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Les Tunisiens de l'étranger ont une « richa » sur la tête
Publié dans Business News le 28 - 05 - 2020

Voilà un sujet délicat qu'aucun politicien désintéressé ou analyste sensé n'ose aborder, tant il est explosif. Evoquer le sujet des Tunisiens de l'étranger est un peu comme parler de sexe en famille ou douter de l'existence de Dieu devant un groupe d'extrémistes religieux, on marche sur des œufs, on en parle en bien et on ne critique rien. Et pourtant !
Une polémique s'est enclenchée récemment après l'augmentation des tarifs de plusieurs prestations consulaires. Une augmentation bien supérieure à la normale et qui a atteint trois chiffres pour plusieurs prestations. Du jour au lendemain, et sans prévenir personne, le ministère des Affaires étrangères a décidé que le renouvellement d'un passeport perdu coûte désormais 165 € (525 DT) contre l'équivalent de 150 dinars précédemment et qu'un simple extrait de naissance passe à sept euros (22,25 dinars) s'il est délivré à l'étranger contre 0,5 dinar s'il est délivré au bled. Ces augmentations dépassent tout entendement et les Tunisiens de l'étranger avaient toutes les raisons du monde de grogner contre le MAE quoique réellement, c'est le ministère des Finances qui en est à l'origine. La grande partie d'entre eux vivant en France, il est compréhensible qu'ils s'élèvent contre ces augmentations démesurées et sans préavis, eux qui sont habitués à voir l'Etat français annoncer, des mois à l'avance et en toute transparence, ce genre de mesures impopulaires.
Il n'y a pas à dire, le ministère des Affaires étrangères a donné le bâton pour se faire battre, car il aurait dû s'y prendre autrement.

Les Tunisiens de l'étranger, comme tous les Tunisiens, ne sont pas insensibles à la crise aigüe que subit leur pays. Ils ne sont pas insensibles à la crise budgétaire, à la crise du Covid-19 et tout le reste. Surtout, ils ne sont pas moins patriotes que les locaux, quoique disent certains esprits chagrins et aigris. Seulement voilà, ils n'acceptent pas d'être les dindons de la farce et exigent un minimum de respect. Quand on veut les dépouiller, comme tous les citoyens du monde face aux Etats avides de plus de fiscalité et d'impôt, ils exigent qu'on y mette la manière et c'est là où l'Etat tunisien a failli. Une bonne communication préalable sur les augmentations aurait tué la grogne dans l'œuf. Par préalable, il faut entendre des mois à l'avance. Quand l'Etat veut augmenter les prestations consulaires en juin, il doit l'annoncer dès le mois de janvier. Quand l'Etat veut augmenter de 100% et 200% certaines de ses prestations, il doit justifier cela en expliquant les raisons qui ont fait qu'il soit obligé d'imposer des augmentations inhabituelles voire aberrantes.
Ainsi, pour ces dernières augmentations, l'Etat aurait dû se cacher derrière les différentes crises que l'on subit actuellement, mais aussi le coût réel des prestations qu'il dispense au profit de ces Tunisiens à l'étranger.

Il est utile de rappeler certaines données dont la plus importante est le coût de la vie à l'étranger très difficilement supportable pour nos fonctionnaires dans les représentations diplomatiques et consulaires. Le diplomate tunisien figure parmi les moins payés comparativement à ses homologues dans un pays donné. Quand on voit les fiches de paie de nos diplomates et quand on les compare à celles des autres pays beaucoup plus pauvres que nous, il y a de quoi avoir honte. Quand on voit le délabrement de plusieurs de nos chancelleries, il y a de quoi avoir honte. Quand on voit les tenues vestimentaires de plusieurs de nos diplomates, il y a de quoi avoir honte. Un ambassadeur tunisien est incapable de programmer une réception digne de ce nom, durant laquelle il invite d'éventuels investisseurs et hommes politiques d'influence. On leur demande de jouer aux diplomates économiques, on leur demande d'être des lobbyistes et d'avoir des relations rapprochées avec ceux qui font les politiques étrangères et ceux qui pèsent dans la politique internationale, mais on leur donne des budgets qui couvrent à peine le prix d'un café.

L'Etat se doit de prendre ses responsabilités et d'assurer un train de vie digne de nos diplomates et une image haute de nos chancelleries. Cela a un coût.
Le chef de l'Etat, Kaïs Saïed, est constitutionnellement, le premier responsable de cela et ce à double titre. Le premier en tant que chef d'Etat et chef de tous les Tunisiens et le second en tant que 1er responsable de la diplomatie. En humiliant, hier, devant les caméras, Noureddine Erraï, Kaïs Saïed a failli à ses obligations de chef de l'Etat et chef de la diplomatie. Il a oublié que si la diplomatie tunisienne a été acculée à imposer des augmentations usurières, c'est parce que lui, chef de l'Etat, n'a pas fait en sorte que la diplomatie ait le budget nécessaire pour fonctionner correctement.
C'est vrai que le déficit de communication du MAE est grandiose (à l'image de l'écrasante majorité des institutions de l'Etat d'ailleurs), mais Kaïs Saïed est très mal placé pour parler de ce sujet, car sa communication à lui est plus défaillante que tout. Que reproche exactement Kaïs Saïed à Noureddine Erraï ? L'augmentation ou la mauvaise communication liée à l'augmentation ? Que ce soit l'une ou l'autre, Kaïs Saïed n'a pas à reprocher quoi que ce soit, car il se devait d'abord de balayer devant sa porte, au lieu de jouer au professeur.
La vérité est que Kaïs Saïed, populiste comme toujours, voulait gagner des points et de la sympathie auprès des Tunisiens de l'étranger, comme quoi il est à leur écoute et sensible à leurs doléances. Ça devient agaçant à la fin de voir ce président de la République qui n'a pas encore un an d'âge poursuivre sa campagne électorale. Ce genre de comportement pourrait être compris (et pas justifié) à moins d'un an des élections, pas à moins d'un an après les élections !
Kaïs Saïed se devait, de par sa position, de trouver une solution à l'Etat et à son ministre des Affaires étrangères pour que les Tunisiens de l'étranger ne soient plus considérés comme des dindons de la farce, sans pour autant faillir à leurs obligations de Tunisiens.
Quelles sont ces obligations ? Les Tunisiens de l'étranger sont en droit de réclamer certaines prestations et une certaine qualité de service. Ils sont en droit d'exiger un consulat proche de leur lieu d'habitation et l'assurance que leur pays est à leur écoute et à leur secours en cas de besoin. Ils sont déjà un des rares citoyens dans le monde à avoir droit à la gratuité du service du rapatriement funéraire (merci Bourguiba).
Tout cela a un coût et il ne peut être supporté par les quelque sept euros exigés pour un extrait de naissance et les devises envoyées au bled pour quelques uns.
Les Tunisiens de l'étranger, tout comme les Tunisiens locaux sont toujours en train de demander ce que leur pays fait pour eux, mais ils ne se demandent pas ce qu'ils peuvent faire pour leur pays (merci Kennedy).
Aujourd'hui, la Tunisie est en crise et l'Etat n'a pas de budget pour l'essentiel. Depuis des années, il en est à souscrire les crédits derrière les crédits et à imposer les entreprises et les citoyens de plus en plus. Récemment, pour cause Covid-19, il a charcuté une journée de salaire aux locaux.
Que paient les Tunisiens à l'Etat tunisien ? Rien ! Une partie d'entre eux ne se rappelle de l'Etat que pour quelques formulaires, une autre partie donne son avis sur tout et sur rien à propos du fonctionnement de l'Etat, une autre impose dans les urnes des choix médiévaux aux locaux, alors qu'ils vivent dans des pays du XXIe et une autre a pris une autre nationalité et ne se rappelle de sa nationalité d'origine que si il y a un poste politique à pourvoir. En retour, que donnent-ils ? Rien !
Pour Kaïs Saïed qui aime défendre le peuple et son pouvoir d'achat, il est temps qu'il se rappelle qu'il est le chef de l'Etat et qu'il défende l'Etat et son pouvoir budgétaire.

Tout comme les locaux qui ont mis la main à la poche pour aider l'Etat, les Tunisiens de l'étranger se doivent de mettre la main à la poche et d'aider ce même Etat, puisqu'ils ne sont pas moins patriotes que les locaux. Ils ont tous les droits comme les locaux et ils doivent avoir tous les devoirs comme eux.
Un impôt de 4% ou de 5% avec un minimum de 1000 euros par personne et par an rapporterait quelque trois milliards de dinars dans le budget de l'Etat, de quoi couvrir très largement le budget du ministère des Affaires étrangères et permettrait d'assurer même une gratuité de plusieurs prestations consulaires. Que sont ces 4% ou 5% devant les 35% que certains Tunisiens locaux paient ? Certes, ils paient déjà des impôts dans leur pays d'accueil, mais la Tunisie a plus que jamais besoin d'eux et dépenser 4% ou 5% de leurs revenus pour leur pays natal ne va pas vraiment déstabiliser leur budget. En contrepartie, ces 4% ou 5% pourront stabiliser le budget de l'Etat tunisien à qui ils demandent tant. Les Tunisiens de l'étranger ne doivent pas avoir une « richa » sur la tête pour exiger les mêmes droits sans remplir les mêmes obligations.


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