurent dans les sous-bois de la Khroumirie gorgée d'eau. Les chants des coucous, se mêlent aux cris des geais des chênes, aux martèlements des pics et aux roucoulements des palombes. Durant la saison estivale, après la floraison des myrtes, des arbousiers et des bruyères arborescentes, les grandes fougères : les osmondes royales, qui sont parmi les plantes terrestres les plus anciennes – on en trouve des fossiles dans les houilles de l'ère primaire ! – déploient la spirale de leurs « crosses » aux feuilles délicatement découpées dans la pénombre des sous-bois.

Chemin faisant, on passe au pied de la « R'chèda touila » : une des plus grosses « pierres dressées » – pour ne pas écrire « menhir » ! – de Tunisie. Les traces blanches de chaux sur sa base, quelques pièces de monnaies laissées dans une anfractuosité où, parfois, une bougie finit de se consommer, prouvent qu'elle est le lieu d'un culte rural. C'est un lieu « sacré » puisque sur chacune des trois hauteurs voisines se dresse une Koubba. Puis, en arrivant à Aïn Snoussi, on tourne à gauche, sur la grande « Route des chinois », vers Béja. A quelques centaines de mètres de ce carrefour, on découvre, à gauche, une petite route relativement récente. Elle conduit par monts et par vaux, à un hameau, aux maisons éparses dominées par le piton rocheux de Kef El Blida.

Un autre itinéraire est tout aussi intéressant. On emprunte, à la sortie du bourg de Ouchtata, après avoir traversé l'extrémité de la retenue du barrage sur l'Oued Zouara, une petite route qui aboutit d'abord au village de Zaga aux sources abondantes, aux tombeaux rupestres : des « haouanet » et aux vestiges d'une citadelle d'époque byzantine. A lui seul, il mérite une visite !

Puis, la petite route escalade, en zigzag serrés, les flancs du gros Jebel Zouza, passe par un col, longe la « racine » d'un « éperon » montagneux sur lequel subsistent les ruines d'un village protohistorique, s'enfonce dans une belle forêt de chênes lièges et en ressort à flanc de colline. Quelques centaines de mètres après l'orée des bois, une voie, très carrossable, mi-route, mi-piste, suivant l'importance de son entretien, s'ouvre sur la droite et conduit à Kef El Blida.

Si l'on vient d'Aïn Draham ou de Béja, le « point remarquable » est le hameau d'Aïn Snoussi où se trouve le carrefour avec la route de Tabarka et un peu avant (ou après !) le carrefour avec la route de Kef El Blida.

Les randonnées

Pourquoi aller spécialement à Kef El Blida alors que la Khroumirie et les collines des Mogods sont tapissées de Haouanet ? D'abord parce que le site est curieux. Ce piton, aux « parois » presque verticales, a certainement été perçu comme un lieu sacré facile à défendre, où ont été creusés les tombeaux des familles des « Chefs ». Des sépultures prestigieuses ? Certainement, puisque l'une d'elles est ornée d'une des plus belles peintures pariétales connues. Le bateau qu'elle représente, son gréement, les hommes qui le montent et leurs armes reflètent une influence punique indéniable. Le personnage, debout à l'avant du bateau, armé d'une hache à double tranchant et ... d'un bouclier – qui prend des allures de cadran solaire ! – est-il un dieu qui « menace », « chasse » ou « dirige » un autre personnage, représenté à l'horizontale, coiffé d'un bonnet « hérissé » ? Ce dernier semble nager ou voler vers ... le séjour céleste des « âmes ». Le bas de la peinture est particulièrement difficile à interpréter ainsi que la « frise » qui orne la paroi de droite, qui pourrait représenter une « farandole ». Un ou deux autres haouanet sont décorés de peintures assez abîmées. Toutes pourraient dater du Vème siècle avant J.C. environ.

A partir du site de Kef El Blida, situé 40 G 96' N ; 7 G 38' E, on peut, dans le cadre d'une randonnée facile, se rendre d'abord au lieu-dit Msatria situé à un peu plus d'un kilomètre à l'Ouest. Après une marche en forêt, qui peut être guidée par n'importe quel gamin du village, on découvre un hanout isolé, creusé au sommet d'un gros rocher isolé appelé « Souttara », situé 40 G 96' N – 7 G 38' E . Quelle mystérieuse raison a poussé les gens à escalader la paroi pour entrer dans le hanout, si souvent que le seuil en a été creusé ? Ensuite, on peut aller découvrir en pleine forêt, un autre hanout isolé appelé Ghorfet El Misk situé à 800 ≈ 1000 mètres au Sud de Msatria. Le site est au 40 G 96' N – 7 G 38' E. L'ouverture se trouve au ras du sol, alors que le sommet du rocher a été creusé d'une petite « cuvette » et de « rigoles d'écoulement », déjà remarquées sur certains haouanet du Jebel Mangoub en particulier. De là, on peut regagner Kef El Blida ou, si l'on est pas fatigué, on pourrait aller jusqu'à l'ensemble des haouanet situé à proximité du marabout de Sidi Romdhane dont les coordonnées sont 40 G 96' N ; 7 G 35' E.

Une marche de 2 à 3 kilomètres, suivant le « guide » choisi ou les sentiers empruntés, 7 à 8 kilomètres en tout, voire un peu plus, pour faire tout le tour. C'est une randonnée d'une demi-journée au sein de collines dont l'altitude varie de 550 à 700 mètres environ, dans un environnement préservé, presque sauvage.

On est entouré de grands chênes-lièges aux frondaisons majestueuses. On chemine dans un sous-bois touffu de myrtes, d'arbousiers, de ronces et de clématites. Que les citadins se rassurent : quoi qu'en disent les « chasseurs », en plus de 50 ans de promenades en Khroumirie, nous n'avons jamais été chargé par un sanglier. Ils s'enfuient, à grand bruit, à notre approche ! Par contre, au cours d'une marche à pied, discrète et relativement lente, on remarque beaucoup de « choses » : au printemps, le limodorum abortivum, une magnifique orchidée à la tige et aux fleurs mauves. Des botanistes ont écrit que celles de Tunisie s'autofécondaient parce que leurs fleurs ne s'épanouissaient pas. Nous avons toujours constaté le contraire. Nous avons admiré le plumage roux et turquoise des Martin pêcheur le long du filet d'eau qui serpente dans l'Oued Sidi Romdhane en particulier. Le long des troncs des vieux chênes zéens, on peut, en s'approchant silencieusement, guidé par le son des coups de bec, observer le pic de Levaillant au plumage bariolé de tâches blanches, noires et rouges et le pic vert, couleur de jade et au « masque » noir.

La Khroumirie offre aussi, des parties de chasse à la palombe : le pigeon ramier, à la bécasse ou au sanglier. Elle est, à juste titre, réputée pour son climat, ses plages, ses montagnes couvertes de forêts touffues et giboyeuses ainsi que pour son patrimoine historique et culturel exceptionnel.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.