Match Tunisie vs Egypte : où regarder la finale de la CAN Handball 2026 ce 31 janvier?    Lait infantile tunisien : aucun lien avec les lots retirés à l'étranger    Alerte météo : vents violents et fortes pluies attendus sur plusieurs régions    Interpellation de Sani Sener, l'ancien patron de TAV à cause de l'aéroport d'Enfidha    Virus Nipah : l'OMS rassure mais appelle à la vigilance mondiale    La selle et le cavalier de Mohamed Laroussi El Métoui: Une nouvelle traduite par Tahar Bekri    Alerte météo : vents violents, mer très agitée et nette baisse des températures    Eyas Naif Assaf : Avec Jendoubi, Ooredoo Tunisie mise sur l'excellence et la fierté nationale    Mohamed Ali ben Hafsia – Ooredoo Tunisie : Avec Jendoubi, Ooredoo soutient la Tunisie vers l'or et la fierté olympique    Lotfi Ben Haj Kacem annonce le rebranding de Hayett Assurances et fixe le cap des prochaines années    Nouvelair lance une offre exclusive dédiée à son programme de fidélité Jasmin    L'Université de Sfax et l'Université algérienne Abbes Laghrour Khenchela signent une convention de coopération    Ooredoo Tunisie Sponsor Officiel du Champion du monde Mohamed Khalil Jendoubi    Dattes à prix abordables : deux points de vente directe bientôt à Tunis et Monastir    Dry January : un mois sans alcool face au déni tunisien    Météo en Tunisie : Des vents forts à très forts attendus dans la plupart des régions    The Aviator Institute rejoint le réseau Airbus et positionne la Tunisie comme hub de formation aéronautique    Le ministère du Commerce avertit : dites NON au café non contrôlé !    Mahindra Tunisie lance le nouveau 3XO: Une nouvelle référence dans le segment des SUV compacts    La FIFA en mission en Tunisie pour évaluer l'usage du VAR    La Tunisie au Conseil de Sécurité : Rien n'a changé dans les territoires palestiniens occupés, le cessez-le-feu reste violé par la puissance occupante (Vidéo)    Maledh Marrakchi - IA en 2026: D'après Stanford, l'heure des comptes a sonné    Match Tunisie vs Algérie : où regarder la demi-finale de la CAN Handball 2026    Constituants sans constitutionnalisme, thème des Journées Abdelfettah Amor    Météo en Tunisie : temps pluvieux au nord    Le Forum Chokri Belaid des Arts se déroule dans sa 9ème édition du 1er au 7 février 2026    Les experts confirment : la Tunisie peut-elle connaître des ouragans ?    Rapport entre monde de la recherche et monde de la pratique: La recherche collaborative    Le cirque Paparouni s'installe à Carthage durant les vacances scolaires et présente Jungle Book    D'où vient un trésor historique découvert à Houaria ?    Forum Chawki Gaddes pour les droits numériques - Journée d'étude sur la protection des données personnelles : Mercredi 28 janvier 2026, faculté des sciences juridiques, politiques et sociales de Tunis    Décès d'une star du football, Mahfoudh Benzarti : une carrière singulière    Inondations : Kaïs Saïed appelle à des mesures concrètes et à une mobilisation nationale    Vagues géantes à Nabeul : des vestiges antiques dévoilés après les tempêtes    Baker Ben Fredj revient avec l'exposition 'Le Reste' à la galerie Archivart après 20 ans d'absence    Kais Saied reçoit l'ambassadrice de Pologne à l'occasion de la fin de sa mission en Tunisie    Intempéries : fermeture temporaire du Palais Ennejma Ezzahra    Justice : trois ans et demi de prison pour Borhan Bsaies et Mourad Zeghidi    Document – Le discours-évènement du Premier ministre canadien Mark Carney à Davos : privilégier les valeurs, face à la domination    Tahar Bekri: Saule majeur    Penser le futur par le passé: Carthage antique et le boomerang colonial dans la géopolitique du Groenland    Abdellaziz Ben-Jebria – Mes périples et maisons : lieux en souvenir    Professeur Amor Toumi: Père de la pharmacie et du médicament en Tunisie    Programme Ceinture Verte en Tunisie : reboisement pour lutter contre la dégradation des sols et la désertification    USA: La suspension de la délivrance de visas affecte-t-elle un visa en cours de validité et s'applique-t-elle aux visas de tourisme ? Voici la réponse    Secousse tellurique en Tunisie, au nord de Béja ressentie par les habitants    L'Université de Sousse et le Centre Universitaire de Maghnia (Algérie) scellent un partenariat stratégique    Tunisie–Mali (1-1, tab. 2-3): Une élimination frustrante    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Amours métalliques
L'ENTRETIEN DU LUNDI:Najet Gherissi
Publié dans La Presse de Tunisie le 21 - 03 - 2016

Voilà plus de dix ans que la plasticienne Najet Gherissi se mesure au fer. Voici plus de dix ans qu'elle essaie de donner à cette matière froide la forme de l'amour. Et elle réussit ce défi avec beaucoup de modestie car face à ses sculptures on a l'impression que le fer ne blesse pas, mais il nous invite à entrer dans un autre univers. Nous l'avons rencontrée alors qu'elle prépare une exposition.
On croit savoir que vous allez bientôt exposer....
En effet, je suis en train de préparer une exposition de sculptures prévue pour le mois de juin, au jardin de l'ambassade de France. C'est une exposition sur le thème de l'art à travers le temps et le temps qui traverse l'art... C'est ainsi que je vois ces œuvres qui sont en train de prendre forme. Ma dernière exposition remonte à 2014. C'était une exposition collective. Pour préparer une exposition personnelle, j'ai besoin de plus d'espace et de moyens. C'est pour cela que je ne me presse pas. C'est une passion qui demande beaucoup de patience !
La sculpture avec du métal nécessite-t-elle des qualités particulières ?
La relation entre moi et la matière, c'est toute une histoire... Une histoire de convivialité, de conversations riches et pleines de folie... Ce n'est pas juste l'individu qui travaille la matière, mais c'est une espèce d'osmose, presque une sorte de fusion extraordinaire qui nous sort du temps et de l'espace et nous projette très loin.
Lorsque je reviens de ce monde et que je regarde l'œuvre, j'ai l'impression de regarder mon enfant. Un enfant que je considère, parfois, comme illégitime, parce qu'il est sans père... Mais il est là avec toute sa force de vie, avec toute la tension qui fait de lui un objet unique et qui n'est pas destiné à la consommation, mais pour procurer une émotion artistique.
Pourquoi avez-vous choisi ce matériau ?
C'est une histoire qui a commencé depuis longtemps avec le fer !... Au début, je l'ai façonné dans toutes ses formes pour en faire du design de meubles. Puis, après mes pérégrinations à travers les matières (j'ai touché au marbre, au bois, à la pierre, à la céramique, à la mosaïque), je me suis fixée sur ce genre de métal, pour lequel j'éprouve un amour particulier. Il n'y a que le métal qui m'inspire, ce produit pauvre et noble en même temps, qui m'interpelle, qui écrit une histoire pour moi.
J'ai arrêté de faire du design pour entrer dans l'aventure de la création artistique. Puis d'aventure en aventure, cela a fini par devenir ma réalité et ma seule source d'expression. Je ne fais que patienter pour voir le résultat final. Ma première exposition a eu lieu à El Abdellia ; et là j'ai senti que ma place était dans ce genre de lieu, spacieux comme j'aime.
C'est une matière trop froide pour une femme passionnée comme vous...
La passion ne connaît pas la froideur... Elle n'a pas de limites... En pleine création, le métal ne s'exprime plus par son langage classique. Il fait partie d'une autre grammaire et d'une autre sémantique qui ne demande qu'à voir le jour. Le métal, ici, n'est plus de la ferraille ou du fer forgé pour protéger les fenêtres, c'est une matière en devenir, ou une œuvre qui touche et qui pousse à s'interroger sur soi... C'est là où réside mon intervention. J'essaie d'enrichir cette matière et lui donner un côté noble, semblable au marbre ou au bronze.
Pour vous, l'œuvre naît à partir du dessin sur papier ou ailleurs ?
C'est dans ma tête que l'œuvre prend forme. Je n'ai pas toujours recours au croquis. Je visualise l'œuvre, «je la rêve» si on peut dire ainsi.
Etes-vous en train de travailler sur des instruments de musique?
Oui. Vous assistez à la transformation d'un simple Primus (Babour) en un instrument de musique. C'est un objet qui fait partie de notre culture. Avant l'arrivée de la cuisinière, tous les Tunisiens posaient leur marmite sur ce petit chauffage à pétrole. Le Primus est aujourd'hui une pièce rare qu'on ne peut pas exposer dans un bureau ou dans un salon. C'est un objet que nos petits-enfants ne connaîtront jamais. J'ai donc transformé cette pièce en un instrument de musique en lui insufflant une âme. Sous forme d'œuvre d'art, il pourra résister plus longtemps...
Cela dit, il n'y a pas que la musique. J'aimerais entremêler tous les arts, dans une seule unité. En tant que plasticienne, je sens que notre domaine se trouve à l'écart. Le cinéma et la musique, par exemple, ne viennent pas vers nous. Par contre, ils nous demandent de venir vers eux. Je trouve que c'est très inégal comme rapport. Les artistes des autres disciplines ne savent vraiment pas ce que les plasticiens de leur pays sont en train de faire !
Vous avez également créé des formes hybrides entre la peinture et la sculpture...
Lorsqu'on parle d'arts plastiques, tout le monde pense aux tableaux ; alors qu'il y a d'autres œuvres qui nous parlent. C'est ainsi que j'ai pensé à peindre sur du métal, qui contient des formes sculpturales, ce sont toujours des œuvres qui prolongent mon expression.
La plupart de vos sculptures sont volumineuses. Pourquoi ?
Dès les premiers pas dans cet art, j'ai toujours vu grand ! C'est dommage de ne pas voir de grandes sculptures dans nos espaces publics... Nos parcs, comme celui du Belvédère par exemple, sont entièrement dépourvus de sculptures. L'avenue Habib Bourguiba ne contient pas de sculptures non plus. Je trouve que c'est un manque de respect pour l'art. Je rappelle que la sculpture du cheval de Jugurtha qu'on a installé au rond point de la ville de Gafsa a disparu. Personne n'en a parlé ! Et personne ne sait où est parti cette pièce pourtant lourde et volumineuse que j'ai moi-même sculptée.
A Kasserine, également, j'ai eu la même mésaventure, lorsque j'ai sculpté un cheval fleuri. La municipalité a fini par l'écraser à coups de pelleteuses...Mais je dois continuer... L'art est aussi une forme de résistance. Je ne cache pas non plus le fait que la sculpture a été reconnaissante pour moi, puisque j'ai reçu des prix, et j'ai été parrainée par Vermeg. Le fait de voir les enfants de ce quartier populaire entrer dans mon atelier, découvrir la genèse de mes sculptures et me poser des questions, me fait également plaisir.Pour moi, ce sont des enfants qu'on peut sauver de l'obscurantisme.
Vous êtes optimiste...
Bien sûr ! Parce que la vraie révolution culturelle qui va nous sauver ne fait que commencer ! Peu de gens s'en rendent compte. Mais lorsque je vois des jeunes prendre leurs instruments de musique et leur sac à dos, et partir aux quatre coins de la Tunisie, et d'autres qui s'expriment sur les murs avec des tags et des formes d'art vraiment touchantes, cela me réconforte.
Propos recueillis par


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.