Match Maroc vs Sénégal : où regarder la finale de la CAN Maroc 2025 du 18 janvier ?    Alerte météo : orages violents et vents jusqu'à 80 km/h ce soir !    Groenland : Washington passe à l'offensive avec des taxes sur 8 pays européens    Polémique avant la finale Maroc–Sénégal : la CAF sort de son silence    Finale Maroc – Sénégal : où, quand et comment regarder le match ?    Forte dégradation météo dès ce soir : pluies abondantes attendues sur plusieurs régions    Egypte–Nigeria EN DIRECT : heure, chaîne et enjeux du match    Alerte pour les côtes tunisiennes : la mer peut changer brutalement en quelques minutes    UIB: Publication de l'appel à candidature pour le choix d'un Administrateur représentant des actionnaires minoritaires    Partenariat stratégique et innovant entre Tunisie Telecom, la BERD pour renforcer l'infrastructure numérique en Tunisie    Comment réserver votre vol au meilleur prix : Les secrets révélés !    OMODA & JAECOO en Tunisie : une nouvelle ère pour la mobilité intelligente et électrique    Alerte : la fonte des glaces dans l'Arctique impacte la Tunisie...comment ?    La citadine électrique BYD Dolphin Surf en Tunisie dès 51 000 TND    Festival Jean Rouch Hors-les-murs Tunis 2026 : Appel à candidatures pour la 3ème édition    Ramadan 2026 en Tunisie : les calculs astronomiques dévoilent la date probable du début du mois sacré    Météo en Tunisie : pluies attendues sur le nord et le centre    Khadija Taoufik Moalla: Mourad Wahba, le philosophe qui voulait réconcilier raison, foi et humanité    USA: La suspension de la délivrance de visas affecte-t-elle un visa en cours de validité et s'applique-t-elle aux visas de tourisme ? Voici la réponse    Le nouveau Kia EV3 lancé : Kia accélère l'électrification en Tunisie    ARP : plénière le 19 janvier pour élire les membres des 13 commissions permanentes (vidéo)    UIB distinguée meilleure Banque de Financement du Commerce International en Tunisie par Global Finance    Passeports les plus puissants et les plus faibles : où se situe la Tunisie ?    Météo en Tunisie : pluies isolées attendues la nuit    Trump renforce la politique migratoir...mais certains restent exemptés    Taboubi met fin à la démission et renforce le mouvement syndical    Film Where the Wind comes from d'Amel Guellaty : un souffle d'air frais sur le cinéma avec Alyssa et Mehdi    Nouveau portail consulaire : Simplification des démarches pour les Tunisiens aux Emirats    Abdelaziz Kacem - De la culture générale (I): Le temps des alertes    Et si Bourguiba n'avait pas aboli les habous ?    Habib Touhami: Le développement à l'ombre de la démographie    Kaïs Saïed appelle à la flexibilité dans l'application de la facturation électronique    La photographie et la peinture: deux écritures de la lumière    Le film LILY de Zoubeir Jlassi sacré grand vainqueur au One Billion Followers Summit à Dubai (vidéo)    La cannelle: Un condiment au parfum envoûtant et un remède ancestral    Le Maroc élimine le Cameroun et attend le vainqueur d'Algérie–Nigeria en demi-finale de la CAN    Instalingo : les auditions se poursuivent devant la Cour d'appel    America First 2026: Le Mémorandum qui redessine l'échiquier mondial    La banane: saveurs, bienfaits, secrets et petites histoires    Mathilde Panot (LFI) : « La France doit impérativement refuser d'être le vassal des Etats-Unis »    Secousse tellurique en Tunisie, au nord de Béja ressentie par les habitants    L'Université de Sousse et le Centre Universitaire de Maghnia (Algérie) scellent un partenariat stratégique    La Fédération tunisienne de football se sépare à l'amiable de l'ensemble du staff technique de la sélection nationale de football    Tunisie–Mali (1-1, tab. 2-3): Une élimination frustrante    Match Tunisie vs Mali : où regarder le match des huitièmes de finale de la CAN Maroc 2025 le 03 janvier?    Fusillade de Bondi : 1,1 million de dollars récoltés pour le héros blessé !    Accès gratuit aux musées et sites archéologiques ce dimanche 7 décembre    Daily brief régional: Messages pour Gaza: Des bouteilles parties d'Algérie finissent sur le sable de Béja    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Mes odyssées en Méditerranée | Tunisie-Sicile : la «fuitina» ou fugue amoureuse
Publié dans La Presse de Tunisie le 25 - 10 - 2020

Les rapports entre la Sicile et la Tunisie ont toujours touché, depuis la nuit des temps, à toutes sortes de relations: économiques, sociales, politiques, culturelles et aussi amoureuses.
En effet, suite à une forte immigration sicilienne en Tunisie entre le XIXe et le XXe siècles, beaucoup de mariages ont eu lieu surtout entre femmes tunisiennes et Siciliens, et Siciliennes et hommes tunisiens dépassant ainsi toutes les incompréhensions liées à leur différence culturelle et religieuse. Les cas sont innombrables.
Si aujourd'hui certains Tunisiens détiennent la nationalité italienne, c'est aussi grâce à une grand-mère sicilienne ou italienne qui, à l'époque, avait décidé de rester en Tunisie et d'y fonder une famille.
Il faut toutefois savoir qu'une autre typologie de mariages entre Siciliens pouvait avoir lieu en Tunisie, il s'agissait de la «fuitina», qui prend son origine du verbe français «fuir» ou encore prendre la fuite. En principe, le terme «fuitina» ne fait référence qu'à l'évasion consensuelle d'un jeune couple, mais la pratique se prête également afin de camoufler l'enlèvement réel, et peut-être le viol, de la future mariée.
Jusqu'aux années 60 du siècle dernier en Tunisie, nous assistons à la présence de couples d'amoureux siciliens arrivés en barque sur les côtes tunisiennes pour échapper au diktat de leurs familles, ayant décidé de ne pas céder à la volonté de mariage de leur progéniture, et ce, pour une question liée à la différence de statut social ou bien de possession de biens, terrains, maisons... Un peu comme «Roméo et Juliette», mais cette fois-ci du prolétariat.
Dans la plupart des cas, la dulcinée n'était plus vierge, voire enceinte, et la seule solution qui se présentait aux amoureux était celle de fuir leurs villages, voire l'Italie. Vu le rapprochement géographique avec la Tunisie, le choix était vite fait.
Cette évasion pré-maritale, souvent utilisée en Sicile et dans toute l'Italie du Sud, visait donc à éviter le mariage arrangé par les familles et parfois elle était réalisée en accord avec l'une ou les deux familles des jeunes, pour des raisons économiques ou «perte de virginité», si chère aux bigots siciliens de l'époque !
Parfois, c'était la mère de la fille qui organisait et favorisait l'évasion pendant la nuit et préparait la «truscia» traditionnelle, le trousseau de la mariée, contenant des vêtements, draps, nappes, couettes, argent et parfois même quelques habits pour le bébé qui s'apprêtait à naître. La nourriture nécessaire pour toute la durée du «voyage» faisait aussi partie du fameux trousseau. Les fugitifs, souvent, ne retournaient plus dans leurs villages respectifs.
Ces couples étaient assez jeunes et parfois leur âge ne dépassait pas 14 ou 16 ans. Une décision importante comme la «fuitina» serait de nos jours impensable pour de si jeunes adolescents qui, n'étant pas libres de s'aimer à cause de la méfiance ou des conflits entre leurs familles, décidaient à un moment donné de tout quitter, de s'enfuir de chez eux et de vivre ensemble dans un pays qu'ils ne connaissaient pas et dont ils ne parlaient même pas la langue !
Ces jeunes amoureux étaient aussi conscients du fait qu'une fois que la décision avait été prise, il n'y avait plus de retour en arrière. En fait, les questions liées principalement à l'honneur de la femme, qui ne pouvait plus retourner chez elle une fois qu'elle avait perdu son état de pureté originelle, entraient en jeu.
La «fuitina» semble donc trouver une explication pas tellement dans le caractère romantique qui est généralement attribué à l'action, mais plutôt dans des raisons purement sociales qui plongent les raisons dans les mécanismes de la gestion des relations humaines au sein d'un groupe. La fuite amoureuse est un moyen de régler les conflits sociaux par la mise en œuvre d'un événement qui interrompt le cours habituel des relations conflictuelles entre deux familles ou bien deux clans.
Pour cette raison, dans son caractère intrinsèque, la «fuitina» est un événement «extraordinaire», qui va au-delà de l'habituel, tout en s'y opposant. Mais elle fait encore plus ; elle parvient à revoir l'habituel et à le modifier, apportant une solution à l'hypocrisie de la société et de la religion, prêtes à tout critiquer, commettant ainsi les pires crimes.
La «fuitina» permettait aux familles de passer également en revue leurs modèles d'interaction, en y apportant parfois des changements substantiels.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.