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Mme Aziza Fitouri Htira, PDG du CEPEX: Innovation et créativité pour dynamiser les exportations
Publié dans L'expert le 11 - 02 - 2016

Le Centre de promotion des exportations (CEPEX) est l'un des mécanismes qui a fait ses preuves, depuis sa création, et même durant les périodes les plus délicates de l'histoire du pays.
Le rôle qui lui est dévolu est de dynamiser les exportations et de trouver des débouchés pour les produits tunisiens, notamment dans le domaine de l'agroalimentaire et des produits de l'artisanat.
Avec la crise vécue par le monde occidental, la nouvelle conjoncture internationale impose à la Tunisie de varier ses marchés, pour ne pas être dépendante, et de s'orienter vers de nouveaux marchés porteurs.
L'entretien que nous a accordé Mme Aziza Fitouri Htira, président-directeur général du CEPEX, nous donne un large aperçu sur ce qui est accompli par cette structure économique.
Question : Quelles sont les missions du CEPEX et quelles sont ses orientations ?
Réponse : Le Centre de promotion des exportations (CEPEX) est un maillon de la chaîne, dans tout ce qui est promotion de l'export, la découverte et l'acquisition de nouveaux marchés, surtout ceux qui ne sont pas traditionnels et qui ne font pas partie de l'Union européenne.
Ses interventions se situent au niveau des encouragements, des incitations et de subventions pour l'export de certains produits agroalimentaires autorisés par l'Organisation mondiale du commerce (OMC) qui ne permet pas de subventionner tous les produits à l'export, parce que cela fausse un peu les données.
L'avantage de subventionner les produits agroalimentaires et artisanaux, notamment au niveau du transport, est accordé, à titre exceptionnel, à la Tunisie avec certains autres pays, et les délais ont été prorogés jusqu'en 2030.
Dans ce sens, le CEPEX cherche à cibler de nouveaux marchés qui ne sont pas des marchés traditionnels comme c'est le cas principalement pour ceux de l'Union européenne que nous œuvrons à conserver, pour aller à la découverte des marchés de l'Europe de l'Est, la Russie, l'Afrique et, pourquoi pas, le continent américain et les pays arabes.
Cela équivaut à dire que nous prospectons tous les marchés porteurs et il nous suffit de découvrir des niches pour les produits tunisiens, parce que tout produit est exportable du moment qu'il est conforme à certaines normes internationales et qu'il est demandé, dans une niche qui peut être même une ville en Russie ou en Chine.
A titre d'exemple, la chéchia tunisienne est un produit traditionnel qui est exporté vers le Nigeria, alors qu'il n'est pas possible de faire de même pour des pays arabes ou la Russie. Ainsi, notre mission est de commercialiser tout produit qui est exportable du moment qu'on trouve les gens qui en ont besoin et qui apprécient sa qualité, sachant que tous les produits traditionnels tunisiens « Made in Tunisia » et qui reflètent notre culture sont appréciés ailleurs.
En ce qui concerne les produits agroalimentaires, avec la mondialisation et la globalisation, même si nous avons un problème avec notre réseau de transport maritime ou aérien tunisien, nous avons recours à d'autres compagnies internationales qui peuvent se charger de cette mission, que ce soit avec celles marocaine ou émiratie. Ainsi, le problème du transport ne se pose pas, comme dans le passé.
Question : Qu'en est-il des négociations autour de l'ALECA et quelle est votre vision pour l'avenir ?
Réponse : Les négociations autour de l'ALECA sont en cours et cet accord de libre-échange approfondi et complémentaire nécessite une préparation de certains secteurs, en particulier celui des services, parce qu'il y a un risque de massacrer ce secteur dans notre économie, sachant qu'il est difficile de parvenir à concurrencer les services des assurances ou des banques de pays plus développés. C'est pourquoi il y a des étapes de préparation.
Question : Qu'en est-il du secteur agricole, dans votre stratégie de promotion des produits tunisiens ?
Réponse : Je pense que nous n'aurons pas de problème au niveau du secteur agricole que ce soit pour l'huile d'olive ou les dattes, parce que nous sommes de bons producteurs et que nos produits sont bio et, cette année, les exportations ont été multipliées par six, au niveau de l'huile d'olive et, pour les trois ans à venir, les pays concurrents ne peuvent pas nous dépasser et n'auront pas de bonnes récoltes.
Question : Certains exportateurs d'huile d'olive se plaignent des entraves administratives, qu'en est-il exactement ?
Réponse : On aimerai bien connaître les spécificités de ces difficultés, parce que,à part la question des quotas, certaines entreprises préfèrent l'exportation de l'huile en vrac et le conditionnement n'est pas un problème pour eux.
Nous exportons l'huile d'olive même aux Etats -Unis et nous avons adapté l'emballage à la culture américaine. C'est dire qu'il y a un effort, à ce niveau, et que la Tunisie restera pour des années encore parmi les plus importants exportateurs d'huile d'olive.
Par ailleurs, dans le but d'aider les exportateurs à investir de nouveaux marchés, nous avons le Fonds de promotion des exportations (FOPRODEX) qui veille au soutien de ces exportateurs. Il prend en charge 50 % des frais du transport aérien et 30 % du transport maritime, avec l'obligation que cette subvention ne dépasse pas le tiers de la valeur de la marchandise. En plus, il encourage et subventionne toutes les missions de prospection pour découvrir de nouveaux marchés potentiels et pour nouer des relations commerciales.
Par ailleurs, nous organisons des rencontres entre les hommes d'affaires et aujourd'hui, (mardi, NDLR), nous accueillons deux grands distributeurs marocains qui représentent une grande chaîne de distribution commerciale qui sont en train de rencontrer des exportateurs tunisiens de dattes, pour pouvoir établir des conventions entre les deux parties.
Notre démarche n'exclut aucun pays et là où on trouve un marché pour n'importe quel produit tunisien, nous ne manquons pas d'encourager nos exportateurs et même de les appuyer financièrement.
Tout cela, en plus de la participation aux foires et salons de renommée internationale qui permettent l'établissement de contacts, sur place, avec des clients de différentes nationalités. De même que nous soutenons et aidons les grands et les petits exportateurs, afin qu'ils participent à des salons qu'ils jugent intéressants pour l'écoulement de leurs produits.
Question : Un troisième produit agroalimentaire tunisien qui est le vin n'a pas trouvé sa place sur les marchés extérieurs. Pourquoi n'émerge-t-il pas, jusqu'à maintenant ?
Réponse : Le vin tunisien est très apprécié dans plusieurs pays étrangers, notamment en France et au Brésil, et nous recevons de multiples demandes des ambassades pour leur fournir des quantités de ces produits.
Ce produit n'a pas évolué sur les marchés extérieurs, peut-être parce que les concernés ne sont pas, jusqu'à maintenant, intéressés.
Peut-être, aussi, pour d'autres raisons, que ce produit n'a pas conquis de nouveaux marchés, surtout qu'après la révolution, les plantations ont été changées.
Toutefois, la Tunisie est connue par la qualité de son vin, depuis toujours, et notre pays est ouvert, et je ne vois pas pourquoi il ne devient pas un produit exportable.
Question : Quels sont les nouveaux marchés que vous êtes en train de prospecter et quelles sont vos orientations ?
Réponse : Nos efforts sont, actuellement, orientés vers la Russie, surtout en raison de la conjoncture internationale actuelle et la dégradation des relations entre la Russie et la Turquie.
Il y a une opportunité qui se présente et nous avons commencé l'exportation des oranges et de la céramique, domaines dans lesquels nous sommes en train d'avancer et de progresser et on ne peut passer sans saluer les efforts de notre ambassadeur en Russie qui est très mobilisé avec nous.
Nous allons organiser, aussi, une exposition des produits de l'artisanat, à l'occasion du 20 mars, et qui sera à cent pour cent tunisienne, avec de grandes chances pour que ces produits accèdent au marché russe.
La présidente de Conseil des affaires russo-tunisien nous a rendu, récemment, visite et nous allons recevoir une délégation russe pour les contrôles phytosanitaires de nos produits.
Notre mission est, donc, d'informer les exportateurs tunisiens, sur les conditions de ce pays, les facilités qu'il offre et le contrôle qu'il impose aux produits qui lui seront envoyés.
Question : En plus du marché russe, il y a, aussi, une orientation vers l'Afrique. Quels en sont les résultats ?
Réponse : Pour l'Afrique, c'est différent parce que les pays africains ne sont pas intéressés par l'agroalimentaire, mais, plutôt, par l'expertise tunisienne, avec les bureaux de conseil, le bâtiment et les travaux publics, les technologies de l'information et de la communication, la santé et l'enseignement, soit tout ce qui est services.
Il y a une demande, dans ce sens, et nous avons mené des missions de prospection, comme c'est le cas du Soudan où la demande concerne le secteur de la santé et celui des cabinets de conseil.
A ce propos, une bonne nouvelle vient d'être annoncée par notre compagnie aérienne TUNISAIR qui vient de décider de porter à sept le nombre des vols hebdomadaires sur Abidjan (Côte d'Ivoire).
Nous avons créé le besoin au niveau d'un pays sur lequel nous avons axé nos efforts, ces dernières années, avec la participation de l'Union tunisienne de l'industrie, du commerce et de l'artisanat (UTICA) et des chambres de commerces, dans le cadre du partenariat public/privé.
Nous avons suscité le besoin et, maintenant, il y a de plus en plus de cabinets de conseils, d'architectes, de sociétés de travaux publics qui se sont déplacés, dans ce pays, et ont trouvé un climat d'affaires favorable à l'investissement et à l'installation.
Et dans ce sens, la Tunisie a acheté la participation de l'Etat ivoirien dans la Banque de l'habitat de ce pays, ce qui implique que nous allons y avoir le soutien des banques, en plus de la présence de TUNISAIR et de la volonté de coopération entre les deux pays et avec d'autres perspectives, surtout qu'Abidjan est la porte d'entrée vers 15 autres pays africains.
Question : Des échos font état de la prospection du marché chinois. Qu'en est-il exactement ?
Réponse : La Chine n'est pas un marché facile, pour différentes raisons, notamment avec sa main-d'œuvre qu'on ne peut pas concurrencer.
Le seul domaine possible pour les exportations tunisiennes est celui de l'artisanat, mais les Chinois sont capables d'imiter les produits tunisiens pour un coût beaucoup moins élevé.
Certes, le marché chinois représente un défi, mais ce n'est pas pour demain, parce que nous n'avons pas de droit à l'erreur.
Notre objectif, dans l'immédiat, est de dynamiser les exportations et d'avoir des rentrées en devises considérables. Notre choix s'est fixé sur la Russie, pour l'agroalimentaire et les produits de l'artisanat, et l'Afrique pour les services.
Pour le textile, nous menons des missions de prospection, notamment avec l'Espagne, pour donner à ce secteur une bouffée d'oxygène, surtout qu'il représente beaucoup dans le côté social, avec ses 280 mille postes d'emploi.
Il y a des idées qui émergent et nous devons les encourager, parce que tout ce qui est innovation et tout ce qui est créativité sont les bienvenues et nous leur donnons la possibilité de se développer et d'aller jusqu'à leur objectif, parce qu'on ne doit pas se confiner dans les méthodes classiques.
L'un des objectif du nouveau plan de développement est de faciliter le climat des affaires qui n'est pas, actuellement, favorable pour l'exportation, pour de multiples raisons, notamment au niveau de la main d'œuvre qui ne peut plus concurrencer celle étrangère et les risques sont grands de voir les investisseurs quitter la Tunisie, pour des pays plus attractifs, à ce niveau.
C'est une équation qui n'est pas facile à réaliser et l'équilibre n'est pas facile, surtout qu'il faut garantir, en même temps, les droits des travailleurs et celui de l'entreprise d'obtenir une marge bénéficiaire respectable.


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