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L'Ugtt, la bête noire des investisseurs
Tribune
Publié dans La Presse de Tunisie le 04 - 01 - 2016


Par Taha BELKHODJA (*)
La Tunisie est dans une situation très fragile du point de vue sécurité et socioéconomique, soyons tous unis aujourd'hui pour combattre les crimes odieux des «extrahumains», sans jamais oublier que l'ennemi est parmi nous. Pour réussir cette étape, il n'y pas 36.000 solutions, il faut un environnement économique et social très solide. Je vous demande de bien garder dans l'esprit cette citation d'Einstein : «Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui les regardent sans rien faire».
Il faut être conscient, chers compatriotes, qu'aujourd'hui notre économie est comme on dit : «hiz sèk, toghrok lokhra». La croissance est presque nulle. C'est la ruée vers un chaos imminent si on ne bouge pas, il faut le dire : un pacte social national serait l'une des solutions les plus sages pour rassurer les investisseurs et espérer une reprise de la croissance économique. Ces temps-ci, il existe un véritable amalgame, d'abord en parlant terre à terre, il ne faut pas confondre l'Utica, qui n'a aucune obligation légale, autant qu'une ONG, avec le ministère de l'Investissement qui est tenu de créer des richesses et de l'emploi. Les chefs d'entreprise, objet de cette campagne de dénigrement, sont des Tunisiens comme vous et moi, ils ne sont pas nés investisseurs, ils ne sont pas non plus tenus, plus que tout autre citoyen tunisien, pour servir la Tunisie.
Ces gens-là ont beaucoup de mérite, ils ont mis tout leur argent en jeu et se sont exposés à tous les risques en hypothéquant leur bien immobilier. Chapeau bas aux chefs d'entreprise qui se sont privés de leur vie familiale en se consacrant au travail (12 à 14 heures /jour) pour créer des richesses. On a vu des entrepreneurs se ruiner et faire faillite. A cause du stress, certains sont devenus diabétiques et hypertendus, et même d'autres se sont suicidés ou sont décédés, comme feu Jalel Bou Richa en 2013 suite à une crise cardiaque à cause des grèves multiples dans ses hôtels alors qu'il n'y avait même pas de touristes. Ces gens-là sont de véritables militants à qui il faudrait rendre hommage et la valeur qu'ils méritent pour avoir contribué au développement économique de ce merveilleux pays.
On a tous constaté l'échec de la loi n°2003-20 instituant un congé pour la création d'une entreprise accordé aux fonctionnaires. La création de richesse n'est pas à la portée de n'importe qui, c'est une question de la nature de la personne et de ses capacités intellectuelles, sans parler des partisans du principe de «mosmar fi hit». Il faut que tout le monde sache que les entreprises privées font travailler 2 millions de Tunisiens, et qu'elles paient plus de 60% d'impôts à l'Etat, tandis que l'administration publique paie 700.000 employés, presque le tiers, dont plus de la moitié ne travaille même pas. Personne ne doit donc ignorer ou ne pas reconnaître le rôle joué par cet employeur privé, en tant qu'acteur essentiel dans notre économie. Il faut absolument préserver cette richesse nationale. Sincèrement, il faudrait que Belgacem El-Ayari «ykib aala rious» ces chefs d'entreprise, « men enta Belgacem» pour menacer quelqu'un comme A. Ben Ayed, président de P.G.H. ou autre, qui fait travailler 12.000 citoyens tunisiens?
Chers compatriotes, il ne faut plus croire ces syndicalistes qui disent que le taux de 81% d'impôt est payé par les salariés. Ceci est une dissimulation diffamatoire parce que réellement, il n'y a que les salariés de la fonction publique qui paient eux-mêmes l'impôt, ce qui correspond au tiers seulement de ces 81%, soit 27%. Les 54% restants, cette tranche d'impôt sur salaire et même la Cnss d'ailleurs, sont payés par les employeurs privés puisque lors du recrutement, le salarié privé négocie toujours son salaire net en main. Il y a donc une réalité incontournable de fait que le grand public doit savoir : les chefs d'entreprise privée paient presque 2/3 de l'impôt direct sur les salaires (Irpp) et des sociétés (Is) à l'Etat, chiffre à l'appui des années 2014 et 2015 dans la loi de finances 2016.
On a vu afficher les plus importants salaires, dont 3 milliards par an, il y a un principe universel : chacun a le droit de récolter ce qu'il a semé, sachant que le titulaire paie plus de 30%, soit un milliard au fisc. Que demande le peuple ! Messieurs les syndicalistes, faites pareil si vous êtes capables et payez vos impôts, mais n'empoisonnez pas la vie à ces gens-là qui font vivre la majorité des familles tunisiennes. Il faut bien avouer messieurs que ce n'est pas facile de gérer une entreprise et vous êtes bien placés pour le reconnaître après le constat d'échec dans votre gestion de l'Hotel Amilcar (avec 11 milliards de pertes) et de l'assurance Al-Ettihad qui ont fait faillite. Qu'est-ce que vous avez fait de votre syndicalisme pour régler vos employés, la Cnss et l'impôt?
Chers compatriotes, il ne faut plus voir l'investisseur comme un exploitant de ses employés, ou quelqu'un de redoutable qu'il faut cerner de partout. Pour être juste et équitable, il faut plutôt récompenser ces créateurs de richesse et d'emploi, que d'autres pays nous envient. Les positions se sont inversées depuis la révolution, finies les années 70 de gloire économique. Aujourd'hui, l'employeur est non seulement à la merci de ses employés mais aussi menacé directement ou indirectement par les mouvements sociaux de l'Ugtt. Ce que tout Tunisien doit se demander aujourd'hui : que fera l'Etat avec 2 millions de chômeurs supplémentaires et comment va-t-il payer le policier et le militaire pour nous défendre...?, s'il y a un effet domino et tous les investisseurs (tunisiens et étrangers) arrêtent leur entreprises ou désertent le pays. L'Ugtt, mes chers amis, n'est pas en train de menacer les chefs d'entreprise mais l'ordre public et par voie de conséquence la sécurité de l'Etat. Avant la révolution, la Tunisie était un site très apprécié des investisseurs grâce à sa main-d'œuvre qualifiée et sa stabilité, sociale outre sa proximité avec le marché européen. Depuis 2011 et le pluralisme syndical, la donne a totalement changé, le pays vit malheureusement au rythme des revendications sociales et de la loi de la rue. Le pays est passé de la dictature d'un régime (le RCD) à la dictature d'un syndicat (l'Ugtt).
Il ne faut jamais oublier ce qu'a dit le responsable communication de la filiale Airbus Aerolia : il a préféré le Maroc à la Tunisie à cause des grèves en série et des mouvements sociaux conduits par l'Ugtt.
Le groupe français PSA Peugeot-Citroën a préféré aller ouvrir une usine au Maroc malgré tous les encouragements fiscaux que le gouvernement lui a accordés à défaut de paix sociale, idem pour son concurrent Renault-Nissan qui s'est implanté avec une usine géante au Maroc aussi. Il existe des entreprises baromètres de l'attractivité des investisseurs, les retombées des paroles du responsable Airbus ne se sont pas fait attendre sans oublier les petites boîtes, ici et là, qui sont en train de fermer, hélas tout ce qu'on perd est malheureusement irrécupérable.
Arrêtez ya Si Abassi et compagnie de manipuler ces pauvres gens inconscients, le militantisme syndical est bien mort avec feu Habib Achour. Depuis, il y a une culture d'opportunisme qui s'est installée à l'Ugtt, le peuple est au courant des affaires de détournement. Des dizaines de milliers de travailleurs ont perdu leur emploi après la révolution à cause de vos grèves et sit-in, bien qu'elles fussent légitimes, leurs patrons ont quitté le pays, raw hram aalikom ! J'invite solennellement tous les travailleurs à être prudents et à s'accrocher à leur poste pour ne pas tomber dans le même piège.
En toute sincérité, chers compatriotes, s'il y a une réticence aujourd'hui de la part des investisseurs, c'est bien à cause de l'absence de visibilité sociale, les grèves sont illégales en cette période de crise aiguë, contre les principes fondamentaux de l'OIT, le travail a perdu toutes ses valeurs, il n'y a plus de discipline.
Augmenter les salaires en ce moment crucial, c'est un acte irresponsable et suicidaire de notre économie, c'est du jamais vu en de telles situations de crise ! J. C. Trichet, ancien président de la Banque centrale européenne, a dit : «Augmenter les salaires en période de crise est la dernière bêtise à faire». On a vu que durant les crises, l'Espagne a fait baisser les salaires de 3,7% en 2009 et 5% en 2010, le Portugal a supprimé le 13e mois, la Grèce a baissé les salaires de 13,8% dans le secteur public et jusqu'à 25% dans le privé en assouplissant le marché de l'emploi. Il ne faut surtout pas croire que si une entreprise existe, donc elle doit faire des bénéfices, ce n'est pas évident, beaucoup tournent à vide pour payer les créanciers et éviter les contentieux bancaires.
Il faut que l'évolution salariale soit indexée sur le taux de croissance qu'effectue notre pays en fonction des gains de productivité, ainsi ce gain peut être réparti entre le travailleur, le consommateur et l'entrepreneur, c'est ça la justice sociale, ce qui va mettre définitivement fin aux négociations sociales lassantes. Il ne faut pas croire que la solution pour faire face à l'inflation, c'est l'augmentation de salaire, ceci est complètement faux, il s'agit d'un remède éphémère qui se répercute automatiquement sur l'augmentation des prix à court terme. L'augmentation de prix va réduire à néant les gains sur le pouvoir d'achat des ménages et affaiblir considérablement les chômeurs déjà en situation précaire et en augmenter leur nombre. On va assister à une continuation de la boucle prix-salaire qui va potentiellement provoquer une spirale inflationniste !
Il ne faut pas être un génie, cette augmentation tant réclamée par l'Ugtt, contrairement à celle de la fonction publique qui a fait endetter l'Etat encore davantage, elle va provoquer une inflation directe sur les prix. C'est très simple, il y a trois cas de figure : supposez que vous êtes producteur et vous augmentiez la partie main-d'œuvre d'un produit, c'est normal que vous augmentiez le prix du produit final mis à la vente, un autre chef d'entreprise déjà en difficulté financière, celui-là va fermer sa boîte pour cessation de paiement et renvoyer ses ouvriers alors qu'un troisième va s'entendre avec ses employés contre l'augmentation de salaire pour perdurer son entreprise et sauvegarder ses emplois.
Depuis le pluralisme syndical, l'Ugtt est en train de mener une campagne d'attrait d'adhérents (800.000) et elle est montée d'un cran dernièrement après avoir perdu le monopole de percevoir ses cotisations par retenue à la source à travers l'administration. L'Ugtt s'inquiète sur la masse financière qui renflouait ses caisses, vu le risque des pertes de Houcine Abassi et ses lieutenants, qui pourraient se chiffrer à des centaines de millions, ils se sont mobilisés pour dénoncer la décision gouvernementale et multiplier les déclarations pour montrer au peuple qu'elle est injuste et illégale. Le verdict du Tribunal administratif est très correct et logique, mais il est mal compris et insuffisant, parce qu'en démocratie, la liberté d'adhérer ou de ne pas adhérer ressort d'une volonté strictement personnelle du salarié. Le C.T. français stipule dans son article L2141-6 : «Il est interdit à tout employeur de prélever les cotisations syndicales sur les salaires de son personnel et de les payer au lieu et place de celui-ci. Le chef d'entreprise ou ses représentants ne doivent employer aucun moyen de pression en faveur ou à l'encontre d'une organisation syndicale quelconque». Ce même article doit faire l'objet d'un amendement imminent du Code du travail tunisien pour mettre de l'ordre dans cette situation sociale turbulente. Si l'Ugtt veut vraiment aider les pauvres comme elle le prétend, elle peut suspendre la cotisation de ses adhérents en 2016, compte tenu du 1 milliard, le loyer de l'Hôtel Amilcar, comme elle peut mettre à la disposition des jeunes diplômés chômeurs son nouveau siège, style d'une usine dissimulée à la cité olympique, pour créer de l'emploi à l'instar des hommes d'affaires. Il faut bien savoir que cette masse en béton sans aucune âme architecturale n'arrive pas à trouver un locataire depuis quelques années malgré ses performances énergétiques et ses 27 milliards, donc c'est une occasion pour que l'Ugtt «rende à ech chaab ce qui est à ech chaab !»
(*)Ingénieur Expert


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