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Tel grand-père, tel petit-fils
chronique du temps qui passe
Publié dans La Presse de Tunisie le 01 - 09 - 2015


Par Hmida BEN ROMDHANE
En Tunisie, le 18 mars et le 26 juin de cette année, nous n'avons pas eu la chance qu'ont eue les voyageurs du Thalys reliant Amsterdam à Paris en ce jour de grâce, le vendredi 21 août 2015.
Le 18 mars au Bardo et le 26 juin à Sousse, il n'y a eu personne pour arrêter, neutraliser ou tuer les terroristes avant qu'ils ne perpétuent leur horrible carnage, ce qui aurait pu sauver des dizaines de vies et la réputation du pays. Ce qui aurait pu aussi éviter à des dizaines de milliers de familles tunisiennes, qui vivent du tourisme, de s'enfoncer encore plus dans la dèche, et à l'économie du pays de tomber encore plus bas.
Le 21 août 2015, les 500 passagers du train Thalys ont eu la chance de compter parmi eux quatre héros qui, en neutralisant un terroriste armé jusqu'aux dents, ont pris le risque évident pour leur vie en vue de sauver celle des autres. Les trois jeunes américains (Spencer Stone, Alek Skarlatos et Anthony Sadler) et l'adulte britannique (Chris Norman) méritent bien la Légion d'honneur qui leur a été remise par le président français, François Hollande. Ils méritent bien la pluie d'éloges qui les couvrent dans leur pays et au-delà. On ne peut qu'applaudir ces personnes courageuses et souhaiter que leur exemple soit massivement suivi en ces temps follement dangereux où les terroristes prennent indistinctement pour cibles des innocents où qu'ils se trouvent sur cette planète.
On imagine la frustration des terroristes de tous bords quand ils voient l'un des leurs se faire assommer et livrer à la police par ceux là-mêmes qui ont failli être ses victimes. On imagine leur frustration aussi quand leur plan de tuer des gens qu'ils ne connaissent ni d'Eve ni d'Adam échoue.
Mais il se trouve que ce ne sont pas seulement les terroristes qui éprouvent de la frustration quand l'attentat programmé du Thalys a tourné à la déconfiture. Hani Ramadan, frère de Tariq Ramadan et petit-fils de Hassan Al Banna, semble aussi frustré que les terroristes. Il fulmine contre ceux qui traitent de héros les trois Américains et le Britannique qui ont empêché le tueur de massacrer des innocents.
Hani Ramadan, le petit-fils du théoricien de l'islam politique, est le directeur du Centre islamique de Genève. Ce poste officiel qu'il tient dans l'un des pays les plus démocratiques et les plus tolérants au monde ne l'a pas empêché de se déchaîner contre ceux qui célèbrent l'échec de l'opération terroriste contre les passagers du Thalys.
Dans un article publié dans son blog hébergé par «La Tribune de Genève», ce type déplore que les trois américains qui ont empêché le massacre aient été «décorés avant la fin de l'enquête». Il fustige les médias et leur précipitation à lyncher le terroriste «avant toute enquête, et avant même que les interrogatoires mettent à jour les intentions réelles du coupable».
En effet, les intentions du terroriste sont extrêmement difficiles à déchiffrer, car, après tout, à part l'arme de guerre et les centaines de cartouches qu'il trimbale dans le train, il ressemble à n'importe quel autre voyageur. Mais c'est déjà bien que le petit-fils du père spirituel du terrorisme islamiste n'ait pas exigé l'arrestation des trois Américains pour avoir assommé le terroriste avant même qu'il n'entame son carnage.
Il va sans dire que le petit-fils de Hassan Al Banna n'est pas à son premier commentaire. Le 26 juin dernier, il voyait dans les trois attentats simultanés en Tunisie, au Koweït et en France «la volonté des sionistes de provoquer des soulèvements contre les musulmans». Quant à l'attaque de Charlie Hebdo, elle se réduit pour lui à «un vaste processus de diabolisation de l'islam, savamment programmé au cours des années».
C'est vrai qu'on assiste à un vaste processus de diabolisation de l'islam. Seulement la question qui se pose est qui se trouve derrière ce processus de diabolisation ? Pour le petit-fils, ce sont évidemment les «impérialistes et les sionistes» qui sont les initiateurs de ce processus. Hani Al-Banna n'est pas le premier ni le dernier à s'accrocher à cette théorie du complot, une théorie très convenable puisqu'elle permet aux Arabes de se décharger de toute responsabilité des malheurs qui les frappent. A croire les défenseurs de la «complotite», dont le petit-fils, les musulmans sont des anges poursuivis inlassablement par les diables impérialistes et sionistes en vue de leur rendre la vie infernale.
La vérité est que, dans les temps modernes, le processus de diabolisation de l'islam a commencé il y a plus de 80 ans, quand le grand-père, Hassan Al-Banna, a infecté l'islam par le virus destructeur de la politique. Notre malheur aujourd'hui, que les petits-fils, Hani et Tariq, tentent désespérément d'expliquer en recourant à la démagogie et à la «complotite», nous vient en fait tout droit des idées désastreuses produites par le grand-père. Notre malheur aujourd'hui vient directement de la décision de Hassan Al-Banna de s'autoproclamer interprète exclusif des «intentions divines», et donc quiconque n'accepte pas ses idées ou prend la peine de les discuter est une personne «impie» dont le devoir de tout «bon musulman» est de la tuer. Voici l'origine du malheur que le petit-fils et tous les défenseurs de l'islam politique refusent de reconnaître.
Il est à peine nécessaire de préciser que l'assassin qui a tué le Premier ministre égyptien, Nokrachi Pacha le 28 décembre 1948, les tueurs qui ont commis des massacres au Bardo et à Sousse les 18 mars et 26 juin 2015 et le terroriste assommé par les trois Américains le 21 août 2015 dans le train Thalys ont tous été motivés par les idées destructrices du grand-père que le petit-fils continue à défendre insidieusement aujourd'hui.
H.B.R.


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