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Chaque semaine, le régime prouve sa médiocrité
Publié dans Business News le 04 - 09 - 2023

Notre confrère Khalifa Guesmi croupit en prison depuis hier, dimanche 3 septembre 2023. Le journaliste de Mosaïque FM doit purger une peine de cinq ans pour avoir diffusé une information sur une opération réussie des forces de l'ordre contre des terroristes. Le journaliste a refusé de révéler au juge la source de son information et le voilà condamné à un an de prison en première instance. Dans le système judiciaire tunisien, la tradition est que les peines sont très souvent allégées en appel. Ça n'a pas été le cas pour Khalifa Guesmi dont la peine a été quintuplée. Pire pour sa source, qui s'est avérée être un gradé de l'antiterrorisme cherchant à mettre en valeur le succès de son unité, dont la peine est passée de trois à dix ans de prison ferme.
Voilà à quoi ressemble notre régime putschiste. Un journaliste qui a fait son travail, qui a respecté la déontologie de son métier se trouve derrière les barreaux. Un haut gradé des forces de l'ordre, dont la formation pointue a tant coûté à la collectivité, se trouve derrière les barreaux, juste parce qu'il a réussi une opération antiterroriste et qu'il a cherché à partager sa victoire avec ses compatriotes.
On s'interroge souvent en Tunisie pourquoi les gens en veulent à l'Etat et cherchent à émigrer coûte que coûte. Ce qui s'est passé cette semaine avec Khalifa Guesmi et sa source donne un brin de réponse. On s'interroge souvent pourquoi les gens perfectionnistes qui veulent bien faire leur travail sont minoritaires dans le pays et pourquoi le pays regorge d'incompétents dans l'administration, les banques, les entreprises, etc. Ce qui s'est passé cette semaine donne un brin de réponse.

Jeudi dernier, le ministère tunisien des Affaires étrangères a publié un communiqué dans lequel il insiste sur « l'importance du rétablissement de l'ordre constitutionnel » au Gabon, où a eu lieu un coup d'Etat militaire quatre jours plus tôt.
Outre la médiocrité, le régime brille par son indécence, car « charité bien ordonnée, commence par soi-même ». Avant de donner des leçons aux militaires gabonais, ce régime devrait se rappeler qu'il a utilisé ses propres militaires pour barrer l'accès à 217 parlementaires élus par le peuple. Il devrait aussi se rappeler qu'il s'est lui-même assis sur une constitution rédigée et votée par 217 constituants, tout aussi élus par le peuple, pour la remplacer par une constitution rédigée par un seul individu. Un individu, certes élu par le peuple, mais avec des prérogatives bien limitées qui ne lui permettaient, en aucun cas, de rédiger et d'imposer une constitution.
Comme si un seul communiqué médiocre par semaine ne suffisait pas, le même ministère des Affaires étrangères en a publié un deuxième, vendredi 1er septembre pour s'en prendre à l'ONG « I Watch », filiale de Transparency International spécialisée dans la lutte contre la corruption.
Le communiqué du ministère laisse pantois, tant il est bourré de fautes (en arabe, en français et en anglais) et tant son contenu ressemble à ceux publiés par des administrateurs de pages Facebook stupides. Arrogant, impulsif et offensif, notre ministère des Affaires étrangères rate une nouvelle fois l'occasion de se taire. Il donne, surtout, une énième preuve que ce régime est bien médiocre et qu'il tient à le faire savoir.

Les médiocrités de la semaine du régime ne s'arrêtent pas là. Ce serait trop beau.
Samedi dernier, le ministre de l'Intérieur décide d'assigner à résidence le président du conseil de la choura (conseil consultatif) d'Ennahdha, Abdelkarim Harouni, sans présenter aucun motif légal.
Le parti islamiste est actuellement en pleins tiraillements. Il y a ceux qui veulent faire reporter le congrès électif sous prétexte que les principaux dirigeants sont en prison et ceux qui veulent l'organiser tout de suite afin d'ouvrir le parti à de nouvelles têtes et une nouvelle direction. De par sa position, Abdelkarim Harouni doit trancher entre les deux parties et c'est un secret de Polichinelle que de dire qu'il fait partie de l'aile dure qui tient à s'opposer frontalement au régime. À l'exact opposé du président provisoire, Mondher Ounissi qui cherche à trouver un terrain d'entente avec le pouvoir.
Cette volonté de s'approcher du pouvoir a provoqué la colère des caciques d'Ennahdha qui soupçonnent le président provisoire de chercher à faire un coup d'Etat au sein du parti.
Voir Ennahdha tiraillé devrait être un plaisir pour tous ses adversaires, le régime de Kaïs Saïed en tête.
En décidant, sans préavis et à deux jours de la réunion, d'assigner à résidence Abdelkarim Harouni, ce régime commet une grosse bêtise. De quoi se mêle-t-il ? C'est une querelle intestine et le régime n'a pas à s'immiscer dedans. Non seulement il se dévoile en cherchant à aider un clan contre un autre, mais en plus il donne l'image d'un régime répressif qui se mêle de ce qui ne le regarde pas !

On a fini avec les médiocrités de la semaine ? Non, loin s'en faut. Notre régime brille de tous feux pour nous en alimenter.
Un mois après son accession à la présidence du gouvernement, Ahmed Hachani a enfin tenu son premier conseil ministériel qui ressemble davantage à une réunion ministérielle qu'à un vrai conseil. Il lui a fallu un mois pour ce faire ! Mais bon, puisqu'il l'a fait, c'est déjà ça.
À l'ordre du jour de ce premier mini conseil présidé par le nouveau chef du gouvernement, la rentrée scolaire prévue dans deux semaines, les réformes du secteur de l'éducation et les crises successives qui le secouent.
D'après le ministre de l'Education, Mohamed Ali Boughidiri, la réunion a duré plus de huit heures ! Huit heures !
Dans les pays développés, les conseils ministériels dépassent rarement une heure. En France, du temps de Charles de Gaulle, ils duraient deux-trois heures. Ces conseils sont hebdomadaires, succincts et vont droit au but.
Pourquoi les conseils sont succincts ? Parce que les ministres n'ont théoriquement pas de temps à perdre dans la parlote. Parce qu'un conseil ministériel n'est pas un lieu de débat, mais un lieu d'arbitrage. Parce qu'un conseil n'est pas un lieu pour poser les problèmes, mais pour les résoudre.
« Dès lors qu'on dépasse les deux heures de temps, on cesse d'être concentré et, par-là, on cesse d'être efficace », nous explique un ancien chef du gouvernement. « C'est pour cela qu'on doit aller droit au but dès la première minute, poursuit-il, il n'y a pas de place pour la masturbation intellectuelle des uns et des autres. Les ministres doivent expliquer le problème en quelques minutes, apporter plusieurs pistes de solutions appuyées par des études et des recommandations d'experts pour que le conseil puisse arbitrer. Une fois le sujet arbitré, on passe au sujet suivant. Les sujets non arbitrés, et ils sont peu, sont reportés pour un autre conseil avec la recommandation d'apporter davantage de précisions sur tel ou autre détail. Quand un sujet est reporté, le ministre est généralement mal vu, puisqu'il n'a pas été capable d'apporter de détails suffisants pour que le conseil tranche en une seule réunion ».
Avec ce régime, non seulement on n'en est pas là, non seulement on a un conseil qui dure huit heures, mais on a quand-même un ministre qui se vante que ce conseil dure huit heures.
Monsieur le ministre, les huit heures dont vous parlez prouvent juste votre médiocrité ! Vous êtes en train de dire publiquement que vous êtes incapable de résoudre les problèmes en deux-temps trois mouvements comme cela devrait se faire !
Les huit heures dont vous parlez ne prouvent pas que vous travaillez dur, elles prouvent que vous n'avez pas travaillé suffisamment en amont pour que vos collègues et votre chef puissent trancher rapidement et ne pas perdre du temps sur un seul sujet. Un temps précieux qui aurait dû servir à résoudre les 1001 autres problèmes dont souffrent le peuple et le pays.


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