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Tunisie : Enfance confisquée et mutilée
Publié dans Tunisie Numérique le 05 - 02 - 2013

« Mourrez de dépit ! » (موتوا بغيضكم ), voilà le slogan scandé par des fillettes voilées, pancarte à la main et l'innocence plein les yeux, en guise d'accueil au prédicateur koweitien wahhabite, le tristement célèbre Nabil Al Aouadhi, plus connu par sa fatwa sur Sponge bob. La vérité ne sort pas toujours de la bouche des enfants. L'image est choquante, voire même traumatisante, à double titre :
D'abord, voiler des bambines en signe d'hospitalité et de complicité avec le cheikh wahhabite, initiative que rien ne justifie d'un point de vue ni théologique ni moral. Ces mômes sont encore très loin de l'âge de responsabilité (سنّ التكليف ) pour savoir choisir ses habits, entre autres le voile, en comprendre la signification et en saisir la portée. Dès sa plus tendre enfance, la fillette serait-elle déjà un objet sexuel dont le corps doit être dissimulé pour contenir les appétences libidinales et les assauts charnels de l'homme ? Si n'est guère le cas, pourquoi donc leur imposer un accoutrement contre-nature, compte tenu de leur bas âge, au lieu de les laisser jouir de leur enfance et s'épanouir dans leurs jeux et jouets. Il s'agit là d'une atteinte à l'enfance de nature à altérer le processus de formation de leur propre personnalité.
Il est claire que les fillettes en question ne sont pas en mesure de choisir leurs vêtements, c'est donc les parents qui en décident. Et à ce titre, la famille, unité fondamentale de la société et milieu naturel pour la croissance et le bien-être de tous ses membres, en particulier des enfants, confisque l'enfance à leurs progénitures femelles et en font des objets idéologiques ambulants. D'autant plus que la Convention Internationale des Droits de l'Enfant reconnait le manque de maturité physique et intellectuelle de celui-ci. Donc, l'enfant est, par nature et par définition, vulnérable, influençable et incapable de décider de lui-même, notamment en bas âge.
Il n'est aucunement question d'une quelconque velléité contre l'Islam, loin s'en faut, il est nécessaire d'élever l'enfant dans l'Islam, principal forment de l'identité nationale, et de l'éduquer dans les valeurs de tolérance, d'ouverture et de dialogue préconisées par l'Islam sans pour autant transformer l'enfant en véhicule ou vitrine des convictions de ses parents.
Ensuite, imposer à un essaim d'enfants, en bas âge, de reprendre en chœur « Mourrez de dépit ! », interjection dont le sens, l'acception et la cible leur échappent complètement est également une manière d'associer, indûment et inhumainement, la petite enfance à une rivalité politique ou idéologique qui n'a pas lieu d'être en pareil contexte. En faire le porte-voix de leurs parents, leur caisse de résonance n'est aucunement pédagogique, outre que tels agissements sont réprimandés par la Convention Internationale des Droits de l'Enfant, dans l'esprit et dans la lettre.
Braillées, avant, durant et après, la session de prédication, par des adultes fanatisés et non moins remontés, la formule traduit une totale incompréhension dans la mesure où elle suggère, faussement d'ailleurs, que la Tunisie sombre dans une crise d'identité et que l'Islam est en danger dans notre pays. On ne cesse de cultiver la confusion, de défoncer des portes ouvertes et de noyer le poisson. La Tunisie n'a jamais connu un problème d'identité et vit harmonieusement son islamité, s'il y avait agression, sous le régime Bourguiba et Ben Ali, ce n'était pas contre l'Islam en tant que religion et pilier de l'identité mais contre les musulmans extrémistes, les islamistes, qui ont défié le pouvoir en place, non pour servir l'intérêt national, mais pour imposer un projet théocratique et un modèle de société incompatibles, à tous points de vue, avec la personnalité de la Tunisie, historiquement ouverte, moderniste, tolérante et séculière, qui sa propre lecture de l'Islam et son propre référenciel doctrinal.
En conclusion, exploiter l'enfance pour des considérations politiques et idéologiques équivaudrait à détourner l'enfant de sa voie naturelle, le séparer arbitrairement de son monde et le mutiler dans son esprit et sa personnalité.


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