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Rencontre avec S.E. Chris O'Connor, ambassadeur de Grande-Bretagne en Tunisie
Publié dans L'expert le 15 - 03 - 2011

Pour la Tunisie de l'après Révolution, la diplomatie britannique bouge mieux et s'active à un rythme digne d'une représentation diplomatique de premier ordre… C'est évident et tout à fait compréhensible pour un pays dont les traditions de présence et l'importance des échanges sont des plus pesants (culture, commerce, économie…)
Et ce n'est certainement pas un hasard si la Grande-Bretagne accentue sa présence et multiple les visites et les contacts en Tunisie, à commencer par celle de son ministre des Affaires Etrangères, M. William Hague, relayé par M. Martin Day, porte parole du gouvernement britannique pour la Région Arabe.
Dans ce contexte particulier, une rencontre avec l'ambassadeur de «Sa Majesté» à Tunis nous a paru très utile… S.E.M. Chris O'Connor a bien voulu recevoir «L'Expert» pour une interview qui a franchement pris la forme d'une conversation conviviale suite à un accueil chaleureux et aimable… Loin des contraintes de l'horaire, du protocole et des questions préparées à l'avance, notre hôte s'est livré à toutes les questions sans détours… Et pourtant, nous savons tous combien la diplomatie britannique est généralement prudente et enveloppée… plus qu'il n'en faut parfois… Mais les temps ont changé… Et la Grande-Bretagne devient plus directe et plus performante.
Fatma MOUSSA, du journal «l'Expert» avec S.E.M. Chris O'CONNOR


Quelle est votre lecture de la Révolution tunisienne?
La Révolution tunisienne a un aspect très important, en ce sens qu'elle a été issue du peuple. Il n'y a pas eu d'influence extérieure. Cette révolution a été purement tunisienne. C'est une expression publique et générale. La Révolution tunisienne a été celle de la dignité. Les Tunisiens ont voulu changer radicalement la Tunisie et surtout sur le plan politique.
En ce qui concerne la nature de cette révolution, elle a été spontanée et pacifique.

Quelle est votre évaluation du paysage politique de la Tunisie après la Révolution?
Le paysage politique de la Tunisie fait face à beaucoup de défis: premièrement, il y a des politiciens inexpérimentés. Deuxièmement, la Tunisie doit organiser des élections libres et transparentes. Pour avoir une élection «free and fair» il faut tout un système, programme et logistique pour atteindre ce but. Troisièmement, il y a le facteur temps. En effet, la Révolution a été soudaine et les changements doivent être aussi rapides. Il faut éviter le risque de la lenteur. Quatrièmement, la relation directe entre la politique et l'économie. Il faut avoir une stabilité politique pour que l'économie reprenne. Il ne faut pas oublier ce facteur, sinon l'économie de la Tunisie va connaitre des risques. Mais, à mon avis, je vois que le futur sera meilleur. La suite de la Révolution va dans le bon sens et sur le bon chemin.

En tant que diplomate ayant exercé dans plusieurs pays arabes, pouvez-vous nous citer les points communs des peuples arabes?
Les peuples arabes ont en commun la langue et l'identité. Mais les différences existent entre les pays arabes a coté des points communs. Il y a des pays arabes avec des populations de différentes religions et ceux qui ont une seule religion. Il y a des Arabes qui vivent dans la stabilité contre d'autres qui ne l'ont pas. On peut voir des peuples riches mais aussi d'autres très pauvres.

Quelle est la stratégie de la Grande-Bretagne pour coopérer avec la Tunisie surtout dans le domaine économique?
La Grande-Bretagne est fière de collaborer avec le peuple tunisien. Mais la coopération ne peut pas être basée sur un agenda externe. Elle doit être «gagnant-gagnant» et basée sur un respect mutuel.
La G-B est prête à offrir son expérience politique, s'il y a une volonté tunisienne. Comme illustration, nous sommes déjà prêts à apporter notre expérience pour l'organisation des prochaines élections. En deuxième lieu, le secteur économique représente aussi un champ d'action pour la G-B. Pour investir en Tunisie, il faut avoir un climat favorable et j'espère que la Tunisie créera un climat aussi favorable que possible pour encourager les investisseurs. La sécurité est un élément important aussi. Un autre facteur est à souligner, à savoir la relation entre les employeurs et les employés qui doit être empreinte de confiance et non pas d'antagonisme. Nous, pour notre part, nous ferons notre mieux pour communiquer aux investisseurs les opportunités offertes par la Tunisie.
En termes de communication, la G-B est prête aussi à coopérer étroitement dans le domaine de l'enseignement de la langue anglaise. Le «British-Council» est en train de bien former les Tunisiens en langue anglaise mais aussi de développer un programme important pour la réforme de l'enseignement de la langue anglaise dans les écoles tunisiennes.
Le tourisme est aussi un élément clé. L'année dernière, 400.000 touristes britanniques ont visité la Tunisie. Les touristes commencent à revenir et si le flux augmente, cela peut constituer encore une fois un aspect important de notre relation bilatérale.

Quel rôle joue la G-B ou l'Union européenne pour la démocratie en Tunisie?
L'UE supportera les élections puisqu'elles constituent la phase de transition de la Tunisie vers la démocratie. Le temps que la Tunisie gagne le mécanisme d'une élection libre et légale, c'est déjà un pas vers la démocratie réelle. Aussi, l'institution des trois nouvelles commissions, indépendantes, annonce un bon signe de la démocratie. La G-B peut aussi participer à l'instauration de média libre en Tunisie. Par exemple «la BBC» est un bon exemple de média libre, franc et indépendant.

Quelle est la relation entre la G-B et l'ancien régime de Ben Ali?
Tout gouvernement a le devoir de mener les relations avec les autres gouvernements. Mais en même temps, nous avons le devoir d'exprimer nos différences quand nous sommes en désaccord. C'est ce que nous avons fait. Comme l'a dit notre ministre des Affaires Etrangères, M. William Hague: «Maintenant nous avons l'opportunité de construire une nouvelle relation basée non seulement sur les intérêts en commun mais aussi sur les valeurs en commun. Une telle relation sera beaucoup plus profonde et bénéfique aux deux côtés».

Décrivez-nous votre visite à Ras Jedir?
Sincèrement, les Tunisiens sont en train de faire un très bon travail. Vraiment, c'est très honorable et très touchant de voir comment les Tunisiens aident et assistent les réfugiés de Libye. Mais ce qui est vraiment regrettable c'est de voir combien, de l'autre côté de la frontière tunisienne, les Libyens et autres nationalités souffrent… c'est révoltant!
Dans un contexte purement humanitaire, la G-B fait ce qu'elle peut dans le domaine de l'aide pour les populations stationnées à la frontière tuniso-libyenne. Deux avions chargés de produits divers à titre d'aides humanitaires ont déjà été envoyés. Nous avons aussi contribué au transport des réfugiés à destination de leur pays d'origine. Ainsi, 6.000 mille Egyptiens ont été transportés de Djerba au Caire.

Choix ou coïncidence? Votre nomination successive dans des postes en pays arabes?
En effet, j'ai travaillé dans pas moins de 5 pays arabes. 5 fois de suite n'est certainement pas une coïncidence. Tout a commencé durant ma prime jeunesse suite à une visite en Tunisie avec ma famille… J'ai aimé le pays et j'ai décidé depuis d'apprendre la langue arabe… C'est donc une histoire ancienne d'un amour de jeunesse… Bien entendu, cela s'est développé pour faire partie de mes centres d'intérêt professionnel.

Propos recueillis par Fatma MOUSSA


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