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Achref Nemri, artiste-peintre et portraitiste à La Presse : «Le peuple doit connaître son histoire»
Publié dans La Presse de Tunisie le 04 - 01 - 2021

Achref Nemri ou l'art de peindre avec le pied. L'artiste-peintre tunisien, de 35 ans, a organisé un vernissage au hall du Théâtre de l'opéra à la Cité de la culture. Son exposition «Le feu et la glace : un combat» se poursuivra jusqu'au 22 janvier 2021. Il s'agit pour cet artiste montant et distingué, issu d'un milieu modeste, de mettre en évidence et davantage son art et de se faire connaître du grand public. Assoiffé de reconnaissance, ce portraitiste perce, malgré tout, à son rythme. Rencontre.
-L'année 2020 s'achève en grande pompe pour vous, après une longue pause et un retour progressif dans l'univers de l'art. Pouvez-vous revenir sur vos débuts en dents de scie ?
La peinture m'a toujours été familière. Ça fait des années que j'exerce. Depuis l'âge de 5 ans. Quand j'étais petit, mon oncle usait de son stylo ou crayon pour dessiner, peindre, écrire. Il me disait que je pouvais le faire si j'en avais envie : il suffit de trouver comment j'allais procéder, vu mon handicap. Un jour, il fait tomber un stylo que je récupère spontanément avec le pied. Mon pied était censé servir à autre chose que d'écrire : c'était certain. Il fallait bien que ça arrive. J'ai commencé, donc, par la suite, à m'essayer dans le dessin et la peinture : mon entourage et ma famille se sont rendus compte que je me débrouillais bien et que ça ne pouvait pas m'empêcher de poursuivre une scolarité normale. On me voyait comme un miracle ! On m'a inscrit dans une école primaire avec l'approbation de la directrice. J'ai fini par faire le portrait de mon enseignante. Je peignais tout le temps, et l'institutrice l'a signalé à la directrice de l'école. Cette vocation était en train de voir le jour, de se développer au quotidien, rapidement, d'une manière remarquable. C'est ainsi que le corps enseignant a pensé organiser des compétitions, faire parler de moi, me faire connaître. J'ai décroché des récompenses et Mme Naziha El Maghrebi, mon professeur, a organisé pour moi une conférence de presse. Canal 21, à l'époque, m'avait filmé en train d'esquisser «Labibe», l'ancienne mascotte de la protection de l'environnement. Je lui donnais vie avec mon pied. A un moment, ma tante m'avait fortement encouragé à me spécialiser dans cette spécialité : en faire des études.
-Avez-vous été aidé et soutenu par des organismes ou la société civile ?
Nous avons rencontré l'association «El Ardh» à cette époque-là, jsutement, à travers laquelle j'ai pu me faire remarquer par un organisme suisse qui m'avait subventionné pour créer, et qui soutient les artistes déficients physiquement. J'ai créé grâce à leur soutien et en signant un contrat et je me suis offert le matériel nécessaire. Je leur produisais des tableaux et on me payait en retour. Ensuite, le professeur Mohamed Mtimet m'avait chapeauté pendant 3 ans. J'ai exposé grâce à lui à El Mechtel. L'association «Besma» du temps de Ben Ali, m'avait tendu la main. On m'a demandé de faire le portrait de Ben Ali. Totalement couvert, j'ai travaillé avec «Besma» pendant un bon moment : j'ai exposé à Mohamed-V, dans leurs locaux. J'ai fini par les quitter au bout de deux ans... Et ensuite, j'ai pris une grande pause jusqu'en 2016. Une journaliste d'El Wataneya m'avait contacté et m'avait encouragé à reprendre. Malgré les réticences, j'ai fini par accepter.
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-Etait-ce un choix pour vous de vous retirer ?
Oui. Sans doute. A un moment, sous l'ancien régime, on m'avait promis monts et merveilles : beaucoup de projets, un avenir plus radieux, j'y ai cru à tort et je n'ai rien eu. J'ai fini par me retirer. Les fausses promesses m'avaient empêché de poursuivre mon chemin, à un moment donné. L'association «Besma» contrôlait ses apparitions et les miennes dans les médias. Je ne me sentais plus libre. On devait uniquement travailler avec des médias locaux, tunisiens, et on surveillait et filtrait beaucoup ce qu'on voulait diffuser.
-Pendant cette période de répit, avez-vous cessé de créer ?
Je le faisais pour moi-même. Je ne devais pas perdre ma technique, mes réflexes, et ma vocation. En 2016, la journaliste Latifa Hamdi avait tenu bon pour que je redémarre. Je l'ai laissée m'interviewer : le ministère des Affaires sociales m'avait ensuite contacté et a proposé de me subventionner en m'achetant le matériel nécessaire et en m'attribuant un salaire. J'avais peur de ne pas réussir. J'étais hésitant. Finalement, j'ai accepté l'offre. 2017, j'ai exposé à Mahdia. J'ai vendu là-bas mes tableaux. Ensuite, en 2018, Mme Naziha Laâbidi, ancienne ministre, m'avait aidé à organiser ma 2e exposition. Puis, suite à ma rencontre avec le Chef de l'Etat Kaïs Saïed, il m'avait fortement recommandé d'organiser cette dernière exposition que j'ai consacrée à des portraits d'hommes politiques, soutenu par la Fondation Kamel- Lazaar et le Beta Groupe.
-Que signifie pour vous votre rencontre avec le Chef de l'Etat Kaïs Saïed ?
Elle m'a aidé à avancer. Il était à l'écoute. Il m'a proposé de nouvelles alternatives, m'a encouragé à exposer.
-Quels sont les thèmes récurrents qu'on peut voir dans votre travail ?
L'ultime but de mon travail récemment était de mettre en valeur les combats de la Tunisie, de les présenter au monde entier, de valoriser son histoire, ses politiciens, les personnes qui ont fait son histoire, ses aléas, ses femmes combattantes, ses moments de gloire et de faiblesse. C'était mon engagement, le message que je tenais à transmettre. La Tunisie se fait « violer » par des courants douteux : nous devons y faire face. Le peuple doit connaître son histoire. La technique que j'utilise pour créer le plus souvent est l'acrylique à l'huile.
-Qu'avez-vous à dire aux artistes désireux de vivre de leur art ?
En tant qu'artiste, c'est difficile, pour ne pas dire impossible de vivre de son art, encore moins en Tunisie. Si je n'avais pas été soutenu financièrement pendant mon parcours, je n'aurais jamais pu accomplir quoi que ce fut. On est confronté à une infinité d'obstacles.
8-Vous possédez votre carte professionnelle. Ce n'est pas très courant chez les artistes de la décrocher. Vous-a-t-elle aidé autrement ?
Elle m'a été capitale : je suis un artiste à besoins spécifiques. L'avoir m'a valorisé, m'a rendu un certain statut.


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