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Inquiétant !
Gr. D Tunisie - Côte d'Ivoire (0-3)
Publié dans Le Temps le 27 - 01 - 2013

La chance ne sourit pas à tous les coups. Après la victoire combien heureuse obtenue lors de la première journée aux dépens de l'Algérie, la sélection nationale sombra totalement face à la Côte d'Ivoire, concédant une lourde défaite sur le score de (0-3). Une sélection qui a été l'auteur des mêmes carences et autres insuffisances déplorées contre les « Fennecs ».
Pourtant, et à la lumière des enseignements tirés du match inaugural on s'attendait à ce que le staff technique procède et effectue les correctifs qui s'imposent. Malheureusement, il n'en fut rien ou presque.
En effet, Sami Trabelsi aligna une formation partiellement remaniée par rapport à celle qui ouvrit contre l'Algérie ; Il titularisa Boussaïdi sur le flanc droit alors que Ifa fut déplacé dans l'axe en remplacement de Hichri. Le deuxième changement a touché l'attaque avec la rentrée de ben Youssef comme deuxième attaquant aux côté de Khelifa.
Tout comme, donc, contre l'Algérie, il évolua avec trois joueurs récupérateurs (Hammami, Mouelhi et Traoui) et le résultat fut le même avec un jeu approximatif, sans ligne conductrice avec des erreurs à la pelle souvent criardes qui ont failli nous coûter cher.
Nous eûmes droit aux mêmes errements en défense, avec un Boussaïdi hors du coup et qui a donné de nouveau la preuve par mille qu'il n'a pas sa place dans l'équipe. Un Ifa manquant d'assurance et un Abdennour par moments cafouillant et pêchant par ses mauvais placements sur les attaques ivoiriennes. La relance tunisienne fut pratiquement nulle et les deux attaquants tunisiens ne furent pas approvisionnés en balles susceptibles d'apporter le danger devant les bois du gardien Boubaker.
Face au gâchis tunisien, l'équipe ivoirienne évolua avec une aisance qui frôla souvent l'insolence.
D'ailleurs, les Yaya Touré et consorts ne mirent pas beaucoup de temps pour prendre d'assaut les bois tunisiens.
Il suffit, en effet, un round d'observation de cinq minutes seulement avant que les protégés de Lamouchi n'alerte Ben Cherifia qui sauva devant Kalou (6'). Le même Kalou a failli ouvrir la marque en plaçant une tête qui frôla le montant (13') avant qu'il ne reprenne d'un heading au dessus de la transversale (18').
La défense tunisienne complètement submergée a été de nouveau à deux doigts d'encaisser le but sans le sauvetage de Ben Cherifia (20').
Mais a trop subir le match l'arrière-garde tunisienne finit par encaisser le but à la 21', quand Gervinho, se déjouant de Ifa et Mouelhi, se présenta seul devant Ben Cherifia avant de le battre à bout portant. Durant le reste de la mi-temps, le jeu se concentra au milieu du terrain avec une formation ivoirienne soucieuse de préserver son avance et, en face une équipe tunisienne cafouillante et incapable de poser son jeu.
Un léger mieux sans plus
Sami Trabelsi fit entrer Darragi à la place de Ben Youssef, alors qu'il fallait faire sortir soit Traoui ou Mouelhi et garder un attaquant de plus devant. Le jeu tunisien s'améliora légèrement mais à l'approche des bois adverses, les essais tunisiens durent avorter. Même la rentrée de Harbaoui ne coupera pas à la ligne d'attaque l'efficacité escomptée. Pourtant, à deux reprises la Tunisie était proche de l'égalisation par Khelifa à la 63' et surtout à la 83', quand, seul devant le gardien Boubaker, il tira mollement dans les mains de celui-ci.
La fin du match fut cauchemardesque pour l'équipe tunisienne. Celle-ci jouant son va-tout dans le but d'égaliser prit des risques en défense et la Côte d'Ivoire, un ensemble à l'expérience consommée, sut en profiter en marquant coup sur coup deux autres buts par l'inévitable Yaya Touré et le fraîchement débarqué Yakonan (89').
Désormais, l'équipe de Tunisie devra battre le Togo dans le dernier match de ce tour pour espérer se qualifier en quart de finale et cette éventualité n'est pas aussi évidente si notre onze représentatif continue à jouer aussi mal.
Ameur KERKENNI
Synopsis
Stade Royal Bafokeng de Rustenberg
Temps chaud
Pelouse en bon état
Assistance peu nombreuse
Arbitrage du Mauricien Sechurn
Joueurs avertis : Gamba et Dioté (Côte d'Ivoire)
Buts de Gervinho (21'), Yaya Touré (87') et Yakonan (89') pour les Ivoiriens
Formation des équipes :
TUNISIE : Ben Cherifia, Boussaïdi, Chemmam, Ifa, Abdennour, Traoui, Hammami, Msakni, Mouelhi, Khelifa
Remplacements de :
- Ben Youssef par Darragi (46')
- Boussaïdi par Harbaoui (57')
- Traoui par Z.Dhaouadi (85')
COTE D'IVOIRE : Boubaker, Bamba, Dioté, Touré, Maestro, Suleiman, Kalou, Gervinho, Zocora,Tiené, Romaric
Remplacements de :
- Kalou par Drogba (67')
- Souleiman par Dargel (80')
- Romaric par Yakonan (88')

Le jeu et les joueurs
Rentrée tardive de Darragi !
Avec trois pivots et un Fakhreddine Ben Younes isolé, la Tunisie a peiné face à la côte d'Ivoire. Sami Trabelsi espérait réussir le même scenario, celui de l'Algérie, mais l'adversaire d'hier était beaucoup plus coriace. Les Ivoiriens ont su tirer profit de notre attitude attentiste et du fait que la balle parvenait rarement à la ligne d'attaque tunisienne. Msakni n'a pu titiller une première fois la défense adverse que vers la 38ème minute... Au risque de nous répéter, la prudence excessive ne peut mener bien loin. Il faut prendre des risques et éviter de subir et attendre que l'adversaire commette des fautes. Ce n'est pas ainsi que la Tunisie réussira à s'imposer.
Moez Ben Cherifia : Auteur d'une belle parade à la 20ème minute, il a dû s'incliner dans la même minute. Il n'a rien à se reprocher. Mieux encore, il fut égal à lui-même et permit à ses coéquipiers de rester dans le match jusqu'aux deux derniers buts ivoiriens.
Khalil Chammam : Généreux dans l'effort, il tenta de prêter main forte à ses coéquipiers de l'attaque sans succès.
Bilel Ifa : le joueur clubiste n'a pas chômé. Cette fois-ci, il évolua dans l'axe et n'a pas eu la vie facile face à des Ivoiriens trop habiles physiquement et puissants physiquement. Une bonne prestation dans l'ensemble
Anis Boussaïdi : l'ex joueur du Stade Tunisien fut très sollicité en défense d'autant plus que les Ivoiriens axèrent un peu trop leur jeu sur le côté droit de la défense tunisienne. Sur le plan offensif, il fut omniprésent sans être décisif. (Hamdi Harbaoui 57') : Le sociétaire de Lokeren a tendance à confondre entre puissance physique et agressivité excessive. Un peu trop brouillon, il a intérêt à épurer son jeu et se concentrer sur la balle en essayant de commettre le oins de fautes possible. En attaque, et en l'absence de balles décisives, il n'a pu tenter sa chance.
Aymen Abdennour : l'ex joueur de l'Etoile s'en est plutôt bien sorti. Il a remporté presque tous ses duels. Il ne pouvait faire plus face à des attaquants ivoiriens capables de faire la différence à n'importe quel moment du match.
Khaled Mouelhi : comme ses coéquipiers du milieu, il éprouva toutes les peines du monde pour contrer les Ivoiriens. Nous l'avons rarement vu quitter sa zone.
Chedi Hammami : après avoir évolué au milieu en première période, il passa à droite de la défense pour suppléer Boussaïdi. Il n'a pas démérité dans l'ensemble.
Mejdi Traoui : Le « Sang et Or » a fait ce qu'il a pu dans un compartiment dominé pas des Ivoiriens supérieurs aux nôtres sur tous les plans. Il fut approximatif sur le plan offensif. (Zouhaïr Dhaouadi 85') : le joueur clubiste ne peut être jugé ayant très peu joué.
Saber Khelifa : il a tenté des choses lors de la première période sans succès. Quelques chevauchées solitaires, sans plus. Il passa carrément en pointe lors de la deuxième mi-temps ratant une occasion de but dès la 48ème minute... Il a fait autant à la 84ème minute. Il a eu la balle de l'égalisation au bout du pied droit...juste avant le 2ème but Ivoirien...
Fakhreddine Ben Younes : Le joueur n'a rien pu faire. Il n'a pas été servi et a dû se contenter de faire acte de présence. Il n'a toutefois rien à se reprocher. (Darragi 45') : son entrée a fait beaucoup de bien à l'équipe de Tunisie. Sa maîtrise technique a permis aux Aigles de Carthage de moins subir et de faire, par intermittence, jeu égal avec les ivoiriens. Il fut le meilleur tunisien...
Youssef Msakni : Il n'a pas réédité son exploit du premier match. Il a essayé, à sa manière, de faire la différence, mais il n'a pas eu la même réussite enregistrée face à l'Algérie. Un bon match dans l'ensemble, mais il aurait pu faire mieux...
Mourad AYARI

Togo -Algérie (2-0)
Le Togo a battu hier l'Algérie (2-0). Ainsi l'Algérie avec zéro point, est éliminée sans attendre la 3ème journée contre la Côte d'Ivoire, tandis que la Tunisie avec 3 points doit battre le Togo, mercredi prochain. En cas de match nul, les Togolais accompagneront les Ivoiriens, au 2ème tour.

Groupe A :
Attention danger !
Afrique du Sud-Maroc : Plus dure sera la chute
L'Afrique du Sud et le Maroc jouent aujourd'hui une partie à quitte ou double avec pour enjeu une place en quart de finale de la CAN-2013, l'un de ces deux favoris de la poule A pouvant passer à la trappe au profit du surprenant Cap-Vert, qui a un énorme coup à jouer face à l'Angola.
Les Bafana Bafana n'ont besoin que d'un petit point pour assurer leur billet pour le prochain tour. Mais obtenir au moins le match nul ne sera pas une simple formalité pour le pays organisateur. Le succès contre l'Angola (2-0) a certes rassuré des supporteurs jusque-là assez sceptiques sur le potentiel de leur sélection mais le dernier virage à négocier s'annonce plus que périlleux. Le Maroc, qui reste sur deux scores de parité, est en effet condamné à l'emporter s'il ne veut pas dépendre du résultat de la rencontre Cap Vert-Angola et risque de jeter toutes ses forces dans la bataille. Il faudra bien plus que le bourdonnement incessant des vuvuzelas pour déstabiliser les Lions de l'Atlas, qui vont aborder ce choc en «mode commando», selon leur sélectionneur Rachid Taoussi. La peur et la pression paralyseront-elles les Sud-Africains comme lors du match d'ouverture (0-0 face au Cap Vert)? Ce danger n'est pas à négliger, les Bafana Bafana vivant avec la hantise d'être le premier hôte de la CAN à être éliminé au 1er tour depuis la Tunisie en 1994 après avoir été éjecté d'entrée de «leur» Coupe du monde en 2010. Mais le Maroc a lui aussi des failles et ne s'en sortira que s'il montre un tout autre visage qu'au cours de ses deux premières sorties, conclues par deux nuls. La suspension de Younes Belhanda enlève déjà une option offensive à Taoussi, même si le meneur de jeu de Montpellier n'a guère brillé dans le tournoi.

Cap-Vert-Angola :
Le bizuth pour l'Histoire
Un succès du Cap Vert contre les Palancas Negras lui permettrait de réaliser un exploit historique en accédant au Top 8 continental pour sa toute première participation à la Coupe d'Afrique. Rien d'impossible au vu des prestations remarquables des insulaires, dirigés par un contrôleur aérien (Lucio Antunes) et emmenés par leur duo de feu en attaque, Ryan Mendes et Luis Soares, alias Platini, auteur du premier but du Cap Vert dans une CAN contre le Maroc (1-1). Après avoir fait tomber le Cameroun d'Eto'o en phase qualificative et fait sérieusement douter les deux grands favoris du groupe, l'Angola est largement à leur portée. Il faudra juste parvenir à répondre au défi physique des Angolais et à museler le massif Manucho, leur unique arme potentielle.

Pour le match contre l'Afrique du Sud
Rachid Taoussi
« Je veux un Maroc en mode commando»

Le sélectionneur du Maroc Rachid Taoussi a déclaré hier que son équipe allait aborder «en mode commando» le match contre l'Afrique du Sud, le pays organisateur, décisif pour la qualification pour les quarts de finale, aujourd'hui à Durban.
- Comment s'est déroulée la préparation pour ce match crucial?
- «Ce match sera très important pour nous. On savait, bien avant le résultat du match contre le Cap Vert (1-1), que ce serait une une sorte de finale. On est prêt tactiquement et physiquement. On a analysé les faiblesses des deux premières rencontres. On sait qu'il y a eu des erreurs individuelles. On va y aller en mode commando comme on l'avait fait pour le match contre le Mozambique (décisif pour la qualification à la CAN, ndlr)».
- Quel a été votre message aux joueurs?
- «Il y a eu plus qu'un message. Après le dernier match, dès le dîner, j'ai commencé à parler aux joueurs, pour pointer du doigt leurs faiblesses et leurs erreurs et essayer de les corriger. J'ai senti du sérieux dans les entraînements et l'atmosphère est désormais différente. Parfois vous sentez les choses avant les rencontres et là j'ai un très bon feeling avant ce match.
Le message que j'ai adressé aux joueurs c'est: +Faites vous plaisir mais sérieusement+.»
- Y aura-t-il un changement tactique pour ce match couperet?
- «Si on fait les calculs, même avec un match nul on peut passer mais pour être sûr de se qualifier, il faut qu'on gagne. Je ne veux pas dépendre d'une autre équipe. Souvenez-vous de la Coupe du monde 98 et du match Brésil-Norvège (la défaite surprise du Brésil lors de la dernière journée du 1er tour avait éliminé le Maroc, pourtant large vainqueur dans le même temps de l'Ecosse, ndlr). Il faudra être équilibré. L'Afrique du Sud a des points faibles sur
lesquels il faudra se baser mais on devra être concentré, vigilant. On ne va pas changer de tactique mais faire en sorte que les joueurs aient un tout autre rendement. Il faudra être à 100% de ses moyens.»

Gr.C
Le Burkina sur la bonne voie, Zambie et Nigeria dos au mur
Le Burkina Faso, large vainqueur de l'Ethiopie (4-0), s'est emparé vendredi de la tête du groupe C de la CAN-2013 alors que la Zambie, championne d'Afrique, et le Nigeria, incapables de se départager (1-1), sont dans une situation précaire.L'une des deux têtes d'affiche de la poule pourrait donc rester sur le carreau dès le 1er tour. Le résultat est surtout frustrant pour les Super Eagles, victimes du spécialiste africain des penalties, le gardien Mweene, et rejoint au tableau d'affichage après avoir mené au score comme contre le Burkina Faso (1-1), lundi.
Le gardien des Chipolopolos a encore réalisé un sans-faute dans cet exercice en stoppant la tentative de Mikel avant de se muer en bourreau et de répondre à l'ouverture du score d'Emenike (2e but du tournoi) après une faute nigériane peu évidente dans la surface.
Habitué à exécuter ce genre de sentence avec son club sud-africain des Free State Stars, Mweene ne s'est pas fait prier pour offrir un point précieux au tenant du titre, toujours en vie dans cette Coupe d'Afrique malgré une nouvelle prestation quelconque.
Son arrêt face à Mikel lui a également permis de rester invaincu sur penalties pour la 4e fois d'affilée à la CAN après la demi-finale et la finale de 2012 et le 1er match du 1er tour lundi contre l'Ethiopie.
Si le Nigeria partira largement favori face à l'Ethiopie, mardi, et devrait théoriquement arracher son billet pour les quarts de finale, l'avenir des troupes d'Hervé Renard est loin d'être garanti après ce 2e nul en 2 rencontres. Car ils devront se défaire dans le même temps du Burkina Faso, qui a enfin renoué avec le succès à la CAN après 15 ans de disette en dépit d'une fin de match disputée en infériorité numérique après l'exclusion du gardien Soulama pour une main en dehors de sa surface.
Le héros des Etalons a logiquement été l'artificier de Lorient Alain Traoré, auteur d'un doublé et désormais meilleur buteur de l'épreuve avec 3 réalisations.

Marcel Desailly : «La CAN est fantastique»
Impliqué dans le football africain depuis qu'il a été membre du Comité d'organisation de la CAN au Ghana en 2008, l'ancien capitaine de l'équipe de France fait le point avec le début de la 29e édition du championnat d'Afrique des nations.
La CAN est devenu un événement médiatique international important. Comment expliquez-vous l'intérêt croissant pour le football africain ?
La Confédération africaine (CAF) a su structurer la CAN pour en faire une compétition viable. Chacune des éditions de la CAN créé des infrastructures pérennes et développent des outils logistiques de haut niveau dans les pays organisateurs. L'intérêt croissant des médias s'explique aussi par le fait qu'il y ait de plus en plus de joueurs africains impliqués dans les grands championnats européens. Leurs belles performances ont contribué à changer la perception du football africain ces dernières années. Désormais tous les joueurs africains sont répertoriés. On ne découvre plus que très rarement la fameuse perle. La CAN ne révèle quasiment plus de joueurs, comme cela pouvait être le cas il y a une vingtaine d'année.
Cette évolution accélère-t-elle l'émergence du football africain ?
La présence de grands joueurs africains dans certains des meilleurs clubs européens s'est renforcée lors de la dernière décennie. Cela bénéficie évidement aux sélections nationales africaines. Leur réussite a permis de faire évoluer les mentalités et de professionnaliser le mode de fonctionnement des sélections. Des joueurs comme Didier Drogba ont apporté la notion de « gagne » au foot africain. Au-delà de leur valeur d'exemples pour la jeunesse africaine, ces joueurs ont apporté à leurs coéquipiers l'envie de se dépasser, tout en montrant le travail à fournir pour arriver au top et surtout se maintenir à ce niveau d'excellence dans la durée.
L'exode des joueurs africains en Europe ne freine-t-il pas le développement sur le continent ?
En Afrique, les championnats nationaux ne sont pas assez relevés. Les clubs africains et les fédérations n'arrivent pas à se structurer suffisamment pour garder des joueurs de moyens niveaux. Beaucoup d'entre eux partent en Europe pour une misère, sans avoir eu le temps de poursuivre leur apprentissage. Le déracinement a souvent des conséquences désastreuses. Il faut mettre le holà sur les pratiques de certains agents, qui prennent des joueurs de 18 ans alors qu'ils n'ont pas encore acquis le bagage technique et tactique pour évoluer en Europe. Les ligues africaines doivent mieux structurer leurs compétitions pour garder une grande partie des joueurs locaux et ne laisser partir que les têtes d'affiches dans les championnats européens. C'est un énorme travail, qui, s'il est réussi accentuera, l'intérêt du public pour les championnats locaux et attirera les sponsors.
Au niveau des sélections, la CAN montre néanmoins les progrès du football africain...
La Can a un attrait certain. Cette une compétition très intéressante. Au-delà de sa dimension athlétique avec beaucoup d'engagement, de duels et de tacles, les matchs de la CAN proposent une qualité tactique certaine. La présence de nombreux joueurs africains en Europe, notamment en Ligue 1, et de sélectionneurs étrangers dans les sélections africaines a rehaussé le niveau d'expertise et de précision du foot africain. Les sélections africaines comptent désormais au niveau international mais le fait de ne pas avoir suffisamment de joueurs de très haut niveau les pénalisent encore dans une compétition comme la Coupe du monde.
La formidable réussite de joueurs comme Drogba, Eto'o ou Essien a-t-il contribué à changer le statut des joueurs africains en Europe ?
Grâce à l'émergence de joueurs de très haut niveau mondial, on sent plus de respect à l'égard de l'Afrique. Désormais, il n'y a plus de polémiques autour de la question de la libération des joueurs. Les clubs européens ne cherchent plus à retenir leurs joueurs africains en leur expliquant qu'ils sont salariés du club que dans ces conditions la CAN n'est pas une compétition importante. Aujourd'hui, les joueurs réticents à participer à la CAN le sont pour des raisons personnelles. Parce que des primes n'ont pas été réglées par leur fédération ou parce que l'organisation interne de la sélection n'est pas au niveau de ce qu'ils ont l'habitude de connaître en club. Il y a encore un gros travail à effectuer pour faire comprendre à l'encadrement de certaines sélections que le football est un métier à part entière. Pour placer les joueurs dans les meilleures dispositions avant une compétition, il faut loger dans des endroits corrects et s'appuyer sur une logistique adéquate.
« La Côte d'Ivoire est la sélection qui compte le plus de joueurs de premier choix dans les clubs européens »
— Marcel Desailly
Sportivement qu'attendez-vous de cette édition de la CAN ?
Je suis optimiste quant au niveau de la qualité du jeu. La Can est une compétition fantastique. Ces dernières années, il y a eu un nivellement par le haut du football africain. Chaque match des éliminatoires devient difficile, cela explique les surprenantes non-qualifications du Sénégal ou du Cameroun. Et de l'Egypte, même si des raisons extra-sportives en sont aussi la cause. Une nation comme le Burkina-Faso confirme ses progrès. La présence de trois équipes d'Afrique du Nord –la Tunisie, le Maroc et L'Algérie-, devrait apporter de la technicité à la compétition. On retrouve aussi le Nigéria, une grande puissance africaine qui avait connu un passage à vide. Je suis aussi agréablement surpris par la qualification du Cap Vert, qui dispute sa première CAN. J'espère que cela apportera un vent de fraîcheur à la compétition. Ce que la Zambie avait réussi à faire l'année dernière en s'imposant en finale. Cela tenait surtout au travail d'Hervé Renard, qui a réussi à former, à l'image de la Grèce lors de l'Euro 2004, un groupe capable de faire un coup.
Didier Drogba sera-t-il enfin sacré ?
La Côte d'Ivoire était, avec l‘Egypte, le grand favori des trois dernières éditions de la CAN. Elle l'est encore cette année. Je suis toujours étonné que cette sélection n'ait pas réussi à soulever le trophée. C'est l'équipe africaine qui compte le plus de joueurs de premier choix dans les clubs européens. Avec des joueurs comme Didier Drogba ou Yaya Touré, leur potentiel est énorme. Je suis même surpris que la Côte d'Ivoire n'ait pas pu faire mieux que le Ghana lors de la dernière Coupe du monde. Leurs échecs précédents sont sans doute en partie liés à un paramètre chance. Comme les autres observateurs, je continue d'attendre le sacre de cette équipe.

Programme TV
☞ 17H : Maroc - Afrique du Sud
(Al Jazeera +9)
☞ 17H : Angola - Cap Vert


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