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«Mise à niveau du secteur de la plaisance pour encourager l'investissement»
Oussama Nasraoui, Directeur commercial de Marina Bizerte
Publié dans Le Temps le 09 - 04 - 2013

Quels sont les atouts qu'offre la Tunisie pour les plaisanciers ?
- Les opportunités pour le développement de la Plaisance en Tunisie sont nombreuses en particulier :
- une position géographique avec une facilité d'accès depuis les principales destinations de navigation (Côte d'Azur, Italie, Baléares) ainsi que depuis les principales villes européennes.
-Une infrastructure de qualité : ports de plaisance, aéroports, autoroutes, chantiers de maintenance (avec main d'œuvre qualifiée); services...
- Un cadre législatif attractif : surtout pour les professionnels : maintenance, activité de location (charters).
Le développement du secteur de la plaisance peut être un atout pour la Tunisie dans la région Euro-Méditerranéenne, puisque notre pays offre pour ces plaisanciers une position stratégique en Méditerranée avec un accès privilégié (1-2 jours de navigation des principales destinations) et l'existence d'un service de qualité /standard haut de gamme (nécessitant un renforcement de la communication en ce sens). Donc, ces atouts sont déterminants mais il s'agit de les coupler avec une stratégie marketing et communication de notre tourisme de plaisance ciblé plus précisément sur les plaisanciers à la recherche d'une place de port, notamment dans le bassin méditerranéen puisque celui-ci souffre d'un manque de place chronique et est confronté à une saturation de la capacité d'accueil des bateaux ( 225 000 postes de bateaux disponibles au total en France, avec un nombre d'inscrits en liste d'attente de 67 604 places en 2011 selon la Fédération Française des Ports de Plaisance).
Peut-on dire que cette activité est bien développée en Tunisie ?
- Quand on analyse la situation du secteur de la plaisance en Tunisie, c'est un mélange de frustration et d'espoir qui prédomine : d'une part nos forces représentent des atouts déterminants, capables de rivaliser avec la concurrence existante et d'autre part, les obstacles , même s'ils paraissent ‘plus faciles ‘ à surmonter (changement du cadre juridique), reflètent surtout l'incompréhension de la valeur ajoutée de ce secteur pour notre pays ... et entravent donc le développement de cette activité de plaisance en Tunisie. Actuellement, l'on peut dire que l'activité de plaisance peine encore à se frayer un chemin, malgré les opportunités et forces que présente notre pays. Il faudrait non seulement capitaliser sur la croissance exponentielle du nombre de bateaux et la saturation des infrastructures dans les destinations principales de navigation (Côte d'Azur, Italie, Baléares) mais également développer toute la région du nord de la Tunisie comme une destination de référence pour la Plaisance basée sur un service de qualité, compétitif et surtout attractif. Nous retenons que pour mesurer le manque à gagner dû au manque de postes en prenant comme référence un bateau de 30 m qui séjourne à l'année, que ce sont 500.000 euros injectés dans l'économie locale que nous perdons. D'autant plus qu'un bateau sur 3 ne se vend pas dans ces pays à cause du manque de places, c'est dire les opportunités qui se présentent plus largement à la Tunisie... et qu'elle doit saisir face à des concurrents très réactifs.
La plaisance a certes subi de plein fouet l'impact de la crise. Est –ce que cette activité se porte bien en Tunisie ?
- La crise est mondiale, mais la Tunisie a une carte à jouer dans le secteur du tourisme et du tourisme de plaisance. En Tunisie l'offre de postes est actuellement seulement de 2100 anneaux dont deux tiers sont occupés par des bateaux étrangers qui viennent hiverner en Tunisie. Il demeure cependant nécessaire afin de mieux développer l'activité, de mettre à niveau le secteur de la plaisance, d'encourager l'investissement dans ce secteur et surtout de mettre à jour la législation adéquate afin qu'elle soit plus attractive et plus compétitive par rapport à ses concurrents.
Quelles sont les entraves qui freinent le développment de cette activité ?
- En premier lieu une infrastructure limitée (2000 places de port vs 20 000 en Turquie et 250 000 en France)
- Des procédures ultras complexes : pour le développement de Marinas et de chantiers navals : avec le décret n°2010-1753 du 9 Juillet 2010 : toute concession doit être attribuée après un appel d'offres même suite à une initiative privée. Quel investisseur prendra le risque de travailler sur un projet et de voir partir « ses efforts » chez un concurrent ?
- Les lourdes procédures d'admission et de contrôle : Police, Marine, Douane, Garde Nationale et des représentants du ministère du Tourisme.
- Enfin, le Pavillon Tunisien & le Code des Ports : nécessité de mise à jour à l'image de la Turquie, Malte pour encourager l'activité de charter afin de permettre aux sociétés de chartérisation de s'établir. (révision du Pavillon Tunisien & du Code des Ports).
Qu'en est –il de la chartérisation ? Et la formation ? Etes-vous pour la création d'une fédération des ports de plaisance ?
Les problèmes du secteur en ce qui concerne ces points sont , notamment :
-l'absence de législation relative à l'activité de location de bateaux – sachant qu'un bateau ne peut être conduit que par son propriétaire –
-les formalités administratives et règlementaires lourdes et compliquées,
-le peu d'investissement,
- le manque de formation de skippeurs (capitaines de yachts de course-croisière), de moniteurs et de plombiers marins.
En ce sens, la création d'une fédération des ports de plaisance est nécessaire dans une approche d'ensemble et permettra de créer une synergie avec toutes les parties prenantes (professionnels, autorités, etc..,) en vue de booster ce secteur
Côté promotion, que peut-on faire pour se démarquer de la concurrence ?
- Au niveau de la promotion du secteur par l'ONTT, il faudrait élaborer un plan de promotion des activités du tourisme nautique et mette en place une cellule qui serait en charge du lancement d'actions promotionnelles du tourisme de plaisance ciblant de nouveaux marchés. Aux acteurs clés des ministères concernés de se pencher sérieusement pour revoir le prix élevé des taxes imposées aux bateaux de plaisance, d'intégrer les spécialités nautiques dans les écoles de pêche, de créer une école de permis bateau et d'éliminer les procédures contraignantes à l'accès aux ports tunisiens. La plaisance est la perche à saisir. Sur un autre plan, il s'agit de surmonter les obstacles (changement de cadre juridique), qui reflètent surtout l'incompréhension de la valeur ajoutée de ce secteur et le manque de considération par rapport à une industrie considérée comme stratégique par la concurrence.
En effet, une marina n'est pas une «animation touristique» pour «mieux vendre» un produit immobilier ou touristique, c'est une industrie à part entière.Comment peut-on tirer profit de ce secteur si les structures existantes ressemblent plus à des «parkings», alors que les revenus proviennent surtout des services et de la maintenance? Comment lutter contre une compétition consciente des enjeux et de plus en plus agressive : (Turquie, Croatie, Monténégro).A Malte, les propriétaires des super yachts disposent d'un statut spécial et sont exempts de toute taxe (y compris les taxes d'enregistrement de l'immobilier). En Turquie un plaisancier qui dépose 3 millions de dollars US dans une banque turque obtient un statut de résident pour toute sa famille et il est dispensé de toute taxe pour son yacht pendant 5 ans. Depuis son lancement en 2008, le projet Marina Bizerte s'est engagé à relever le défi de communication pour faire mieux connaître ce secteur et son importance pour notre économie et surtout pour le développement de la région de Bizerte et du nord de la Tunisie. Aujourd'hui, nous pouvons en plus compter sur l'appui des équipes du ministère de Tourisme avec un esprit de partenariat établi avec les responsables de la plaisance et de la région de Bizerte. Espérons que ces efforts seront suffisants pour remettre ce secteur sur la bonne voie...
La tenue du premier salon de la plaisance et des croisières en Tunisie donnera-t-elle un nouvel élan à cette activité ?
- La tenue d'un tel salon est très attendue et permettra de valoriser l'opportunité pour la Tunisie de diversifier son offre touristique, avec des prix d'accostage compétitifs et des disponibilités dans les ports. Notre pays traditionnellement touristique s'affirme comme une grande destination de la plaisance et sera sur le devant de la scène du tourisme de plaisance et de croisière en tant que compétiteur, avec ses avantages concurrentiels certains.


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