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Mechichi, prenez la main qui vous est tendue !
Publié dans Business News le 27 - 05 - 2021

Après quelques mois de froid glacial et de grande tension, le président de la République a enfin reçu le chef du gouvernement. La rencontre a eu lieu en présence du ministre de la Défense et a tourné autour des polémiques de l'heure : les fuites, la justice, la diplomatie, les prérogatives et le putsch.
Contrairement à son habitude, Kaïs Saïed a parlé dans un arabe plus proche du dialectal que du littéraire. Il était temps qu'il parle comme nous ! Contrairement à son habitude aussi, il était calme et conciliant, alors qu'il y avait de la matière pour qu'il soit en colère. Ce calme apparent et cette forme de langage reflètent l'image d'un Kaïs Saïed conciliant qui n'est plus recroquevillé sur lui-même. Politiquement parlant, ceci est une aubaine.
Il y a deux façons de lire le discours d'hier. La lecture offensive où l'on voit la partie vide du verre. Si l'on suit cette lecture, on dira que Kaïs Saïed n'a rien apporté de nouveau, il n'a pas résolu le problème de la cour constitutionnelle et il n'a pas débloqué la situation du gouvernement puisqu'il refuse toujours d'organiser la cérémonie de prestation de serment des nouveaux ministres.
Et puis il y a la lecture où l'on voit la partie remplie du verre avec un Kaïs Saïed qui tend la main à son ancien poulain Hichem Mechichi. Le président veut tourner la page, il ne dit plus qu'il n'y a qu'un président dans le pays, puisqu'il admet (enfin !) qu'il y a trois présidents, il reconnait qu'il peut y avoir différentes interprétations d'un sujet et que ce n'est plus la sienne uniquement qui prévaut et il admet qu'il n'y a qu'un seul Etat avec différentes institutions qui se doivent d'être en harmonie et synchrones.

Dans son allocution d'hier, le président a montré qu'il est bien à l'écoute du peuple et des polémiques actuelles et qu'il est loin d'être isolé et manipulé par sa cheffe de cabinet Nadia Akacha comme le répètent les islamistes. Il a donné son avis sur les fuites, il a ironisé sur les faux experts qui pullulent dans le pays, il a envoyé une pique à Rached Ghannouchi qui entend créer une diplomatie parallèle, il a soulevé la question du putsch avec l'article 80 de la constitution en notant que nous sommes déjà dans la situation indiquée par cet article et il a pointé du doigt l'aberration du parti Al Karama qui s'est précipité pour déposer une plainte contre Nadia Akacha, à propos de l'histoire du document fuité, alors qu'elle est la destinataire du document en question et non l'expéditrice.
On peut dire que le président de la République a été rationnel cette fois-ci, ce qui est loin d'être toujours le cas.
Là où le président s'est longuement attardé et là où il a été vraiment rationnel, c'est quand il a évoqué le sujet de la justice. S'il y a un point important à relever de l'intervention présidentielle, c'est bien celui-là. Ce point est plus important que tout le reste, car la Justice est la base de tout.
Nous avons un président de la République qui défend la Justice, qui a le sens de la Justice et de l'Etat de droit, qui a le sens de l'égalitarisme. Pour ce point, et ne serait-ce que pour ce point, le président de la République mérite d'être soutenu contre ses adversaires.

Le message principal de Kaïs Saïed, hier, était clair. Il était destiné à Hichem Mechichi en sa qualité de ministre de l'Intérieur par intérim (et il lui a rappelé cette qualité) et au parquet du Tribunal de première instance de Tunis. Ce message se résume comme suit : la loi doit être appliquée sur tout le monde égalitairement. Point.
C'est là où Hichem Mechichi doit saisir la balle au bond et choisir son camp. Soit il prend le camp de la justice et de l'Etat de droit et il répond favorablement au président de la République en exécutant, entre autres, le mandat d'amener émis contre Rached Khiari ; soit il continue de suivre le camp des islamistes et de sa « ceinture » politique en ignorant le président.
Dans la première option, il vêt le costume d'un homme d'Etat, d'un homme droit, d'un homme de droit. Il prend la voie de l'accalmie politique entre les deux têtes de l'exécutif. Une voie qu'a ouverte le président de la République.
Dans la deuxième option, Hichem Mechichi continue à rester un « khamess » chez Ennahdha, protecteur de ses sbires, défenseur d'un Etat bananier où la justice ne s'applique que sur les faibles.

Le président de la République a parlé hier de quelque 25 affaires pendantes et bloquées devant la justice pour des questions d'immunité parlementaire. Or il n'y a qu'une seule et unique demande de levée d'immunité transmise par la justice au Parlement, celle du député de Qalb Tounes, Ghazi Karoui dans une affaire de blanchiment d'argent et de fraude fiscale.
Comment se fait-il que le parquet n'ait pas transmis certains dossiers pendants en justice au Parlement ? Pourquoi n'a-t-il pas exercé ses prérogatives en laissant le Parlement décider s'il doit lever l'immunité parlementaire des députés ou pas ? Le président de la République a bien soulevé ce point en indiquant qu'il y a un véritable marchandage politique de la part du président du Parlement (qu'il n'a pas nommé) qui laisse les demandes de levée d'immunité dans le tiroir au lieu de les exposer à la commission et à la plénière.
La justice doit être au dessus de tout et les parlementaires (leur président en tête) sont en train de jouer avec la justice.
Il y a plein de cas de flagrant délit où la justice aurait dû réagir de suite et arrêter des parlementaires et elle ne l'a pas fait. La raison ? Une décision politique !
Il y a plein de cas où les députés sont accusés de délits ou de crimes qui n'ont rien à voir avec le travail parlementaire et où rien ne justifie qu'ils doivent bénéficier de l'immunité et la justice n'a pas bougé. La raison ? Une décision politique !
Le parquet est hiérarchiquement dépendant du gouvernement et c'est au gouvernement (donc à Hichem Mechichi) d'ordonner au parquet de faire son travail comme l'exigent la loi et la justice !
C'est là le message de Kaïs Saïed et c'est là que Hichem Mechichi doit bouger. Hichem Mechichi est devenu complice, malgré lui, de tous les abus commis par les députés.
Il y a des affaires de drogue, de blanchiment d'argent, de violences, de harcèlement sexuel, etc et toutes ces affaires n'ont rien à voir avec le travail parlementaire et où le parquet se devait de réagir en appliquant strictement la loi. Le parquet doit savoir que l'immunité parlementaire ne s'applique que sur le travail parlementaire (article 68 de la constitution). Le parquet doit savoir que l'arrêt des poursuites contre les députés ne s'applique que si le député se prévaut par écrit de son immunité pénale (article 69 de la constitution). Or le parquet, dans certains dossiers, arrête de lui-même les poursuites sans attendre que le député se cache derrière son immunité. Et si jamais le parquet engage les poursuites et saisit le Parlement, Rached Ghannouchi bloque la procédure de lui-même sans saisir la commission et sans passer par la plénière pour que la demande de levée de l'immunité soit votée ou pas par l'ensemble des députés.
Des noms ? Il y en a à la pelle. Saïd Jaziri faisant l'objet de plusieurs plaintes, de nature criminelle. Rached Khiari dans son affaire de complot contre la sûreté de l'Etat, Ghazi Karoui dans des affaires d'argent, les députés d'Al Karama qui sont allés envahir l'aéroport et injurier les forces de l'ordre, Sofien Toubel dans une affaire d'argent, Seïf Eddine Makhlouf dans son affaire d'injures contre le procureur de la République, Ridha Jaouadi dans une affaire d'argent, Fayçal Tebbini dans une affaire de harcèlement sexuel et la liste est encore longue. Autant d'affaires qui n'ont rien à voir avec le travail parlementaire.
Dans cette histoire de levée d'immunité, on a des criminels présumés sous l'hémicycle du Parlement qui ont pour complices le parquet, le président du Parlement et le chef du gouvernement. C'est cette complicité affligeante qu'a dénoncé hier le président de la République. Dans un Etat de droit, dans une démocratie qui croit que la justice doit être supérieure à tout, cette complicité doit cesser !

En appliquant strictement la loi, en exécutant ses prérogatives de chef du gouvernement et de ministre de l'Intérieur, Hichem Mechichi a tout à gagner. Il gagnera surtout la confiance du président de la République qui lui reproche sa proximité avec les islamistes.
Quant aux islamistes, Hichem Mechichi n'a rien à craindre d'eux. Ils ne peuvent rien lui faire. Il est clean et il n'a pas de casseroles (vraies ou fausses) comme c'était le cas avec Elyes Fakhfakh. Ils ne peuvent pas lui faire une motion de censure, car Hichem Mechichi trouvera, sans aucun doute, 109 députés de son côté si jamais il montre qu'il est un homme droit et de droit. Il gagnera surtout en popularité s'il met fin à cette complicité abjecte avec les islamistes et les présumés criminels lâches qui se cachent derrière leur immunité pour échapper à la justice.


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