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«La Porte du désert» face au désert des... idées
Publié dans Le Temps le 21 - 10 - 2014

La transition démocratique justifie une nouvelle approche du développement, passant par la mise en valeur de toutes les régions et l'intérêt, pour les investisseurs locaux et internationaux, de s'impliquer dans des axes de développement appropriés. Aujourd'hui, sans doute encore davantage touché économiquement que les autres régions de Tunisie, le DJérid, région du Sud tunisien en difficulté, possède-t-il aussi des atouts spécifiques ? Si oui, lesquels et à quelles conditions peut-il les exploiter ? - Comment le tourisme saharien pourrait-il contribuer à résoudre les problèmes de développement des régions arides qui subissent les phénomènes de sécheresse et de désertification ? Comment concilier le développement socio-économique généré par le tourisme et la gestion des ressources naturelles et culturelles dans la perspective d'une gestion durable des écosystèmes ?Comment s'assurer de la distribution optimale des bénéfices du tourisme et quelles mesures prendre pour garantir sa contribution à la lutte contre la pauvreté qui menace une partie de la population du Sahara ?C'est dans ce cadre que s'inscrit l'atelier multi acteurs organisé le week-end dernier par la coopération allemande (GIZ) à travers le fonds emploi dirigé par Mme Vogelmann et l'Association de la sauvegarde de la Médina de Tozeur. Le tourisme est un important vecteur de développement socio-économique , le projet « nos ressources, cléS de nos emplois » vise comme l'a souligné Sami Saya expert senior au sein de la GIZ à développer l'esprit de partenariat avec tous les acteurs du Djérid et doter le Sud tunisien d'un développement durable et d'une offre touristique basée sur la qualité environnementale, culturelle et sociale, permettant la promotion de l'identité du Jérid et valorisant ses sites, sa culture et ses produits locaux tout en encourageant la sensibilisation au développement durable. « Ce projet vise à accompagner un développement touristique durable : la valorisation des espaces et territoires qui s'appuient sur leurs potentialités naturelles et culturelles à même de valoriser le patrimoine naturel et culturel de la région. L'Association de sauvegarde de la Médina de Tozeur et son partenaire « La Coopération Allemande au développement - GIZ aura pour objectif principal, d'assurer un processus participatif de tous les acteurs du projet et de maintenir leur forte mobilisation pour sa réussite. Ce workshop sera couronné par une plénière qui permettra de présenter les travaux de planification des groupes de travail pour le 2ème semestre et d'adopter la charte liant tous les acteurs du projet » Karem Dassi Président de l'Association de sauvegarde de la Médina de Tozeur a précisé que ce projet « Nos ressources, clés de nos emplois » vient concrétiser les recommandations de deux workshops de réflexion sur l'avenir du tourisme dans la région le 28 juillet 2011 et le 26 mai 2012 « l'objectif est de mettre en œuvre des projets de développement local, durable et mobilisant les ressources de la région. Notre mission est de diversifier le produit touristique, permettre l'insertion professionnelle des jeunes diplômés de l'enseignement supérieur en chômage en assurant une formation de requalification des 25 jeunes diplômés, consolider les emplois précaires telle que la corporation des caléchiers ainsi que la création de nouveaux emplois ou de sources de revenus ( métayers, potiers, céramistes) . Ceci exige une amélioration de la qualité des services, le renforcement de la capacité des associations locales (le syndicat d'initiative par exemple) » A propos du projet, le Président de l'ASM de Tozeur a souligné qu'il vise à mettre en place des circuits de tourisme culturel et d'écotourisme dans le Djérid : la route de l'eau, le circuit des thaumaturges, les chotts et la mémoire d'argile et réaliser une documentation afférente à ces circuits. Là il faut entreprendre la formation des 25 jeunes diplômés chômeurs pour animer ces circuits, consolider la corporation des caléchiers très vulnérable et la mettre à niveau , recycler les 15 guides en activité, équiper le syndicat d'initiative et à mettre à sa disposition divers supports de marketing et de promotion. Notre démarche sera participative et inclusive aux différentes étapes du projet ». Il est vrai que la question régionale est à la fois complexe et délicate. Elle est complexe dans la mesure où elle touche tous les aspects et toutes les sphères de la vie régionale ce qui pose un problème de mesure, d'analyse, de diagnostic et d'action. Elle est délicate, parce qu'elle est d'ordre politique avant tout. C'est le cas du Djérid tunisien, la porte du désert, comme on se plaît à l'appeler. Cette région peut être conçue comme un devenir commun qui exige un projet. Elle est un véritable plan ou un programme d'action en vue de résoudre un ou des problèmes liés au tourisme à l'agriculture et à d'autres activités. Cet atelier a permis aux différents intervenants réunis autour de tables rondes d'évoquer le projet, des opportunités et des contraintes.
Il y' a guides et guides
En s'attardant sur les difficultés du tourisme saharien, certains guides et agents de voyages ont estimé que le tourisme dans les régions sahariennes est resté, dès le commencement, dans un stade embryonnaire. On parle dans ce sens d'un tourisme de transit qui n'est jamais parvenu à franchir le cap pour s'ériger en un tourisme de séjour. Donc, de notre échec à doter ce secteur d'une plus grande attractivité susceptible d'intéresser les touristes étrangers et de toucher surtout le haut de gamme. D'où la nécessité d'accorder un grand intérêt tout d'abord à la formation qui selon Amel Hachani de l'ONTT doit être ciblée et intelligente et répond bien aux attentes des guides et des caléchiers de la région. « La langue, les thèmes à aborder et la gestion du temps sont primordiaux. Mais quelle politique de formation faut-il suivre ? Comment choisir ces diplômés ? Qui sont les formateurs ? « Faut-il labelliser les guides et les caléchiers ? A-t-on besoin de nouveaux guides ? Ces guides sont –ils professionnels ou de simples accompagnateurs ? s'interroge Slim Tlatli expert international en tourisme.Un guide a parlé de la diversification des circuits « A part les circuits traditionnels, il faut inventer des circuits gastronomiques par exemple. » Un autre intervenant a appelé à revaloriser les sites géologiques, les canyons, les palmiers et les chotts. « La coopération active des différents intervenants de la société civile dans la conception et la mise en œuvre des politiques et des programmes touristiques sera essentielle dans la recherche de solutions novatrices et durables aux défis du tourisme saharien » Mais faudra t-il de bailleurs de fonds pour financer ces projets, ces circuits, leur promotion et leur marketing. L'aérien doit –il suivre ? Slim Tlatli a abordé le problème de la poule et de l'œuf « Comment mettre des sièges avions alors que le produit ne suit pas. Faut-il revaloriser le produit et le promouvoir sur des bases solides ? Le terrain doit être propice ajoute Mohamed Moncef Makhlouf Président de la Fédération d'hôtellerie de Tozeur « On doit soigner l'environnement, le produit et surtout investir dans le marketing » Karim Dassi de l'ASM a estimé que le produit saharien est trop banalisé. Il n'a y a pas ce côté de découverte et d'aventure en visitant par exemple Mèdes ou Chebika. Ce n'est pas du tourisme durable. Nos oasis sont menacés. Le risque est grand. Il faudrait proposer un tourisme de valeur. Nous avons des endroits trop beaux à visiter. On ne peut parler de développement durable du tourisme sans l'implication massive des populations locales. Celles-ci devront pouvoir maîtriser les conditions d'accès des touristes aux sites près desquels elles vivent. Côté formation, il faut mettre un terme à ces guides nationaux. Il faut mettre des guides locaux et régionaux qui maîtrisent bien la région. » Le syndicat d'initiative a un rôle à jouer « Accueillir les touristes mais aussi promouvoir le tourisme local. Mais l'actuel syndicat répond -t-il aux attentes de la ville ? Ce syndicat doit réunir les acteurs du tourisme et collaborer avec l'ASM. Le syndicat existe précise Mohamed Saiem commissaire régional du tourisme « il faudrait revoir son statut juridique ? Quelles sont les sources de financement de cette structure ? Faut-il former ses membres ? Quelle est la partie chargée de la mise en place de syndicat » D'une manière générale, le tourisme saharien ne peut se développer sans une stratégie partenariale durable entre l'ensemble des intervenants, incluant les populations locales et l'encouragement de projets touristiques innovants et originaux, gages de la durabilité. Cela devra passer par un soutien à la formation de guides spécialisés qui tout en continuant à être ceux qui reçoivent et font découvrir les attraits du Sahara, devront évoluer vers des rôles de médiateurs de la culture, de la nature et de la société. Ils auront notamment à expliquer la fragilité et la rigueur du milieu naturel et la manière avec laquelle l'homme s'y est adapté, tout en sensibilisant les touristes à la nécessité de ne pas l'altérer
Une charte régionale de développement touristique durable
Dans les villes oasiennes du Jérid, le tourisme remonte au début du XXe siècle mais a connu une forte impulsion au cours des années quatre-vingt-dix, ce qui en fit l'un des fondements de l'économie régionale et un vecteur de développement socioéconomique. Toutefois, l'essor de cette activité ne se fit pas toujours dans le respect des spécificités écologiques et culturelles locales et dévoila au gré de la conjoncture sa fragilité et ses limites d'où la nécessité ressentie par tous les acteurs de développer un tourisme viable sur la durée reflétant l'authenticité socioculturelle de la région et conciliant les attentes économiques et les exigences environnementales. Les acteurs publics, privés et associatifs conscients que le tourisme est un important vecteur de développement socioéconomique et politique et un facteur de rapprochement et de paix entre les peuples; convaincus qu'un tourisme durable est la meilleure voie pour préserver et valoriser nos ressources naturelles et culturelles; persuadés que les principes du tourisme durable reflètent les valeurs qui ont fondé nos communautés oasiennes et nous réconcilient avec notre identité sociale et culturelle; soucieux de consacrer les principes de participation citoyenne à l'essor social, économique, culturel et politique contenus dans la nouvelle constitution tunisienne; considérant la garantie de services touristiques de qualité comme un impératif majeur pour un tourisme durable s'engagent à développer l'esprit de partenariat avec tous les acteurs et promouvoir les valeurs de solidarité, de tolérance et d'ouverture qui caractérisent les communautés oasiennes; fournir une offre touristique novatrice basée sur la qualité environnementale, culturelle et sociale, permettant la promotion de l'identité du Jérid et la découverte de ses richesses naturelles et culturelles, valorisant ses sites, ses traditions et ses produits locaux et encourageant la sensibilisation au développement durable, porter une attention particulière aux ressources patrimoniales régionales qui sous-tendent l'activité touristique et pour lesquelles le tourisme représente à la fois une opportunité de développement et une source de menaces et agir en tant qu'acteur responsable, de manière éthique et dans le respect des règlementations en vigueur.


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