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Mehdi Jomâa échoue dans son premier test politique et joue les prolongations
Publié dans Business News le 26 - 01 - 2014

Peu après minuit, ce dimanche, le chef de gouvernement désigné Mehdi Jomâa a annoncé qu'il n'était pas en mesure de présenter la composition de son gouvernement au président provisoire Moncef Marzouki en raison du blocage persistant concernant le portefeuille de l'Intérieur. Du coup, le pays se retrouve à jouer les prolongations quand tous les indicateurs affirment que nous avons déjà dépensé notre money time. Dans ce jeu dangereux et perfide, tous sont responsables : Ennahdha, l'opposition, les syndicats de policiers, mais aussi Mehdi Jomâa et Lotfi Ben Jeddou.
Dès le départ, il était clair que le chef de gouvernement désigné avait décidé de ne pas appliquer à la lettre les dispositions de la feuille de route du Quartet concernant la non reconduction d'aucun des ministres du gouvernement sortant d'Ali Laârayedh et qu'il était décidé de garder au sein de son équipe le ministre de l'Intérieur. En aparté, son argumentation en faveur de Lotfi Ben Jeddou n'est pas dénuée de sens. Il affirme en substance que même s'il existe des ratés sur le plan sécuritaire, le ministre de l'Intérieur a accompli un travail colossal permettant d'améliorer sensiblement la sécurité dans le pays. Les difficultés qui persistent sont dues essentiellement aux blocages et aux interférences de la présidence du gouvernement. Or, ces interférences n'auront plus lieu d'être du fait qu'il laissera à Ben Jeddou les coudées franches pour mener à bien sa mission.
Seulement au lieu de concentrer ses négociations avec les partenaires du dialogue social exclusivement sur le cas Ben Jeddou, il a préféré jouer la diversion. Les indiscrétions savamment filtrées concernant l'identité du ministre du Tourisme ou le nombre des ministres reconduits visaient toutes à tâter le pouls et à faire accepter au final Lotfi Ben Jeddou comme étant le seul rescapé du gouvernement sortant. Une manœuvre qui aurait pu marcher mais qui s'est avérée improductive.
L'implication directe, ostentatoire et presque indécente des syndicats des forces de l'ordre en faveur de leur ministre n'était pas pour arranger les affaires de Ben Jeddou et lui donner un atout supplémentaire. Au contraire, cette implication a ravivé les craintes de voir revenir la dictature policière. Dans un pays qui a vécu des décennies de dictature policière, ces craintes sont largement compréhensibles et justifiées. Les observateurs les plus modérés ne s'expliquent pas la position de Montassar Materi et ses collègues de l'Union des syndicats des forces de l'ordre. La nomination d'un ministre étant une affaire strictement politique et non syndicale, tout amalgame sur ce plan pourrait briser le contrat de confiance encore fragile entre l'opinion publique et l'institution sécuritaire et conduire à des situations désastreuses.
D'un autre côté, l'acharnement des dirigeants d'Ennahdha et de leurs représentants à l'Assemblée nationale constituante à défendre le ministre de l'Intérieur sortant n'a pas aidé le chef du gouvernement désigné à défendre Ben Jeddou. En effet, la position du parti islamiste peut paraître suspecte aux yeux de ses adversaires qui doutaient déjà de l'indépendance totale du ministre de l'Intérieur et de son autonomie vis-à-vis d'Ennahdha. Cet acharnement suscite même des questions qui avaient déjà été posées auparavant sans leur trouver de réponses. Elles concernent l'implication de certains cadres du parti islamiste dans le terrorisme, l'existence au sein du ministère de l'Intérieur d'une police parallèle inféodée au parti au pouvoir et le financement occulte des partis politiques et des associations qui leurs sont proches. Lotfi Ben Jeddou ne serait-il pas la garantie d'Ennahdha pour que ces questions restent à jamais sans réponses ? Mehdi Jomâa ne s'est-il pas trouvé dans ce cas contraint de s'accorder les services de Lotfi Ben Jeddou ? Dans le clan en face, l'opposition a bien manœuvré. Le Front populaire et, derrière lui, le Nidaa ont magistralement joué leurs atouts et profité des faiblesses de leurs adversaires. Etant, dès le départ, sceptiques quant à la désignation de Mehdi Jomâa, ils ont profité du cas Ben Jeddou pour le mettre en difficulté. Ils se sont solidement cramponnés aux dispositions de la feuille de route, garantissant ainsi le soutien du Quartet. Par la suite, ils ont mis en exergue la célébration des assassinats des martyrs Mohamed Brahmi il y a exactement six mois et de Chokri Belaïd il y a juste un an. Ces deux assassinats étant les preuves irréfutables des carences sécuritaires sous l'actuel ministre de l'Intérieur. Enfin, ils ont mis au devant de la scène les veuves des deux martyrs, résolument opposées à la reconduction de Ben Jeddou.
Aux dernières nouvelles, Mehdi Jomâa a été reconduit pour former un nouveau gouvernement. Sa position aujourd'hui est plus fragile qu'hier à moins qu'il ne décide de passer en force. Ses déclarations concernant la nécessaire révision de l'article 19 des statuts de l'ANC pour écarter la possibilité de censurer les ministres à la majorité absolue le laissent présager. Il n'aura pas beaucoup de difficultés à convaincre des députés raquetteurs au sein de l'ANC qui avaient accepté samedi, toujours tard dans la nuit, un premier amendement de l'article 19 moyennant la révision de l'article 6 pour s'auto-accorder une nouvelle prime de 21 mille dinars. Rien que cela.


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