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Ruée sur le marché de Belleville
Ramadan à Paris
Publié dans Le Temps le 18 - 09 - 2007

Il est presque midi, un soleil printanier rayonne aujourd'hui, jour du marché hebdomadaire qui se tient à Belleville dans le 19ème arrondissement de Paris.
Tout au long du boulevard de Belleville, des commerçants ambulants viennent mardi et vendredi vendre leurs marchandises.
Le marché de Belleville est le moins cher de Paris. Le rapport qualité / prix est imbattable, d'ailleurs les gens viennent de partout pour s'y ravitailler.
Le marché est connu également pour ses prix discount qui enchantent les ménages à faibles revenus et qui peinent à boucler le mois.
C'est aussi un lieu qui révèle parfaitement le " melting pot * " de la France. Des Africains, des Chinois, des Arabes, des Juifs... tous se croisent et se mélangent.
Mais aujourd'hui, c'est un jour exceptionnel, le début du mois de Ramadan coïncide avec la " Shana Tova ", le nouvel an juif.
La majorité se trouvent ici pour faire des courses, ils parcourent les étals du marché pour s'approvisionner, quant aux juifs, de l'autre côté de la rue, devant la synagogue, c'est leur fête, ils s'embrassent et se souhaitent mutuellement une heureuse année.
L'émoi et l'agitation sont présents sur les lieux, et on a l'impression que la joie et l'euphorie sont partagées par tout le monde, chacun à sa façon.
La frénésie accompagne en l'occurrence ceux qui sont venus au marché pour acheter et faire le plein du frigo.
Maghrébins et Orientaux ne font qu'une unique foule sur le marché, surtout aux yeux des français qui sont à vrai dire en cet endroit de moins en moins nombreux. Ils se font de plus en plus rares sur ces lieux, puisqu'on y trouve surtout des produits "hallal" ou "casher" à bas prix, ainsi que de tout ce qu'une ménagère marocaine, tunisienne ou autre...se sert pour ses mets et qu'elle ne trouve pas dans les grandes surfaces. D'autant plus qu'en temps normal, les Français fuient ce marché à cause de cette affluence de personnes qu'ils imputent au commencement de ce mois Saint du Jeûne, le mois du Ramadan.
Les Musulmans sont les plus susceptibles de s'arrêter devant les boucheries "hallal" qui existent dans ce marché.
Toutefois, les dattes, les œufs, les bottes de persil et de coriandre, sont des denrées très convoitées ce jour là, et les commerçants qui en vendent sont enchantés et pensent écouler totalement la marchandise.
Ce matin, le marché bat son plein. Les klaxons des voitures jaillissent et retentissent de partout et étourdissent les tympans des passants. Les véhicules sont immobiles, les signalisations et les feux rouges semblent être d'une inutilité exaspérante, du rouge à l'orange puis enfin le vert, les couleurs défilent en boucle, mais aucune voiture n'avance d'un pouce. Les piétons apprécient ce trafic non fluide, ils profitent de ce bouchon qui bloque la circulation et traversent la rue. Les uns encombrés par un lourd couffin, d'autres portant péniblement des sacs en plastique ou tirant un caddie, tous cherchent à se frayer un chemin entre les files de voitures.
Les commerçants doivent dégager cette artère du 19ème arrondissement de Paris avant 14h30. Pour les retardataires, des PV leur seront adressés.
Il y a de tout, épices, volailles, fruits, olives, gâteaux, légumes, chaussures, mercerie, poissons, habits... tout se mélange !
Entre les étals, les commerçants s'activent pour écouler leurs marchandises.
Odeurs et couleurs, c'est le marché des mélanges. Il suffit de passer quelques heures au marché de Belleville_ Ménilmontant, l'un des marchés les plus populaires à Paris, pour se sentir presque dans son pays.
Et avec un peu de " chance ", engueulades et injures peuvent même surgir entre un vendeur pressé de servir la foule qui se bouscule devant son stand et un client aux nerfs à fleur de peau. Ce dernier l'accuse de l'avoir arnaqué en lui vendant des produits pourris et avariés. Les deux s'insultent mutuellement en arabe mais avec deux dialectes différents. La foule s'amplifie, les cous se redressent, il y en a même, très curieux, qui se créent une place, dans cette marée de gens pour assister à cette fâcherie, à ce show folklorique qui éveille chez plusieurs personnes la nostalgie du pays d'origine.
Un peu plus loin, une autre dispute éclate. Une femme encombrée par ses achats et une poussette, se lasse de ne pas être servie, elle décide de ne pas attendre son tour et crée le désordre. Des gens commencent à lui faire la morale, d'autres reprochent au commerçant de lui avoir accordé le tour de rôle.
On peut surprendre un couple discutant de la qualité des légumes de ce vendeur, la femme s'entête pour quitter le marché afin de retrouver les aubergines ou des pastèques qu'elle a repérées...la discussion se bouclera sur une querelle.
A moins d'une heure de la fin du marché, les nerfs sont hyper tendus, le café qu'on n'a pas pu déguster le matin comme d'habitude, chatouille les narines à chaque passage devant une cafeteria ou une buvette. La cigarette hante l'esprit avec un vacarme incessant qui dure toute la journée, la liste interminable des achats dressée depuis des jours...l'heure de rupture du jeûne semble très lointaine, pire on a envie de tout acheter, de tout manger, de tout dévorer, on devient tout d'un coup gourmand, la salive coule même à la vue d'un petite friandise !
Les différentes odeurs que dégagent les cheminées des restaurants, des boulangeries et des pâtisseries font accélérer à vide un estomac broyeur.
Et pour assouvir cette faim, un dernier saut à la boulangerie du quartier.
Concocter un assortiment de dessert à la tunisienne, le dernier achat avant de fermer le porte- monnaie, entre la variété des pains et la multitude des confiseries on ne sait plus où donner la tête.
On rentre à la maison triomphant et euphorique par ce paquet rempli de zlebia, makroudh, mkharak et autres sucreries qui orneront la table et qui permettront de tenir bon jusqu'à l'heure où on entendra enfin le cheikh réciter des versés coraniques annonçant la fin du " supplice ".

Lina KAMOUN

*" Melting pot " est à l'origine une expression anglo-américaine désignant un creuset (utilisé pour fondre un métal par exemple). C'est devenu une métaphore utilisée pour désigner un phénomène d'assimilation de populations immigrées de diverses origines en une société homogène. Toutes les différences initiales (de culture, de religion, ...) s'effacent pour ne plus former qu'un seul et même ensemble.


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