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La Télévision nationale revêt fièrement son costume de soumission
Publié dans Business News le 17 - 01 - 2023

Ce n'est plus un secret pour personne et c'est même désormais parfaitement assumé. La Télévision nationale est, depuis plus d'un an maintenant, l'outil de propagande du régime, soumise au pouvoir. Après avoir été le support publicitaire principal de la consultation électronique de Kaïs Saïed, elle est aujourd'hui, sans surprise, celui des législatives anticipées…

Au mois de mars 2022, nous avions évoqué dans notre papier « Awatef Daly transforme la Télévision nationale en outil de propagande pro Saïed » la nouvelle orientation amorcée par la Télévision nationale suite à l'annonce, le 25 juillet 2021, des « mesures exceptionnelles » du président de la République, Kaïs Saïed.
« Canal 7 » ou « porte-voix de la consultation » c'est ainsi qu'on nommait désormais la « Wataniya » depuis que Kaïs Saïed a décidé le 28 juillet 2021 de limoger le PDG de la Télévision nationale Mohamed Lassaâd Dehech et de charger Awatef Daly de la gestion provisoire de l'institution.

Depuis cette date, la soumission de la Télévision nationale est devenue si flagrante que même les conseils ministériels présidés par le chef de l'Etat sont devenus si prioritaires qu'ils sont diffusés avant même le JT de 20 heures. Lors de la consultation électronique initiée par le président, l'institution est devenue un outil de propagande et un support publicitaire gratuit jusqu'à trouver le moyen d'évoquer le sujet dans toutes ses émissions ou presque. En ces temps de pénuries, on est même allé jusqu'à citer les méfaits du lait sur la santé, au JT, histoire sans doute de dire que son absence dans les rayons est une bonne chose tout compte fait.

Alors que démarre la campagne électorale pour le second tour des élections législatives c'est donc tout naturellement que la Télévision nationale apporte sa précieuse contribution au processus, pourtant contesté.

Le conseil de l'Instance supérieure indépendante pour les élections (Isie) a décidé de programmer des débats télévisés entre les candidats, en accord avec la Télévision nationale. L'instance a affirmé, lors d'une conférence de presse donnée à l'occasion du démarrage de la campagne qu'elle compte superviser elle-même le déroulement de ces débats, les questions et les sujets qui y seront abordés notamment.

Le directeur de l'Ecole politique de Tunis, Ahmed Driss, a relevé plusieurs défaillances concernant le débat qui pourrait avoir lieu entre les candidats, notamment. Le porte-parole de l'Isie, Mohamed Tlili Mansri, a annoncé, dans la matinée de lundi, que l'Isie étudiait l'organisation d'un débat entre les candidats qui devrait se dérouler après un tirage au sort entre circonscriptions.
Ahmed Driss a estimé que cela sape le principe d'égalité des chances entre les candidats et le fondement même des élections dont l'objectif était de permettre aux citoyens d'élire des figures connues de leur entourage, précisant que « toute atteinte au principe d'égalité accorde le droit aux candidats de contester les résultats des élections », a-t-il signalé.

Le débat en question permettrait, selon l'Isie, aux candidats de faire leur campagne et de se faire connaître auprès des électeurs. « Ces élections n'ont pas abouti au résultat escompté et pour preuve l'abstentionnisme (…) Seul un million des électeurs se sont rendus aux urnes alors que le nombre des candidats était de plus de mille », a-t-il déclaré dénonçant les moyens que l'Isie emploie pour inciter les citoyens à aller voter.
Il a considéré illégal le débat que l'Isie prévoit de diffuser sur la Télévision nationale l'assimilant à un financement indirect des campagnes des candidats alors que la loi électorale interdit le financement public. Ahmed Driss a signalé, par ailleurs, que la diffusion du débat sur la chaîne de télévision nationale n'avait aucun sens rappelant que les programmes politiques des candidats se limitent à l'échelle des circonscriptions qu'ils représentent. « C'est ce qui fait de ces élections une absurdité (…) On dirait que nous sommes face à des municipales », a-t-il indiqué.

Le Syndicat national des Journalistes tunisiens (SNJT) a accusé, de son côté, l'instance d'influencer la Télévision nationale dans la couverture du second tour des élections législatives, au mépris de toutes les règles constitutionnelles et légales qui stipulent l'indépendance et l'interdiction de la censure préalable du travail des médias.
« Dans le cadre de son partenariat avec la télévision publique, l'instance électorale veut contrôler les débats prévus entre les candidats en imposant d'avoir un regard sur les questions et les sujets qui seront abordés. Le syndicat met en garde contre la gravité des récentes déclarations de l'Isie et l'approche unilatérale qu'elle adopte, considérée comme un nouveau revers pour le processus électoral et un indicateur dangereux qui menace la voie démocratique », a précisé le SNJT, mettant en garde contre le danger de confondre journalisme et campagne de communication.
« Le syndicat considère que soumettre la télévision publique aux ordres de l'Isie est une violation flagrante de l'indépendance des médias publics et une ingérence flagrante dans la ligne éditoriale de l'établissement pour l'assujettir au service du pouvoir et porter préjudice à l'essentiel du rôle qui lui est confié de servir l'intérêt public et de contribuer à la consolidation de la démocratie en Tunisie », a-t-il poursuivi, dans un communiqué cinglant., appelant la Télévision nationale à reconsidérer son partenariat avec l'Isie et à assurer l'indépendance de sa ligne éditoriale.

Le membre de la Haute autorité indépendante de la communication audiovisuelle (Haica), Hichem Snoussi, a affirmé, pour sa part, que l'ingérence du pouvoir dans la ligne éditoriale de la Télévision nationale n'est pas nouvelle et que le maintien de l'actuelle PDG chargée par le président de la République est une preuve qui vient confirmer cette mainmise sur l'institution.
Hichem Snoussi a expliqué que la Haica n'acceptera pas la politique du fait accompli et qu'elle compte exercer son rôle considérant que l'Isie est devenue « l'appareil de l'exécutif » et une partie du problème que sont ces législatives.

Chasse le naturel il revient au galop, dit l'adage. À croire que la Télévision tunisienne est destinée à s'épanouir sous les régimes totalitaires. Qu'en sera-t-il donc de ces débats ? A l'heure actuelle une chose est sûre, ils seront drôles, très drôles à suivre et remplaceront ainsi à merveille le sitcom usé qui tourne en boucle dans la nationale depuis des années…


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