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Escapades dans les collines des Mogods
Promenade dominicale
Publié dans Le Temps le 19 - 05 - 2013

Connaissez-vous la région des collines des Mogods ? Située entre Bizerte et Tabarka, personne ne va s'y promener. On n'en connaît que les plages : Cap Serrat, Kef Abbed et pourtant, cette région présente bien des attraits.
Le cadre
La zone des collines des Mogods s'étend de la « dépression » de Nefza jusqu'au Ras El Koran, à l'Ouest de Bizerte. Ce sont de longues « échines » de grès, de 300 à 400 mètres d'altitude moyenne, orientées Sud-Ouest / Nord-Est, souvent donc bien « arrosées » car elles sont perpendiculaires aux vents marins et humides.
Les collines du Nord-Ouest ont souvent conservé une forêt, de chênes lièges, principalement, alors que les Mogods du Sud et de l'Est offrent des paysages beaucoup plus dénudés du fait d'un déboisement, anarchique important et d'un surpâturage dévastateur. Quelques petits oueds pérennes, qui vont être bientôt tous dotés de barrages, suivent les vallées. Le littoral est souvent bordé de dunes et de plages de sable fin.
Les Mogods sont densément peuplées mais la dégradation du couvert végétal naturel et des mises en valeur du sol archaïques et irrationnelles, aggravées par la surcharge démographique, avaient engendré une paupérisation générale de la région.
De gros efforts de reboisement ont été fournis. L'élevage extensif des caprins et des bovins, qui était la ressource principale, a été « soutenu » par l'introduction d'animaux sélectionnés. L'habitat dispersé, la propriété foncière, souvent constituée de « henchirs » ou domaines collectifs non partageables, gênent considérablement la rénovation entreprise par les Gouvernements. Les barrages devraient permettre le développement des cultures maraîchères et arbustives. Mais l'absence d'industries engendre un chômage et un sous-emploi important. Pourtant ...
Les atouts de la région
Sans fantasmer, on peut penser que le Nord tunisien, de Bizerte à Tabarka, dispose de nombreux atouts. Une pluviométrie assez importante et de nombreux barrages permettront de développer l'agriculture. Des paysages très variés, une nature assez bien préservée, et de nombreuses belles plages devraient favoriser l'épanouissement d'un écotourisme important. Nous sommes persuadés qu'un jour, une ou de belles routes joindront Bizerte à Tabarka, le long du littoral. Une « côte d'azur » tunisienne verra alors le jour. D'ailleurs, de plus en plus de personnes s'installent, sans se faire remarquer, aux endroits les plus favorables du littoral, parfois sur le Domaine Public, au bord de la mer. Les vestiges historiques et la chasse sont des atouts supplémentaires. A partir des plages de Cap Serrat ou de Kef Abbed et du port de Sidi Mechrig, on peut pratiquer la pêche en mer : fructueuse ou la plongée sous-marine, surtout près des îles Fratelli.
La Louka
C'est d'abord une colline : Le Jebel Louka, avant d'être une plage. La construction du barrage sur l'Oued Sedjenane et d'une nouvelle route joignant Teskraïa à Sedjenane ont amené les habitants de la région et les « voyageurs » à traverser une zone de collines boisées, superbes.
Puis, une piste forestière, devenue une petite route goudronnée, serpentant d'abord en forêt, a dévalé brusquement et conduit à une belle plage de sable, limitée par deux arêtes rocheuses.
Un « entrepreneur » y a vite fait construire une « guinguette » où l'on peut bien déjeuner, à bon marché. Même au plus fort de l'été, les baigneurs n'y sont pas – encore – trop nombreux parce que la plage n'est pas encore très « réputée » alors que la notoriété de Kef Abbed, à l'Est et de Cap Serrat à l'Ouest, n'est plus à faire.
Les alentours
Les grincheux, toujours insatisfaits, objecteront que l'absence d'ombre, même si des « installations » – satisfaisantes parce qu'elles sont encore sommaires – ont vu le jour, ne permettent pas d'envisager de passer une grande partie de la journée à la plage. Il suffit de remonter quelques centaines de mètres en arrière pour être à l'ombre, en forêt.
Mais, tant mieux ! Il y a tant à faire dans les environs !
Si vous arrivez par la route de Bizerte et que vous disposez d'un 4x4, allez jusqu'à une belle plage appelée Fejet Errih. Son accès difficile limite le nombre des baigneurs. N'oubliez pas de vous arrêter quelques minutes, au sommet de la colline, devant l'émouvant petit cimetière rural dont les tombes sont couvertes par le feuillage d'oliviers sauvages que le vent, presque constant, a plié au-dessus des sépultures, comme une main protectrice.
Si vous arrivez par la route joignant Mateur à Sedjenane, bifurquez à la plaque qui indique Boujrir. Par la petite route E.58, vous allez suivre une merveilleuse petite vallée où la nature règne en maître. Sur une dizaine de kilomètres, seuls, un hameau et quelques fermes ont été construits : la « Vallée du Silence ».
A droite de la route, une grande piste carrossable conduit au sommet du Guelb Saad Moun : unique dyke volcanique dont il subsiste encore les seules orgues basaltiques de Tunisie. Quelques centaines de mètres après l'entrée de la piste, sur la droite, des « ripple-marks » : ondulations fossilisées du sable d'une plage « antédiluvienne » émergent des maquis fleuris qui embaument au printemps.
Les potières de Sedjenane, en particulier celles d'El Guetma, presque à l'entrée de la route de Cap Serrat, valent un détour.
Les nombreux Haouanet : tombeaux rupestres berbères, spécialement ceux qui touchent à la maison de Jemaa, la potière talentueuse un peu sorcière, à El Guetma, méritent qu'on s'y arrête.
Les milans et les merles bleus du Jebel Akrat, dans la vallée de Boujrir attirent même les ornithologues étrangers. Genettes, mangoustes et porc-épic traversent les sentiers forestiers.
Les pêcheurs seront certainement tentés non seulement par les beaux poissons d'eau douce de l'Oued et du lac de barrage du Sedjenane mais surtout par tous ceux : liches, limons et serres, au large, dentés, daurades, mérous près du bord, orphies, marbrés, saupes / chelba : « mange raisin », le long de la plage, qui hantent les fonds marins. Au printemps, les « cigales de mer » remontent jusqu'à 15 ≈ 20 mètres de profondeur sur les fonds des îles Fratelli.
Au printemps, les bois et les sous-bois embaument et résonnent de chants d'oiseaux. De très belles orchidées sauvages – même la rarissime « Spirante d'été » - s'épanouissent à l'abri des ajoncs d'or. Les pluies d'automne font sortir des champignons comestibles et délicieux : lépiotes élevées, lactaires délicieux, Pieds bleus, coprins chevelus, etc. ...
En hiver, sangliers et bécasses attirent les chasseurs. Et toute l'année, les multiples pistes forestières invitent à des escapades à pied, en V.T.T. ou en voiture, même de tourisme. On regrette de ne pas trouver de merveilleux petits chevaux : les poneys des Mogods à louer pour des raids équestres.
Où loger?
Les Mogods manquent encore de structures hôtelières et surtout de gîtes ruraux.
Dans la vallée de Boujrir, un propriétaire met à la disposition des visiteurs une grande maison bien aménagée. Une deuxième ferme est prévue et un troisième chalet est en construction : niché en pleine forêt. A notre avis, c'est une excellente initiative dans ce paradis du calme et du silence rural.


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