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Ridha Belhaj se dresse contre Rached Ghannouchi
Publié dans Business News le 20 - 07 - 2018

Photo prise le 25 février 2016 à l'occasion de la présentation du livre de Abderrazek Kilani
L'une des principales qualités que doit avoir un politicien est de durer et de s'accrocher, de continuer d'exister quoi qu'il arrive. On se doit de le reconnaitre, Ridha Belhaj a cette qualité. Après une sortie tumultueuse du palais de Carthage, le voilà qui rebondit à Nidaa Tounes après un passage à vide à la tête d'un parti appelé « Tounes Awalan ». Il se pose aujourd'hui un challenge non négligeable, celui de « contrer le projet d'Ennahdha et de Chahed ».

« Les deux partis au pouvoir (NDLR : Ennahdha et Nidaa) dominent l'administration et les forces démocratiques modérées sont en train de lutter contre ceci », voilà ce que disait Ridha Belhaj en marge de la campagne pour les municipales. Les critiques virulentes qu'il avait formulées à plusieurs reprises contre Nidaa Tounes et son alliance avec Ennahdha ne semblent pas avoir pesé bien lourd quand il s'est agi de rentrer au bercail et de redevenir un membre de la « grande maison ». Une nouvelle qui attristera sûrement les petites milices électroniques de Nidaa Tounes et ses fidèles groupies qui avaient excellé, pendant des mois, dans l'insulte et la moquerie sur le compte de Ridha Belhaj.
Au-delà de ce manque de cohérence, somme toute habituel, le retour de Ridha Belhaj à Nidaa Tounes a suscité des réactions presque épidermiques parmi certains de ses anciens compagnons. Citons par exemple Lazhar Akremi qui a écrit, le 19 juillet 2018, que Ridha Belhaj est revenu pour soutenir Hafedh Caïd Essebsi et la famille. Il a ajouté que le même Ridha Belhaj était derrière le renvoi des dirigeants de Nidaa en 2015, que c'était lui qui a encadré personnellement les réunions parallèles de Kairouan et de Djerba, que c'est lui qui a saboté le congrès de Sousse et c'est lui qui a organisé les violences contre la direction légitime du parti le 1er novembre 2015. Il a conclu par une question pertinente en se demandant comment Ridha Belhaj pourrait réorganiser Nidaa Tounes alors qu'il n'a obtenu aucun résultat avec Tounes Awalan.
De son côté, le député et ancien leader de Nidaa Tounes, Mondher Belhaj Ali, s'est montré moqueur et a comparé Nidaa tounes à un club de football qui recruterait des stars pour gagner. « Nidaa croit recruter Cristiano Ronaldo en ramenant Ridha Belhaj ! », a-t-il ironisé. Ensuite, il a exprimé des doutes sur la compétence de Ridha Belhaj pour préparer le prochain congrès de Nidaa Tounes alors qu'il est responsable du fiasco total qu'a été celui de Sousse. Autre ancien membre actif de Nidaa Tounes, Karim Baklouti Barketallah, lui a consacré une tribune publiée sur nos colonnes.

Il est clair que le retour de Ridha Belhaj au bersail de Nidaa Tounes n'est pas motivé par des raisons idéologiques ou pour mettre en place une philosophie politique. Homme de réseaux et d'intrigues, l'ancien avocat se révèle très précieux lorsqu'il y a une guerre à mener. Il avait déjà montré son efficacité à ce jeu en étant le directeur exécutif de Nidaa Tounes pour ensuite remporter les élections de 2014.
Aujourd'hui, la guerre oppose Hafedh Caïd Essebsi et son clan à Youssef Chahed, soutenu par Ennahdha. Un soutien qui ressemble à un chantage mais un soutien quand même. C'est ce que l'intéressé lui-même a déclaré aujourd'hui, 20 juillet 2018, sur les ondes de Mosaïque FM. Il a même dessiné les contours de sa nouvelle mission à Nidaa Tounes : empêcher l'érosion du parti et protéger Hafedh Caïd Essebsi contre toute tentative de putsch qui le viserait. Il a déclaré : « Il est clair que l'instance politique, orchestrée par Youssef Chahed et Ennahdha, œuvre à s'emparer du parti au profit de Youssef Chahed et je suis revenu afin de mettre fin à cette tentative ». Etant l'un des plus grands artisans de l'ascension fulgurante de Hafedh Caïd Essebsi à Nidaa Tounes, Ridha Belhaj paraît bien placé pour remettre la main sur les appareils du parti et surtout remettre en marche les mécanismes qui ont permis d'éloigner, dans un premier temps, les éléments non coopératifs, et dans un deuxième temps de verrouiller le parti. Cette réorganisation supposée semble passer obligatoirement par un congrès qu'organisera M. Belhaj pour donner enfin une légitimité au leadership actuel du parti avec à sa tête, Hafedh Caïd Essebsi. Entre temps, il ne faut faire en sorte que Youssef Chahed n'incarne pas le Nidaa Tounes de 2014, et ceci passe par le fait d'empêcher que les anciens de Nidaa s'organisent, d'où l'attaque inédite contre l'instance politique. Et pour parvenir à cela, le premier des réflexes est d'accuser Ennahdha et Rached Ghannouchi en jouant (encore) sur la peur des islamistes et le principe du vote utile. Il faut aussi éviter l'érosion du bloc parlementaire de Nidaa Tounes et faire en sorte qu'il reste, autant que possible, anti Youssef Chahed. Pour ce faire, Ridha Belhaj aura maille à partir avec un autre des poids lourds du parti, Sofiène Toubel, président du groupe parlementaire.

La mission de Ridha Belhaj est loin d'être facile. Redonner de l'influence et du pouvoir à un parti gangréné par l'opportunisme et le manque de substance politique. D'autant plus que même en interne, rien ne garantit qu'on lui facilitera la tâche surtout si l'on se souvient qu'à sa sortie de Nidaa Tounes, Ridha Belhaj déclarait : « Nidaa Tounes fait partie du passé et son image a été considérablement ternie notamment par Borhen Bsaïes ». Ce dernier y est encore. Toutefois, on peut se réjouir du règlement de la querelle du cachet de Nidaa Tounes, un vieux motif de dispute entre Ridha Belhaj et Hafedh Caïd Essebsi. Mais ça, c'était avant !


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