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Attentat de Rambouillet — Reclus, réservé, calme et issu d'une famille de classe moyenne sans problème à Msaken: Jamel Gorchène, du repli à l'action
Publié dans La Presse de Tunisie le 28 - 04 - 2021

Jamel Gorchène, auteur de l'acte barbare ayant visé une fonctionnaire de la police française âgée de 49 ans, mère de deux enfants, suivait des prédicateurs radicaux sur facebook et souffrait de dépression. Du repli, il est passé très vite à l'action sans donner des signes de radicalisation, mais il était récemment très réceptif aux discours fustigeant l'islamophobie en France.
Reclus, réservé, calme, issu d'une famille de classe moyenne sans problème à Msaken, Sousse, arrivé en France en 2009 où son père travaillait en tant que maçon à Nice, Jamel Gorchene (36 ans) auteur de l'odieuse attaque terroriste qui a coûté la vie à une fonctionnaire, non armée, du commissariat de Rambouillet au sud du département des Yvelines, n'était pas connu des services de la police en France. Toutefois, il était originaire de la même ville natale que Mohamed Bouhlel, auteur de l'attaque au camion qui avait fait 86 morts le 14 juillet 2016 à Nice. Des liens existent-ils entre les deux personnes. On ne le sait pas encore, mais son parcours, ses relations, ses appels téléphoniques sont au centre de l'enquête en cours menée par le parquet national antiterroriste en France.
Nice face au terrorisme
Arrivé clandestinement en 2009 en France, Jamel a bénéficié en 2019 d'une autorisation exceptionnelle de séjour salarié, puis d'une carte de séjour en décembre 2020, valable jusqu'en décembre 2021. Mais voilà qu'à peine sa situation régularisée que sa vie bascule. Comment s'était-il radicalisé, pourquoi et par qui, et comment est-il parvenu à déjouer la vigilance des services spécialisés dans la lutte contre le terrorisme et l'extrémisme violent ? Il est passé inaperçu et n'a pas éveillé les soupçons comme ce fut le cas pour l'autre Tunisien âgé d'à peine 21 ans (Ibrahim Mohamed Salah Issaoui, en situation irrégulière) qui a mené une attaque terroriste à l'aide d'un couteau à l'intérieur de la basilique Notre-Dame à Nice en octobre 2020. Ce dernier était natif de la ville de Bouhajla, Kairouan, et résidait à Sfax avec sa famille. Il n'était pas non plus fiché par les services spécialisés de la lutte antiterroriste aussi bien en France que dans notre pays.
Suite à l'attentat contre la basilique, il y a lieu de rappeler que le président français Emmanuel Macron a demandé à son ministre de l'Intérieur de se rendre dans certains pays du Maghreb, dont la Tunisie, pour discuter de la lutte contre le terrorisme. La question du retour des Tunisiens avec obligation de quitter le territoire français, en priorité ceux fichés S a été au centre des débats entre les deux parties en novembre 2020, mais rien n'a filtré depuis.
Les trois attaques terroristes perpétrées dans la même ville, en l'occurrence Nice, dont deux avec le même modus opérande (à l'aide d'un couteau) ne peuvent qu'éveiller des questionnements autour des raisons qui poussent des personnes non connues par les services de sécurité à basculer rapidement dans le terrorisme. Les discours haineux et violents véhiculés par des cheiks et notamment des partis politiques populistes islamistes nés après la révolution dans notre pays ne peuvent, malheureusement, que pousser certaines personnes fragiles, simples d'esprit, en perte de repère identitaire et facilement influençables à la radicalisation, sinon comment expliquer le fait d'égorger une femme mariée et mère de deux enfants en criant «Allah Akbar» ?
Une famille sous le choc
Jamel Gorchane aurait d'abord effectué un « repérage », avant de passer à l'acte, a rapporté à la presse française le procureur antiterroriste Jean-François Ricard. Acte avec préméditation durant le ramadan, mois favorable aux actes de Jihad pour les terroristes parait-il. Son père, ainsi que deux autres personnes qui l'ont hébergé ont été auditionnés dans le cadre de l'enquête. Une quatrième personne de son entourage a été placée en garde à vue. D'après la même source, Jamel s'est arrêté devant une salle de prière puis a procédé aux repérages devant le commissariat avant de passer à l'acte. Il avait mis des écouteurs sur ses oreilles et le téléphone trouvé sur place a révélé qu'il avait consulté «des vidéos de chants religieux glorifiant le martyre et le djihad».
Par son acte barbare, Jamel a jeté le déshonneur sur une famille qui vivait en paix à Msaken, Sousse. La mère n'a pas résisté au choc quand elle a appris que son fils a été abattu par la police lors d'une attaque terroriste à l'aide d'un couteau et a été hospitalisée. Jamel était détenteur d'un diplôme en mécanique et aspirait à une vie meilleure quand il a débarqué en France en 2009. Il a fini par travailler comme chauffeur-livreur. Il a effectué un retour en Tunisie en février et mars 2021, selon le porte-parole du Pôle judiciaire et du Tribunal de première instance de Tunis 1, Mohsen Daly. Il n'avait aucun casier judiciaire et n'était pas fiché par les services de la lutte antiterroriste, ajoute la même source. Le ministère public s'est, à son tour, saisi de l'affaire.
Le discours violent des politiques à l'origine du mal
Personne n'arrive à expliquer les raisons de son acte odieux. Il souffrait de dépression mais sur son compte facebook il suivait des prédicateurs radicaux. Selon l'Institut pour la justice, basé à Paris, Il s'était abonné aux prêches d'un cheikh appelé Ali Al Qaradaghi (72 ans) réputé proche des Frères musulmans et tient des discours réguliers contre les prétendues politiques islamophobes des pays occidentaux.
La Tunisie est-elle devenue une base arrière de l'extrémisme violent? Dans son article publié le 26 avril sur les colonnes de l'hebdomadaire Marianne, Martine Gozlan ecrit ceci: «De Paris à Tunis, les fabricants de terreur se répartissent le travail, comme en témoignent le parcours et les admirations de Jamel Gorchene, l'égorgeur de Rambouillet.
On retrouve aussi bien, dans les inspirateurs du meurtrier, le leader d'un parti qui fait partie de la coalition au pouvoir en Tunisie qu'un imam binational lanceur de fatwas et douillettement installé à Noisy-le-Grand».
Pour sa part, le professeur Iadh Ben achour a fait savoir dans un entretien accordé au magazine Le Point le 25 avril suite à cet attentat, qu'il existe « un problème tunisien, indépendamment de l'attentat de Rambouillet et rappelle qu'après l'assassinat de Samuel Paty, «certains islamistes tunisiens ont déclaré sur les réseaux sociaux, et au sein de l'Assemblée, qu'il ne fallait pas permettre d'insulter l'islam et de caricaturer le prophète, comme s'ils justifiaient le passage à l'acte du terroriste». Ajoutant qu'il y a «un laisser-aller en Tunisie face aux questions de radicalisation et de terrorisme». En tant que Tunisien, il a dénoncé « les politiques laxistes du gouvernement en la matière» .


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