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Cinq ans après la Révolution et la lutte continue...
Publié dans Business News le 15 - 01 - 2016

Cinq ans depuis la chute de l'ex-président Zine El Abidine Ben Ali, un certain 14 janvier 2011, et la transition de la Tunisie vers une nouvelle ère de liberté et démocratie, sont déjà passés. Cinq ans et le pays a dû inévitablement changer aussi bien sur le plan politique, social ou culturel. Cinq ans déjà écoulés depuis la Révolution, et les Tunisiens ne cessent de réclamer leurs droits à la liberté, la dignité, et la justice sociale. Cinq ans sont passés depuis le 14 janvier 2011 mais que reste-t-il de la Révolution. L'anniversaire du 14 janvier 2016 était l'occasion de sonder les Tunisiens à ce sujet.

Dans une ambiance pacifique, l'avenue Habib Bourguiba a été marquée au premier abord par la venue d'une foule moins nombreuse que les années précédentes, et par une humeur plus festive qu'auparavant. La foule a commencé à se rassembler, mais en groupes séparés. Un groupe d'une centaine de personnes a occupé le centre de l'avenue, faisant la promotion d'un nouveau parti se réclamant de gauche dénommé « Al Mithak ». Non loin d'eux, un autre groupe de quelques dizaines de manifestants de Hezb Ettahrir a défilé avec les drapeaux noirs, en famille, et parfois entre amis.

Une forte présence des syndicats des forces de la sécurité devant le ministère de l'Intérieur pour réclamer leurs droits aux augmentations salariales et pour rendre hommage à leurs collègues, victimes des derniers attentats. Le ministre de l'Intérieur a été hué par les cris d'insatisfaction de la part des forces de sécurité, et des cris de « Dégage » après ce qu'ils ont considéré comme du mépris de la part du ministre.

« Le nouveau ministre de l'Intérieur refuse de se recueillir devant le mémorial des martyrs de la sécurité. C'est un signe de mépris vis-à-vis de nos collègues et de nos sacrifices » a déclaré l'un des manifestants du syndicat des forces de sécurité intérieure.
Le ministre de l'Intérieur, pour sa part, a été reçu dans le palais présidentiel de Carthage dans une cérémonie pour célébrer cinq ans depuis la révolution. Entre temps, L'ambiance festive a continué à l'avenue Habib Bourguiba où les manifestants ont brandit le drapeau tunisien.
Vers 11 heures du matin-même, les leaders du Front populaire et Al Massar ont manifesté dans une marche tout au long de l'avenue Habib Bourguiba. Ils étaient l'un à coté de l'autre dans un geste symbolique pour mettre en exergue l'union de la Gauche.
« Après cinq ans de la révolution, on n'a absolument rien gagné ! Le pays est menacé par le terrorisme, les prix ont augmenté, le taux de pauvreté a grimpé. Et on a certainement plus de chômeurs qu'avant ! Où va-t-on avec cette injustice sociale ? » a demandé une manifestante d'une quarantaine d'années.
« Les gens ont sacrifié leurs vies depuis le 17 décembre 2010 pour la liberté, la dignité et la justice sociale. Ceux là étaient les slogans de notre révolution. Mais que reste-t-il de la révolution ? Que reste-t-il de ces slogans ? Rien ! Que des promesses éphémères lors des élections. » a-t-elle-ajouté.

L'intrusion du terrorisme et la vulnérabilité de la situation économique et politique ont marqué les cinq ans écoulés depuis la révolution. Les manifestants, par contre, semblent fiers de ce que la Tunisie a accompli par rapport aux autres pays, comme la Syrie déchirée par la guerre civile. Ceci dit, les revendications de justice sociale et de dignité étaient visibles sur presque toutes les pancartes des manifestants.

« C'est vrai qu'on a obtenu la liberté d'expression, mais on ne peut guère parler de la dignité dans un pays qui emprisonne ses jeunes au nom de l'article 230 et de la loi 52 » nous a déclaré un jeune d'une vingtaine d'années, visiblement énervé. « La lutte contre toutes les formes de la dictature continue. On va y aller jusqu'au bout. On ne va pas céder » a-t-il ajouté.

A côté, un groupe minoritaire d'une dizaine de jeunes personnes a défilé avec des pancartes qui dénoncent l'article 230, exigeant la dépénalisation de l'homosexualité.
Le cinquième anniversaire de la révolution est assombri par des revendications de justice sociale, de dignité, et plus de libertés et de respect des droits de l'Homme. La révolution fête son cinquième anniversaire alors que le volet socio-économique n'a pas avancé d'un pas sous l'emprise des tiraillements politiques.

En dépit de ces tiraillements politiques, et «malgré le bilan lourd de tous ces militants qui ont sacrifié leurs vies pour la patrie et les prix qui augment d'un jour à l'autre, la Tunisie est bel et bien sur la bonne voie » a déclaré un manifestant trentenaire du Front populaire.
De loin, les manifestants de Ennahdha ont occupé la moitié de l'avenue Habib Bourguiba avec environ 5 mille personnes, venues pour exprimer leur allégeance et leur loyauté pour leur parti. « Longue vie à Ennahdha » ainsi criait la foule, tout en suivant attentivement les jeunes leaders du parti qui sont venus, un par un, prononcer quelques mots sur une scène aménagée à l'avenue Habib Bourguiba.
« On est fiers de notre parti. Après cinq ans de la révolution, nos leaders ont tenu leurs paroles. Le parti est plus fort qu'avant et on continuera toujours à le soutenir » a déclaré une manifestante quadragénaire.
Cinq ans après la révolution, différents mouvements et différents partis ont occupé l'avenue Habib Bourguiba, représentant une mosaïque de la société tunisienne post-révolution. « On doit du dur travail et de la loyauté à notre Tunisie. Le chemin est long, certes. Mais la bataille continue contre l'injustice sociale, la pauvreté et la précarité. On ne doit pas laisser les tiraillements politiques et idéologiques nous diviser. J'ai encore de l'espoir » a souligné une jeune manifestante d'une vingtaine d'années.

Après cinq ans de la révolution, le principal acquis reste la liberté d'expression à l'unanimité des manifestants. Cependant, le cinquième anniversaire de la Révolution est encore assombri par l'injustice sociale, le chômage, l'instabilité politique et les tiraillements idéologiques. La revendication principale, toutefois, est celle d'appréhender la réalité politique et sociale, organiser les priorités pour aider le pays à surmonter ses difficultés présentes et futures et travailler sur les exigences principales de la révolution qui ont été sacrifiées sur l'autel des soucis politiques.


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