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Le limogeage de Chedly Ayari sert la patrie, mais pas les partis
Publié dans Business News le 14 - 02 - 2018

Séance houleuse attendue jeudi 15 février 2018 à l'ARP avec, au programme, l'examen de la proposition du président de la République, soumise par le chef du gouvernement, de limoger le gouverneur de la BCT. Une proposition qui divise les partis, voire les députés d'un même parti, puisqu'ils n'ont aucun intérêt à aider un chef du gouvernement à la popularité en incessante croissance.

Pour leur vote du jeudi 15 février, les 217 députés de l'Assemblée des représentants du peuple (ARP), sont entre le marteau et l'enclume. Quelle que soit la décision qu'ils vont prendre, limoger ou pas Chedly Ayari, gouverneur de la Banque centrale de Tunisie (BCT), ils vont être perdants, ainsi que leur parti. Ceci est valable aussi bien pour ceux de la coalition gouvernementale (Nidaa, Ennahdha…) que ceux de l'opposition (FP) ou ceux qui ont le cul entre deux chaises (Machroûu, Afek…).
Si les députés accèdent à la volonté de Youssef Chahed en limogeant Chedly Ayari, le chef du gouvernement va pouvoir continuer ses différents programmes dont plusieurs se trouvent bloqués à cause de la BCT. Cela va servir, inévitablement, l'image d'un chef du gouvernement qui se trouve troisième dans les sondages et véritable adversaire sérieux aux chefs de partis de ces députés.
S'ils refusent sa proposition, ils seront une nouvelle fois la cible des accusations de l'opinion publique, prise à témoin par Youssef Chahed, qu'ils sont à la source de tous les maux de ce pays avec leurs blocages des différentes propositions importantes. Pire, la suspicion quant à leur implication dans des affaires douteuses se retrouve grandie.

A la veille de ce vote déterminant, qu'on peut considérer comme un véritable tournant dans la vie politique tunisienne, les députés paraissent hésitants. Doivent-ils servir la patrie ou les partis ?
C'est un secret de Polichinelle que de dire que la BCT est infestée de hauts cadres fortement politisés et de tendance plutôt islamisto-révolutionnaire. C'est également un secret de Polichinelle que de dire que les ONG et les partis bénéficient de centaines de milliers de dinars de financements étrangers transitant par le système bancaire tunisien, sans pour autant que la BCT ne réagisse. C'est aussi un secret de Polichinelle que de dire que l'ensemble du système bancaire tunisien vit encore au Moyen-âge à cause de la BCT et des lois en vigueur. Alors que le paiement par mobile et différents moyens de haute technologie se généralisent de plus en plus dans le monde, les Tunisiens continuent encore à utiliser essentiellement du cash dans leurs transactions, y compris celles à gros montants. Il n'est pas du tout rare, en Tunisie en 2018, d'acquérir un bien immobilier ou une voiture en payant en espèces.
La porte ouverte à la corruption et le blanchiment d'argent ? C'est exactement cela et c'est entre autres pour ça que le GAFI a mis la Tunisie dans la liste noire des pays ….
Chose qui ne semble pas trop déranger l'octogénaire qui, on dirait, vit dans une autre époque et ne donne pas l'importance et la crédibilité requises à ce groupe et aux organismes internationaux en général. Mercredi 14 février 2018 devant la commission des finances il s'interrogeait sur le droit du GAFI de noter la Tunisie et prend à témoin certains parlementaires européens qui ont émis cette réserve.
Devant la même commission, M. Ayari évoque plusieurs courriers envoyés au gouvernement pour leur parler du risque de voir la Tunisie classée négativement. Vérification faite, et à propos du Gafi précisément, il disait tout le contraire et minimisait carrément les risques de voir la Tunisie classée sur une liste noire. En décembre 2013, c'est lui qui a demandé à l'agence de notation internationale Standard & Poor's de ne plus noter la Tunisie. Il n'a même pas consulté l'avis du ministre des Finances de l'époque, Elyes Fakhfakh, qui a été surpris de découvrir, dans les médias, l'annonce.
Fin janvier 2018, il a brillé par son absence à une conférence co-organisée par le Maroc et le FMI à Marrakech, alors qu'il devait y être aux côtés de Youssef Chahed. Plusieurs jours avant le jour J, il a annoncé être malade, alors qu'il rentrait d'un déplacement à l'étranger.
En bref, le gouverneur imposé à l'époque par la troïka pour céder à un caprice de Moncef Marzouki qui tenait à limoger Mustapha Kamel Nabli, n'a pas du tout brillé et son passage fut catastrophique aussi bien pour la BCT, que pour la Tunisie. Le classement du Gafi a été la goutte qui a fait déborder le vase, même si tout le monde s'accorde à dire que ce classement honteux n'est pas de la seule responsabilité du gouverneur et de la BCT. Le gouvernement aussi a sa part d'erreur.

Cette goutte a poussé Youssef Chahed à demander son remplacement et sa proposition fut acceptée de suite par Béji Caïd Essebsi. Pour qu'elle soit effective, elle doit être validée par le parlement et c'est là où le bât blesse, car les députés n'ont pas vraiment intérêt à le limoger.
Du côté d'Ennahdha, qui l'a nommée à l'époque, Chedly Ayari est celui qui a placé plusieurs des leurs dans des postes-clés de la BCT. Plusieurs parmi les membres du bureau exécutif du parti ont opposé fermement leur refus à ce limogeage lors d'une réunion tenue vendredi dernier. Le député nahdhaoui Mohamed Ben Salem figure parmi ceux qui mènent toute une campagne pour son maintien, estimant que son limogeage serait une grave erreur. Il n'y a que le camp des proches de Rached Ghannouchi qui ne veulent pas désavouer le chef du gouvernement et le président de la République et « respectent » le pacte de Carthage.
Du côté de Nidaa, on est encore plus divisés. Sofiène Toubel, chef du bloc, va suivre la ligne dictée par son « patron » Hafedh Caïd Essebsi qui ne porte pas du tout dans son cœur le chef du gouvernement, « son meilleur ennemi ». Un désaveu du chef du gouvernement aiderait énormément HCE à demander, voire exiger, sa démission. La porte lui sera ainsi grande ouverte pour nommer les siens au gouvernement et placer, éventuellement, Salma Elloumi (ou un autre de ses proches) à la Kasbah. Ce camp est aidé, dans la même direction, par un autre camp adverse au sein de Nidaa, celui de Fadhel Omrane qui a adressé lundi dernier un courrier officiel au président du parlement contestant la convocation même du gouverneur.
Du côté d'El Machroû, on trouve également deux camps. Celui de Mohsen Marzouk qui refuse le limogeage dans l'objectif de désavouer le chef du gouvernement et fragiliser cet adversaire sérieux. Un Youssef Chahed qui gagne est inévitablement synonyme d'un Mohsen Marzouk qui perd. Et puis il y a l'autre camp d'El Machroû, celui de Sahbi Ben Fredj et Leïla Chettaoui qui, d'ailleurs, ne trouvent quasiment plus de grâce aux yeux du fondateur. Toutes leurs activités sont blacklistées sur la page officielle du parti. M. Ben Fredj ne va pas par quatre chemins et déclare clairement que ni l'âge, ni la formation, ni l'esprit de Chedly Ayari ne lui permettent de suivre la révolution financière et monétaire internationales.

Cette division des députés pose de véritables interrogations sur l'issue du vote du jeudi 15 février. Que se passera-t-il si Chedly Ayari reste et que Youssef Chahed est désavoué ?
A la Kasbah, on balaie d'un revers ces craintes et on estime qu'il n'y a aucun doute sur le limogeage. « Ni les députés d'Ennahdha, ni les députés de Nidaa n'oseront désavouer le président de la République », nous dit un conseiller avec beaucoup d'assurance. Et si la manœuvre est dirigée directement par Carthage ? « Jamais ! Le président de la République n'a jamais cessé de soutenir le chef du gouvernement et ce n'est pas ainsi qu'il s'y prendrait ! ».

Cette assurance quant à l'issue du vote n'est pas visible par tout le monde à Tunis et plusieurs émettent des craintes quant à un refus de limogeage de Chedly Ayari. Le positionnement de Mohsen Marzouk et le silence bruyant de Nidaa laissent penser que BCE est en train de manœuvrer contre son protégé devenu un peu trop populaire.
Dans ce cas, et si on veut être une démocratie qui se respecte, cette claque des députés doit être accompagnée de suite par une démission du chef du gouvernement. Une démission qui ne saurait pas ne pas se faire accompagner par un discours clair et en langage simple adressé au peuple tunisien pour le prendre à témoin. Il a essayé d'en finir avec la corruption et le blanchiment d'argent, mais ce sont les députés qui refusent. Les mêmes qui ont refusé, jusque-là, de lui faire passer des lois stratégiques destinées à en finir avec ce fléau, à l'instar des lois relatives à l'enrichissement illicite, à limiter l'usage du cash dans les transactions et à le plafonner… Il pourrait même évoquer certaines affaires qui trainent encore devant les tribunaux ou encore les dossiers mal ficelés par le Contentieux de l'Etat qui obligent les juges à prononcer des non-lieux pour vice de forme contre des personnes à la culpabilité certaine.
En cas de désaveu parlementaire, et en prenant l'opinion publique à témoin devant ses indéniables efforts rendus caducs par le système et par les députés, Youssef Chahed peut transformer son échec face à Chedly Ayari en une victoire politique lui ouvrant une voie royale pour une « Nouvelle République en marche vers 2019 ». Même sans un appui de parti, il pourra réussir face aux dinosaures comme l'a fait avant lui un certain Emmanuel Macron...


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