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Futur président : Les Tunisiens à la recherche de la perle rare
Publié dans Business News le 11 - 08 - 2014

La saison des élections approche à grands pas. En première étape les législatives, ensuite la présidentielle. Pour certains électeurs, le choix ne semble pas être facile, notamment celui du futur président du fait de la forte symbolique associée à cette fonction. Pour d'autres en revanche, les choses ont l'air d'être plus claires. Pour la première élection présidentielle d'après-révolution, le profil du « bon président » est tracé sans la moindre ambigüité dans leurs esprits. Quelles doivent être les qualités d'une personne qui se présente à ce poste ? Business News s'est déplacé à l'artère principale de la ville de Tunis, l'avenue Habib Bourguiba, pour recueillir le temps d'un micro-trottoir les différentes réponses données par les Tunisiens. Fort, jeune, déterminé, intègre et bien d'autres vertus, c'est en vrac ce que les Tunisiens semblent demander.
Assis à la terrasse d'un café, Aymen 32 ans, nous présente ainsi son point de vue : « Un bon président doit avoir un discours cohérent et une vision claire. Il doit savoir où il va et comment y aller. Il doit également être égal à lui-même et non changer de couleur en accord avec la situation, tel un caméléon. Un autre critère aussi important : il faut qu'il soit un fervent défenseur de la civilité de l'Etat et de l'indépendance de la Justice » a-t-il dit. Et de poursuivre « Personnellement, je compte voter pour une femme. Je pense que, dans ce contexte culturel où le poste de président est communément entendu comme masculin, on aura réussi un grand défi si une femme était élue à la tête de l'Etat. Je regrette que des partis se voulant progressistes et modernistes, à l'instar d'Al Joumhouri, ne se soient pas inscrits dans ce choix. Manifestement, ils ne mettent pas leurs actes en conformité avec leurs discours. Ils se servent de la femme comme décor pour embellir leur image politique tout comme les autres partis portant une étiquette différente ».
Dans la table à côté, Salah, ingénieur, s'est exprimé sur ce sujet de manière assez ordonnée et claire : « Premier critère, il faut qu'il soit jeune et ne dépasse pas 75 ans. Deuxième critère, il faut qu'il soit en bonne santé et ne souffre d'aucune maladie chronique ou de problème de vessie. Et à ses fins, il doit se soumettre à un examen médical. Troisième condition, il doit être cultivé et posséder de hauts diplômes. Aussi, il faut qu'il s'engage à ne pas nommer ses proches dans des postes politiques. Enfin, en dernier critère, il ne doit pas avoir contribué d'une quelconque manière à l'élaboration des politiques de Ben Ali ou de Bourguiba. Quant au programme, ce n'est nullement important qu'il en ait un puisqu'il s'agit d'une fonction honorifique sans pouvoirs réels » lâche-t-il.
Radhouane, 32 ans, directeur d'une PME, nous a donné une réponse qui en résume beaucoup d'autres : « Un homme à fort caractère qui force le respect des pays étrangers et de ces concitoyens. Il doit aussi savoir prendre les bonnes décisions en tenant compte de la situation du pays et des conditions difficiles des gens. Qu'il soit à l'écoute de tout le monde : les personnes de son camp comme celles qui s'opposent à sa politique. Il faut qu'il soit également indépendant politiquement, c'est-à-dire n'appartenant à aucun parti, car avec un gouvernement et un président de la République issus tous les deux de partis politiques, on perdra notre temps dans des querelles interminables et futiles».
Sur le trottoir d'en face, Taïeb, un sexagénaire à la retraite, aspire à un président qui rappelle les citoyens à l'ordre : « Je pense que nous avons besoin d'un président qui puisse rendre à l'Etat son prestige et à la diplomatie son aura d'antan et surtout nous débarrasser définitivement du terrorisme. Puisque l'armée sera sous ses ordres, c'est à lui donc qu'il revient de purger les montagnes et les villes des hordes salafistes. Nous aurons également besoin d'un homme fort, intransigeant et autoritaire pour faire régner la discipline et mettre fin à l'anarchie qui sévit dans le pays depuis la révolution. On en a assez des vendeurs qui étalent leur bric-à-brac dans les rues et du banditisme des syndicats qui déclarent les grèves avec ou sans raison. On veut quelqu'un qui soit capable d'arrêter ce cirque !».
Lamia, 28 ans, travaille dans une compagnie d'assurance. Elle voit la question d'un autre œil : « D'abord, il faut qu'il soit doté d'un fort caractère et il doit être persuasif dans ses arguments, honnête et sincère, car c'est ainsi qu'il pourrait inspirer confiance. Autre qualités indispensables : optimiste, tolérant et démocrate ». La jeune femme estime aussi que le président doit être « assez jeune et avoir, idéalement, la quarantaine pour bien résister physiquement aux longues heures de travail ».
En dehors d'un jeune âge, sur lequel nombreux citoyens s'accordent, et une « force de caractère » non négociable, le président de la République devra aussi « rester à l'écart de la présidence du gouvernement », estiment certains. En effet, Slim, 49 ans, banquier, préfère un président qui se limite à ses fonction et ne s'ingère pas dans le travail du chef du gouvernement : « Etant donné que la Constitution accorde des prérogatives limitées au président, celui-ci ferait mieux de s'occuper de ses petits devoirs et laisser le gouvernement faire son boulot. Je veux dire par là qu'un bon président serait celui qui agit dans les limites des attributions qui lui sont conférées et ne chercherait pas à faire parler de lui en nous gavant de discours comme c'est le cas aujourd'hui… Grand parleurs, petits faiseurs, dit l'adage. Sinon, il doit tâcher de bien représenter la Tunisie dans les cérémonies officielles à l'international, et ce en respectant bien sur le code vestimentaire du chef d'Etat et en évitant les discours offensant les responsables des autres pays».
Amina, 25 ans, télé-conseillère, semble avoir une position bien tranchée comparée aux autres interlocuteurs. « Je n'ai pas de critères particuliers, mais je sais très clairement pour qui je ne voterai pas. Je ne veux pas un président instable qui change de position comme de chemise ou qui soit de ce camp-ci aujourd'hui puis en change le lendemain. Je n'ai pas également confiance en un candidat qui met tout et son contraire dans un seul programme. Pour moi, s'il fait ça, c'est qu'il cherche à tromper les électeurs et que c'est donc un menteur. Par ailleurs, il ne doit pas souffrir de problèmes d'égo pour pouvoir travailler en complémentarité et non en compétition avec le gouvernement» pense-t-elle.
Autrefois, au pays de "al amn wal aman" (NDLR : la sécurité et la sûreté, selon les propos de l'ancien président Ben Ali), la présidentielle ressemblait à un match ennuyeux sans surprise ni enjeux. Les gens n'y accordaient pas ou presque d'importance. Le président sortant était toujours largement vainqueur. Aujourd'hui, la révolution a fait que les résultats de la présidentielle ne sont plus connus d'avance et la concurrence entre les candidats y est assez forte. Cependant, il reste un deuxième passage à réaliser. Celui de la démocratie vers la croissance économique. Franchir cette étape est conditionné par le bon choix des électeurs. Comme disait Edouard Pailleron : « On dit qu'au fond d'une urne habite l'espérance… ».


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