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La présidentielle démarre sur les chapeaux de roue: Egos, alliances, contre-alliances, culte de la personnalité... Tout y est !
Publié dans Le Temps le 02 - 11 - 2014

«Les Nahdhaoui, ne veulent pas quitter le pouvoir, et Béji caïd Essebsi, les tient » ...«Le Centre n'existe pas. C'est comme si dans un derby CA-EST, le public est pour l'arbitre», affirme l'historien spécialiste de la révolution française, Nabil Ben Azouz
«L'attitude de Mustapha Ben Jaâfar est la plus dramatique et plus pitoyable»... Le jeu d'Ahmed Néjib Chebbi fera du tort à son parti, sans lui apporter bonheur », se désole l'observateur et analyste, Mustapha Tlili
Contrairement à la campagne des législatives entamée timidement, voire prudemment pour gagner graduellement en intensité, la présidentielle dont la campagne officielle a démarré hier, a eu un avant-goût bien pimenté. Les acteurs qui pèsent lourd ne se sont pas fait prier pour entrer dans le vif du sujet, au lendemain des législatives. D'ailleurs, bien que placées, avant la présidentielle, les élections législatives ont été fort marquées par la stature des personnalités des leaders des deux grands partis, et à moindre degré par les autres, moyennes ou petites organisations politiques. La présidentielle a plané durant toute la campagne des législatives que ce soit dans les calculs des candidats ou dans l'effervescence qui a suivi la promulgation des résultats. En matière de communication politique, quelle image a donné le parti vainqueur ? Arrogance ou modestie ? Qu'en est-il des perdants ? Ont-ils été de corrects joueurs ou sesont-ils limités à crier au loup, qu'on l'appelle vote utile ou vote sanction ? Quels sont les traits de leur discours ? Comme dans toute partie, il y a des vainqueurs et des vaincus, le club des perdants constitué par les partis d'Ahmed Néjib Chebbi, Moncef Marzouki, Mustapha Ben Jaâfar, Mohamed Hamdi, Mohamed Abbou...s'est constitué à l'initiative du président de la défunte Assemblée Nationale Constituante (ANC) pour contrecarrer l'ascension fulgurante de la candidature de Béji Caïd Essebsi, en lui opposant une candidature commune, après s'être présentés de façon séparée avant que les urnes ne prononcent leur cinglant verdict. Un séisme a ébranlé ceux qui s'autoproclament du Centre, par les résultats dérisoires qui les ont écartés de la scène, en attendantles prochains rendez-vous électoraux. Ils ont constitué une commission qui aura à débattre plus profondément depuis hier la proposition de Mustapha Ben Jaâfar, alors que déjà certains s'empressent à s'ériger comme le « Messie », le plus apte à l'heure actuelle. Les membres de ce « Club des perdants » ont-t-il une chance de s'entendre sur un candidat et de se faire entendre, par la suite par l'opinion publique ? La mobilisation pour les législatives, atteignant les 69%, est jugée satisfaisante par beaucoup d'observateurs. Les citoyens seraient-ils plus ou moins nombreux dans la présidentielle ? Certains estiment que le 1er tour effectif de la présidentielle a eu lieu dimanche dernier. Le second tour réel et de fait aura lieu le 23 novembre prochain, sans attendre la date du 28 décembre? Ce sont là bien sûr que des spéculations Des observateurs, indépendants et avertis s'ouvrent aux lecteurs du Temps.
Nabil Ben Azouz, historien, spécialiste de la Révolution française a bien suivi ces élections et celles de 2011. Il pense que le gagnant, cette fois-ci, donne une image de quelqu'un qui veut gouverner, avec un programme bien clair. Il affirme: « le vainqueur a la victoire modeste. C'est contraire à ce qui s'est passé en 2011 lorsqu'il y avait des gagnants arrogants dans les débats ». Du côté des perdants le spécialiste de la révolution française, sent une certaine fébrilité. Il considère qu'ils n'ont pas compris la défaite, du moins de ceux qui s'affichent centristes et qui ont quasiment quitté l'hémicycle. Il ajoute : « Tout d'abord, le centre n'existe pas. C'est comme si lors d'un derby entre le CA et l'EST, le public était pour l'arbitre et non pour une équipe ou une autre. Maintenant, il faut se prononcer. On ne peut pas se cantonner au Centre. Le peuple n'a que faire des positions intermédiaire. En plus ceux qui se disent démocrates du Centre, comme Wafa, le Tayar ne sont pas véritablement démocrates, quand ils s'allient à des Ligues fascistes qui prétendent protéger la Révolution. Ce sont des partis d'extrême droite. En plus ce Centre est obséquieux vis-à-vis d'Ennahdha. Il ne peut rien entreprendre tout seul. Leur discours est négatif. Il est contre Béji Caïd Essebsi et Nida Tounès et non pour les attentes du peuple. Ils se définissent par rapport à BCE et nonpar une identité propre ».
« Perdants aux abois »
Cette fébrilité et ces discours négatifs, notre historien l'explique par le fait que les perdants sont aux abois. Il pense qu'ils ont bien intériorisé leur défaite, mais n'ont pas compris qu'ils sont dépassés. Il est certain que l'initiative de Mustapha Ben Jaâfar est vouée à l'échec vu les égos surdimensionnés de ceux qui en sont concernés. Pour le spécialiste de la révolution française, Ennahdha ne se prononcera pas, car elle attend Nida Tounès, avec l'espoir de réintégrer le Gouvernement. « Ils ne veulent pas quitter le pouvoir. Béji Caïd Essebsi les tient. Finalement, les législatives étaient le premier tour de la présidentielle. Ennahdha et les autres ont joué et perdu. Elle ne regarde pas les pleurnicheurs. Elle est bien structurée, a ses jeunes, ses conseillers turcs et américains et sait reculer pour mieux sauter », affirme notre interlocuteur. D'ailleurs, il s'attend à ce que la présidentielle ne mobilisera pas plus les électeurs que les législatives, sous l'effet de la fatigue et la croyance de certains que la partie est déjà gagnée. Il conclut : « il faut interpeller plus de civisme et l'ISIE doit corriger ses erreurs ».
L'universitaire et analyste politique Mustapha Tlili, considère que les apparitions des représentants de Nida Tounès dans les télévisions, montrent qu'ils ont bien profité de l'expérience négative des partis gagnants le 23 octobre 2011. Il déclare au Temps : « ils ont fait preuve d'un grand effort d'humilité et de modestie. Ils ont évité le maximum possible de paraître fanfaron et arrogant. Certains ont même comparé cette attitude modeste et l'attitude des partis de la Troïka. Ils n'ont pas fait de discours hautains prétentieux. Ils ont gardé les pieds sur terre. Ils savent que le peuple tunisien fustige l'attitude hautaine. Au contraire les tunisiens accueillent bien le discours modeste, respectueux des adversaires. Du côté des perdants, Ennahdha a essayé de montrer au 1er et 2ème jour des législatives, l'image d'un perdant qui se maîtrise et qui accepte les résultats. La preuve : contrairement à Ali Laârayedh qui mettait en doute les résultats des sondages durant la soirée électorale, Zied Laâdhari, par la suite a eu une attitude digne de quelqu'un qui acceptait les résultats et reconnaissait la défaite. Toutefois, au cours de la conférence de presse, il y a eu un autre discours, la mise en cause de certains aspects des résultats, un discours adressé à la base d'Ennahdha affirmant qu'elle est un mouvement incontournable ». Notre universitaire croit que ce discours a un côté très négatif, montrant que le souci de ce parti n'est plus la réussite de la Tunisie, mais plutôt sa propre position et son rôle dans la nouvelle scène politique. Ce n'est plus un enjeu national, mais partisan. Qu'en est-il de l'attitude des autres perdants ? Mustapha Tlili précise : « quant à l'attitude de Mustapha Ben Jaâfar, elle est la plus dramatique et la plus pitoyable. Il a fait des déclarations très agressives et j'ai l'impression qu'il a oublié qu'il est toujours président de l'ANC et qu'il est censé veiller au respect de la Constitution, de la loi électorale et du processus électoral. Les faibles résultats de son parti, n'expliquent pas et ne légitiment pas cette attitude de MBJ. Les dirigeants du CPR ont été fidèles à leurs traditions de discours agressifs, loin de la réalité et qui ne trouvent aucune explication de leur échec. Ils s'attachent à parler de conspiration et de manipulation des adversaires.
« Arrogance et entêtement »
Le paradoxe, c'est qu'ils s'entêtent à tenir des discours arrogants, chose très grave ; cela démontre une obstination aveuglante qui ne permet pas aux dirigeants de ce parti de revoir leur action politique, tant qu'ils sont incapables de se remettre en cause et de faire vraiment un bilan critique. Pour Al-Joumhouri, autant nous avons entendu certains dirigeants chercher à comprendre les raisons des résultats, en revenant à leur travail, autant Ahmed Néjib Chebbi s'est toujours accroché à l'analyse selon laquelle le contexte politique est favorable plus que jamais à sa candidature après avoir récolté un seul siège. Un paradoxe pour le cas Néjib Chebbi, comme s'il ne compte plus sur le poids politique de son parti et sa capacité de mobilisation, mais plutôt, il parie sur le soutien hypothétique que pourrait lui apporter le mouvement Ennahdha, alors qu'il sait d'avance qu'Ennahdha a promis son soutien à plusieurs candidats à la fois. C'est un jeu qui fera du mal à son parti sans lui apporter bonheur ». Concernant l'initiative de Mustapha Ben Jaâfar, notre analyste politique pense que les premiers indices confirment que cette option est à écarter, car certains candidats ont déjà déclaré qu'ils maintiennent leur candidature. Il précise : « l'initiative, elle-même est minée. Quand il parle de candidat unique centriste, Mustapha Ben Jaâfar veut un candidat qu'il mettra au service d'un pôle contre un autre. Il est clair que MBJ continue à jouer un rôle de sous-traitant politique au profit d'Ennahdha. Il tente de trouver un candidat soutenu par Ennahdha et qui contrera le candidat de Nida Tounes BCE. Cette initiative ne tient pas compte du fait que les militants d'Ennahdha sont divisés quant à la décision du choix d'un seul candidat à la présidentielle. , bien que certains dirigeants d'Ennahdha parient sur la candidature de Dr. Hammouda Ben Slama sans l'annoncer publiquement. Le Conseil de la Choura de ce week-end s'y prononcera. Pour ce qui est de la participation aux législatives, son taux de 69% est un taux acceptable. Pour la présidentielle, je crois qu'il y aura presque le même taux ou même plus. Il y aura une mobilisation supplémentaire des deux bords ».


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