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Rafik Abdessalem : revue des casseroles de Monsieur Gendre
Publié dans Business News le 03 - 02 - 2014

Rafik Abdessalem, ancien ministre des Affaires étrangères et gendre du président d'Ennahdha devrait comparaître mardi 4 février devant le juge d'instruction pour l'affaire du Sheraton Gate. Le suspect, mis en examen, il y a quelques semaines, continue à démentir farouchement, malgré les preuves accablantes contre lui. Il se trouve cependant qu'il n'y a pas que le Sheraton Gate et que M. Abdessalem traîne plusieurs autres casseroles.
Il est loin le temps où Rafik Abdessalem disputait la palme du comique avec les députés Sonia Toumia et Brahim Gassas. Ce temps où l'on rigolait de ses phrases inégalables du style « le meilleur gouvernement de l'Histoire », « les côtes tunisiennes s'étalent sur 500 kilomètres », « Aucune force n'est en mesure de faire chuter ce gouvernement, fort de sa légitimité ! C'est le gouvernement le plus fort de l'Histoire de la Tunisie », « on a trouvé deux cadavres en état de mort » ou encore «Istanbul, la capitale de la Turquie ».
Il est également loin le temps où Rafik Abdessalem, Ennahdha et l'avocat Fethi Laâyouni criaient sur tous les toits que l'ancien ministre des Affaires étrangères n'a rien à se reprocher et est au dessus de tout soupçon.
Il y a à peine un an, Me Laâyouni déclarait à propos du Sheraton Gate que « la BCT et le ministère des Finances se sont trompés mais ont réalisé plus tard qu'il s'agissait de "fonds affectés" et qu'il n'y avait donc ni gaspillage ni mauvaise gestion».
Six mois plus tard, Ennahdha se fend d'un communiqué pour exprimer son soutien à M. Abdessalem face à la « campagne politique et médiatique trompeuse qui vise à altérer son intégrité financière et morale ». D'après le communiqué, cette campagne est orchestrée par « des forces en relation avec les réseaux de corruption et l'Etat profond en relation avec l'ancien régime avec la complicité de groupes idéologiques dont le seul but est le mensonge».
L'affaire est pourtant simple à expliquer. La Chine a fait un don d'un million de dollars à la Tunisie. Au lieu d'atterrir dans le compte du ministère des Finances, ce don a atterri dans un compte spécial géré par le ministre. Il est le seul signataire des mouvements de ce compte, alors qu'en Tunisie il faut obligatoirement une double-signature, même quand il s'agit d'une association d'oiseaux.
Aujourd'hui, l'affaire du Sheraton Gate est devant la justice et il n'y a plus moyen d'y échapper. Suite à une enquête d'investigation de la journaliste Olfa Riahi, on apprend que Rafik Abdessalem a séjourné une dizaine de nuitées au Sheraton en puisant dans ce compte. Il aurait même lavé son ligne sale aux frais du contribuable, relève Sami Remadi, président de l'Association Tunisienne pour la Transparence Financière. Le scandale éclate et la galaxie d'Ennahdha et ses inféodés réagissent au quart de tour pour défendre le gendre du cheikh. Olfa Riahi est interdite de voyage et convoquée à plusieurs reprises par le ministère public et le juge d'instruction. Dans les coulisses, on chuchotait même qu'elle allait être incarcérée. Cherchait-on à l'intimider par ces bruits de couloir ? Une chose est sûre, elle ne s'est jamais rétractée et ces manœuvres n'ont fait que l'encourager à tenir tête à l'ancien ministre. D'ailleurs, ni Olfa Riahi ni les médias nationaux et internationaux ne se sont laissé intimider par ces menaces de porter plainte. Rafik Abdessalem est allé jusqu'à dire qu'il allait engager des poursuites contre un certain nombre de « médias arabes et étrangers », par l'intermédiaire de la composition d'une « équipe d'avocats londoniens » spécialisés dans les affaires de calomnie et de diffamation. Idem du côté de son avocat tunisien Fethi Laâyouni qui a tenté à maintes reprises de faire miroiter la menace judiciaire devant les journalistes.
Si certains journalistes sont menacés, d'autres sont chouchoutés par le ministre. Une des révélations du Sheraton Gate, un montant de huit mille dinars a été déboursé (toujours du même compte) au profit du journaliste d'Al Moutawassat, Mokdad Mejri. Quand on l'a interrogé, l'ancien ministre a botté en touche refusant de s'expliquer et déclarant qu'il s'agit d'un secret d'Etat !
Si le Sheraton Gate est le scandale dont on parle le plus à propos de Rafik Abdessalem, vu qu'il est poursuivi en justice sur ce dossier, cela n'empêche pas qu'il traîne d'autres dossiers compromettants que l'actuel ministre des Affaires étrangères devrait tirer au clair, afin de ne pas être mêlé à ses histoires.
Il y a d'abord ces centaines de passeports diplomatiques octroyés aux députés de l'ANC et à plusieurs chefs de partis. Sur quelle base a-t-il octroyé ces passeports et pourquoi ? Aucune poursuite administrative ou judiciaire n'a touché, pour le moment, ce dossier.
On se rappelle également des propos mensongers de Rafik Abdessalem contre une diplomate tunisienne de longue carrière, Zohra Ladgham, et ce, quelques jours seulement avant qu'il ne quitte le pouvoir. L'ancien ministre accusait sa subordonnée d'ébriété dans un endroit public, tout en annonçant, dans la foulée, son limogeage. Il a déclaré avoir diligenté une enquête et détenir des preuves quant à son arrestation par la police finlandaise en état d'ébriété. Propos mensongers, comme le confirment, par la suite, de hauts responsables du ministère qui disent qu'il n'y a jamais eu d'enquête. D'après des personnes bien informées, Rafik Abdessalem cherchait tout simplement à libérer ce poste à Helsinki pour y placer un des siens.
Ni la justice, ni l'opposition ne se sont saisis de cette affaire pour exiger que Rafik Abdessalem réponde de ses méfaits et pour rétablir l'honneur sali de Mme Ladgham. Près d'un an après, plus personne ne parle de l'incident.
Le dernier scandale en date a éclaté la semaine dernière avec ces abus dans les frais de mission. Cent vingt mille dinars au compteur du ministère. A ce montant, on ajoute quelque trente-deux mille dinars de dépassements des plafonds autorisés dans les communications téléphoniques.
A entendre les différents responsables d'Ennahdha, Rafik Abdessalem n'a rien fait de mal. Il n'y a que Noureddine Bhiri qui a fini par admettre, du bout des lèvres, que l'ancien ministre a bien commis des méfaits, mais que ces derniers ne méritent pas d'être poursuivis en justice. Comme a dit un jour le « très intègre » Mohamed Abbou, il suffit qu'il paie pour qu'on n'en parle plus.
Vu l'ampleur du scandale, il est très difficile que Rafik Abdessalem s'en tire à bon compte, même s'il a remboursé le million de dollars du don chinois et même s'il rembourse les 152.000 dinars réclamés par son ministère.
Toujours est-il que certains observateurs continuent à douter de l'indépendance de la Justice et rappellent que si Rafik Abdessalem courrait le moindre risque, il ne serait pas rentré en Tunisie. D'ailleurs, il n'a jamais été interdit de voyage, contrairement à la journaliste qui a fait éclater le scandale. Et cette interdiction est, en soi, un scandale à part !


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