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Lutte contre la corruption et la contrebande: Pourquoi cette apathie du pouvoir ?
Publié dans L'expert le 21 - 07 - 2016

Toute le monde parle de la propagation de la corruption, des malversations et de la contrebande, dans le pays sans que personne ne prenne la peine de participer à leur éradication, alors que les pouvoirs publics semblent ne pas accorder à ces phénomènes néfastes l'importance qui leur est due.
Les dernières informations crédibles viennent d'être annoncées officiellement par le président de l'Instance nationale de lutte contre la corruption qui a annoncé des chiffres ahurissants concernant la corruption. Il a annoncé sur les ondes d'une radio privée que des dossiers de corruption ont été transmis à la justice et qu'ils impliquent des personnalités occupant des postes de direction dans l'administration tunisienne, des établissements publics et des entreprises privées.
Des milliers de dossiers de corruption !!!
Pire encore, il a affirmé que certaines entreprises publiques sont embourbées jusqu'au cou dans la corruption, notamment la Société tunisienne de l'électricité et du gaz (STEG), les caisses sociales, les banques publiques, la société Tunisair et l'Office de l'aviation civile (OACA). Le pire, encore, pour le président de l'INLC, c'est que la corruption a, aussi, touché le secteur de la santé, surtout avec l'affaire des Stents périmés utilisés par des médecins, dans, au moins, une clinique privée, au su et au vu de certains services de la Caisse nationale d'assurance maladie (CNAM) et Chawki Tabib d'affirmer que « le comble est que les personnes impliquées dans les affaires de corruption sont, encore, en place et certains ont bénéficié de promotions professionnelles ».
Face à l'indifférence des responsables, il a appelé à l'indépendance des instances de contrôle qui ne doivent rendre des comptes, directement, qu'à l'Assemblée des représentants du peuple, tout en affirmant que le rapport de l'INLC a donné les preuves de l'implication de ces responsables qui restent aux postes de responsabilité en tant que présidents-directeurs généraux.
Par ailleurs, Chawki Tabib a souligné que l'INLC a besoin du soutien des médias et des organisations de la société civile, pour qu'elles soient des partenaires dans le plan national de lutte contre la corruption, affirmant que 400 dossiers ont été remis à la justice, alors que 2700 autres sont en cours d'instruction.
Connivence ou indifférence ?
Pour sa part, lors d'une intervention sur Jawhara FM, le député Ahmed Saïdi a accusé le ministre de l'Industrie, Zakaria Hamad, de corruption et l'a appelé à démissionner.
Il a évoqué, à ce propos, une usine très performante dans sa région : « Je parle aujourd'hui car je suis solidaire avec les employés de l'entreprise qui sont victimes d'une machination. Une usine qui depuis des années est déficitaire alors qu'il n'y a pas de quoi. Nous sommes devant une situation de mauvaise gestion financière et administrative », a déclaré l'élu.
« Il y a des personnes qui font en sorte de mettre en difficulté l'entreprise pour pouvoir la racheter à bas prix. Ayant été mis au courant de la situation, j'ai informé à mon tour par deux fois l'actuel ministre de l'Industrie » a-t-il ajouté.
« Nous nous sommes vus à l'ARP et aussi dans son cabinet ou je lui exposé la situation. Il n'a rien fait ! Dans ce cas, pour moi il est aussi coupable et complice de cette mafia qui porte préjudice à l'entreprise et à ses employés », a déploré M. Saïdi, avant d'appeler le ministre de l'Industrie à démissionner dans l'immédiat.
L'économie tunisienne prise en otage
Entretemps, toute l'économie tunisienne est prise en otage, avec une contrebande qui rend improductif tout investissement commercial ou industriel formel. Les entrepreneurs et investisseurs potentiels sont découragés face à cette inégalité dans les engagements fiscaux et sociaux en vigueur et qui fait perdre à l'Etat près de deux milliards de dinars, avec un commerce parallèle dépasserait plus de 50% de l'économie nationale.
Les pertes fiscales pour l'Etat seraient de 1,2 milliard de dinars dont 500 millions sous forme de droits de douane (l'équivalent de 25% des recettes douanières). Le rapport de la Banque mondiale sur le commerce transfrontalier aux frontières terrestres tunisiennes, estime que ce commerce représente plus de la moitié du commerce officiel avec la Libye et est supérieur à celui avec l'Algérie et les contrebandiers réalisent plus d'un milliard de chiffre d'affaires dont 20% de gain net.
Pire encore, selon les informations qui circulent, les contrebandiers ont une mainmise sur les services douaniers et comptent dans leurs rangs des membres influents de la douane qui leur permettent de faire entrer et sortir des conteneurs, sans être inscrits sur les registres officiels, ce qui fait que les marchandises de contrebande foisonnent dans toutes les villes de la Tunisie, sans qu'aucune mesure ne soit prise pour en connaitre l'origine ou de sanctionner les contrebandiers qui sont, aussi, les financiers du terrorismes et, mieux encore, ceux qui cautionnent ce fléau, afin d'avoir les coudées franches pour faire entrer tous les produits qui, le plus souvent, sont néfastes pour la santé de Tunisiens et le bon fonctionnement de nos entreprises économiques qui subissent des pertes importantes, surtout face à des produits acquis à des prix dérisoires, soit parce qu'ils sont périmés ou produits d'une façon illégale.
Un trafic florissant depuis les « pseudo-révolutions »
Depuis la révolution et la guerre en Libye, le trafic des contrebandiers s'est intensifié et réorganisé. Aujourd'hui, un nombre conséquent de villages situés près des zones frontalières libyenne et algérienne dépendent principalement du trafic de contrebande pour vivre. Mais au-delà de l'aspect économique, c'est la sécurité nationale qui est en jeu. En effet, l'augmentation du commerce parallèle aux frontières est étroitement corrélée avec la montée de l'islamo-banditisme.
Une étude de la Banque mondiale de 2013 sur le commerce frontalier estime que ce dernier représente plus de la moitié du commerce officiel avec la Libye. 3500 camions et 600 véhicules particuliers passeraient les frontières tous les jours.
Par ailleurs, selon l'Organisation Mondiale pour la lutte contre les trafics illicites, 77% des Tunisiens achètent des produits issus du marché parallèle, sachant que la plupart d'entre eux ont conscience de la provenance de ces produits. Mais ces produits sont entre 20% et 70% moins chers que sur le marché légal. La situation économique et fiscale de la Tunisie en fait le seul pays qui subit la contrebande, par rapport à l'Algérie et la Libye. La solution est donc aussi entre les mains du gouvernement à ce niveau.
On ne peut pas évoquer le trafic de contrebande en Tunisie sans évoquer le principal produit concerné : le carburant. 60% des véhicules concernés par ce commerce transportent du carburant, avec l'équivalent de 900 millions de dinars
Ce qui est le plus dangereux, c'est que selon les estimations de la Banque Mondiale, une part importante des revenus engendrées par la contrebande atterrissent entre les mains d'une poignée de grossistes appartenant à des réseaux du grand banditisme et tout ce qui va avec : possible relation avec le terrorisme, blanchiment d'argent, crime organisé...
Des « Caïds » de grande envergure
Dans tout ce méli-mélo, la vie continue et tout le monde poursuit le train-train quotidien, sans aucun résultat palpable dans la lutte contre ces fléaux qui gangrènent la vie des Tunisiens.
Les pouvoirs publics ne donnent, entretemps, aucun signe d'une volonté de venir à bout de la corruption et de la contrebande, surtout que des hommes d'affaires influents sont accusés d'être à la base de ces réseaux et cherchent à perpétrer le statuquo, dans tous les domaines d'activités économiques.
Sinon, comment expliquer les tonnes de marchandises de contrebande qui remplissent les étalages anarchiques, le commerce des produits périmés et qui font beaucoup de mal à la santé du citoyen et les feux d'artifice qui empoisonnent les nuits des gens, à cause de leur utilisation, impunément, durant les fêtes, les mariages et les compétitions sportives ?
Entretemps, le président de la République et ses membres de sa suite font la promotion du « projet de réconciliation nationale », faisant-fi du mal occasionnés au pays et à son économie et ne sachant pas dissocier entre le grain et l'ivraie, faisant douter l'opposition et des centaines de milliers de citoyens sur les objectifs et la finalité de ce projet, au moment où tout le monde a perdu confiance en la volonté de nos politiciens de pousser le pays vers la sortie de la crise.
Les informations et les rumeurs fusent de partout, pour dénoncer des agissements illicites de certains des dirigeants de la Tunisie, comme les dernières qui font état du coup de pouce d'un conseiller à la présidence de la République pour le recrutement de pas moins d'une quarantaine de ses proches, dans les services établissements publics.
Un coup de balaie nécessaire
Pour montrer leur bonne volonté, il serait judicieux, donc, pour les dirigeants de la Tunisie nouvelle de prendre le taureau par les cornes et de sévir, d'abord, contre les corrompus quelle que soit leur appartenance, afin de donner l'exemple et de montrer aux autres qu'il n'est plus possible de laisser impunis les dérapages de certaines personnes véreuses, sans foi ni loi, sauf celle de l'argent et qui ne se soucient pas de l'avenir de la Tunisie.
Tous les indicateurs sont au rouge, au moment où le pays a besoin d'un coup de balaie dans les milieux économiques et financiers, pour faire respecter la loi, surtout celle qui n'est appliquée, actuellement, que contre les pauvres.
La corruption, les malversations, les pots-de-vin et la contrebande se sont introduits, dans tous les domaines de la vie quotidienne du citoyen et le moment est venu pour le futur « gouvernement d'union nationale » d'accorder l'intérêt nécessaire à ces fléaux qui gangrènent la Tunisie et font craindre pour son avenir et celui de ses enfants, surtout que cette question est d'une importance cruciale et qu'elle est de la plus haute urgence.
Mais avons-nous des politiciens qui ont l'intention et le courage de le faire et avons-nous des hommes d'affaires qui ont vraiment l'audace de dénoncer ceux qui font obstacle au développement du pays ?
L'avenir proche nous le dira, certainement, surtout que les instances internationales pointent du doigt le pays et dénoncent l'état de dégradation dans laquelle il est tombé, après ce « printemps arabe » néfaste pour les Arabes.


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