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Hamouda Ben Slama parle de Rached Ghannouchi, Zine El Abidine Ben Ali et Kamel Letaïef
Publié dans Business News le 24 - 05 - 2016

Dans une longue interview réalisée par Taoufik Ayachi et publiée mardi 24 mai 2016 par l'hebdomadaire arabophone Akher Khabar, l'ancien ministre Hamouda Ben Slama a levé le voile sur un pan de l'Histoire tunisienne en parlant des relations entre l'ancien président Zine El Abidine Ben Ali et les islamistes.
Issu du Mouvement des démocrates socialistes et proche des islamistes, M. Ben Slama a été ministre de la Jeunesse sous Ben Ali, avant d'être remercié. Après la révolution, il a été vu à plusieurs reprises dans les meetings d'Ennahdha et il a continué à être proche des islamistes et, particulièrement, de Rached Ghannouchi.

D'après son témoignage, et en attendant son autobiographie qu'il prépare actuellement, Ben Ali a cherché dès 1989 à normaliser les relations avec les islamistes et a refusé d'user de violence contre eux. Il rappelle que c'est lui qui s'est opposé à la pendaison de Rached Ghannouchi qui devait être condamné à la peine capitale le 9 novembre 1987 avec plusieurs autres dirigeants de son parti. M. Ben Slama indique cependant qu'il pense que c'est Ben Ali qui a fait monter la tension avec les islamistes afin de pouvoir paraitre comme étant leur seul défenseur.
Après le 7-Novembre, l'ancien président a envoyé, via Hamouda Ben Slama un message rassurant aux islamistes affirmant qu'il va redonner à l'islam sa place dans l'espace public, l'enseignement et les médias. Il a transformé immédiatement ses paroles en actes en les libérant des prisons, en les rétablissant dans leurs emplois d'origine et en leur rendant les passeports.
Hamouda Ben Slama a continué ensuite à jouer les émissaires entre le régime et les islamistes et ce en accueillant à son bureau à l'avenue de la Liberté à Tunis des réunions entre Rached Ghannouchi, Abdelfattah Mourou et Hamadi Jebali d'un côté et Moncef Rouissi et Abderrahim Zouari de l'autre.
Ces réunions se déroulaient sous les ordres de Ben Ali et sans même que le ministre de l'Intérieur de l'époque, Habib Ammar, ne soit au courant. « Ignorez-le ! », aurait affirmé Ben Ali. Ce début de normalisation avec les islamistes n'était pas au goût de plusieurs ministres de l'époque, dont Habib Ammar et Hédi Baccouche, à l'époque Premier ministre. « Le seul proche qui poussait à une normalisation des relations entre le pouvoir de Ben Ali et les islamistes était Kamel Letaïef vers qui je me dirigeais systématiquement quand les négociations étaient bloquées », témoigne M. Ben Slama.

Ces réunions ont fini, en dépit de tout, par aboutir à certains consensus comme par exemple la proposition de l'ancien président pour que les islamistes participent aux législatives de 1989. Il était question alors d'ouvrir la chambre des députés, à hauteur de 20%, aux non-destouriens. Sur ces 20%, il a été convenu que les islamistes obtiennent entre 4 et 5 sièges ce qui été fortement bien accueilli par Rached Ghannouchi. « Tout ce qu'il nous donne sera le bienvenu », a affirmé alors l'actuel président d'Ennahdha.

C'est durant la campagne que tout a changé et que la situation s'est détériorée, Ben Ali a constaté la force de mobilisation des islamistes et a eu peur qu'ils fassent un raz-de-marée durant les élections et ne respectent pas le deal initial des 4-5 sièges. « Il a donc été poussé à falsifier les élections et à rompre son engagement », témoigne M. Ben Hamouda qui précise que les islamistes auraient pu, très facilement, obtenir 30% à 40% des sièges.
Après cette falsification, les islamistes se sont présentés en victimes et ont dénoncé Ben Ali. Quant à ce dernier, il a profité des listes électorales et des listes d'observateurs pour lancer une vaste campagne d'arrestations parmi eux. On a alors compris que c'était un stratagème de Ben Ali pour dévoiler les cellules dormantes qui travaillaient dans le secret absolu.

Ben Ali a choisi d'arrêter par la suite les négociations et d'user de la méthode répressive après les attentats de Bab Souika.
Le véritable affrontement est venu après l'arrivée de Abdallah Kallel et Hamed Karoui qui avaient une position anti-islamiste notoire, d'après M. Ben Slama. Ben Ali a nommé au ministère de l'Intérieur Abdallah Kallel à la place du général Abdelhamid Echeikh qui refusait catégoriquement la méthode répressive de Ben Ali pour affronter les islamistes. Dans les deux camps, il y avait ceux qui étaient pour les méthodes fortes et ceux qui voulaient pacifier la situation, à l'instar de Abdelfattah Mourou qui a condamné fermement les attentats de Bab Souika.

Quant à Hamouda Ben Slama, il est tombé en disgrâce en février 1991, considéré comme islamiste, et a dû rejoindre l'opposition, alors qu'il était parmi les six candidats à occuper le poste de secrétaire général du RCD, d'après ce que lui a rapporté Kamel Letaïef. « Ceci a profité à la gauche dont certaines figures ont pu occuper des postes ministériels, à l'instar de Mohamed Charfi et Dali Jazi. Les relations avec les communistes se sont également améliorées après cela et Mohamed Harmel a été l'envoyé spécial à Bruxelles pour défendre la politique de Ben Ali, tout comme Ahmed Néjib Chebbi », témoigne Hamouda Ben Slama.
Pour ce qui est de la fuite de certaines figures islamistes à l'étranger, Hamouda Ben Slama indique qu'il n'a pas été mêlé à cela et qu'il n'en était même pas informé, mais il croit qu'il y a eu des négociations entre Ben Ali et les islamistes, à travers des milieux sécuritaires, pour faciliter l'évasion. «Je doute très fort qu'ils aient fui secrètement », a précisé l'ancien ministre.

Après le 14 janvier, Hamouda Ben Slama a été considéré comme figure de l'ancien régime, alors qu'il a quitté le ministère depuis 1991 et « alors que plusieurs opposants et personnalités politiques avaient des relations d'une manière ou d'une autre avec Ben Ali », indique-t-il.
L'ambiance « révolutionniste » post-14 janvier a envahi la scène et les islamistes ont adopté ce langage. « C'est pour cela qu'ils ne se sont pas aventurés à tisser des liens avec moi, bien qu'ils admettaient que je les ai aidés et défendus », témoigne M. Ben Slama qui accuse Mustapha Ben Jaâfar d'être parmi ceux qui étaient gênés de le voir revenir sur la scène, parce qu'il représentait une sorte de menace.


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