Tunisie-Koweït : vers des relations bilatérales renforcées    Les ports tunisiens entrent-ils enfin dans l'ère du digital ?    Arbitrage en crise : les arbitres passent à l'action ?    Tout sur le nouveau SUV Mahindra 3XO : la voiture pensée pour la vie quotidienne des Tunisiens, économique et fonctionnelle (Vidéo)    Amendes autocollantes vs changuel : quelle alternative pour le recouvrement et la sécurité ?    Football : le Paris Saint-Germain confirme l'achat de l'attaquant tunisien Khalil Ayari    Taekwondo : Amenallah Trabelsi décroche l'argent pour la Tunisie au tournoi d'Al Fujairah    Les municipalités vous invitent à régulariser vos biens saisis avant cette date    Paiement de la taxe de circulation 2026 : dates limites selon le type de véhicule    Scandale SNDP-Agil : Quand le kérosène des Tunisiens finançait les privilèges d'une élite    Egypte : la chanteuse tunisienne Sihem Grira décédée    PSG : un jeune Tunisien bientôt dans l'équipe première    Choc en Omra : suspension de 1800 agences pour protéger les droits des pèlerins    Tunisie : Alerte aux vents forts demain, mercredi    Mounir Zili - Agriculture Durable vs Agriculture «Rentable»: Le choc des modèles au cœur de l'olivier tunisien    Mohamed Harbi: Un grand frère disparu    La Fédération de l'Enseignement Secondaire suspend le boycott des examens    Relations irano-américaines : Pezeshkian mise sur des pourparlers sans « attentes irréalistes »    Kaïs Saïed appelle les sociétés ''SNIT'' et ''SPROLS'' à accélérer la construction de nouveaux quartiers    Zakat al-Fitr 2026 : Montant fixé à 9 euros    Hédi Bouraoui - Transculturalisme et francophonie : un compte rendu par Una Pfau    Quand débutera le Ramadan 2026 en France ?    Festival Mon premier film Documentaire MyfirstDoc 2026 : appel à films documentaire d'écoles de cinéma de Tunisie    Le ministre de l'Emploi : le taux d'insertion des diplômés de la formation professionnelle dépasse 70 %    Journée des Maths 2026 à la Cité des Sciences à Tunis : les chiffres à la portée de tous    City Cars – Kia lance en Tunisie le SUV EV3, sacré Voiture de l'Année au niveau Mondial    Sfax rassemble ses livres    ATMEDIA lance la première session de formation sur l'intelligence artificielle pour les journalistes    Yadh Ben Achour : Le déclin de l'universalité des droits de l'homme (texte intégral)    Météo en Tunisie : ciel nuageux, rafales de vent dans le sud    Boulakbèche bat le record et décroche l'argent à Luxembourg    Décès de l'actrice de'' Home Alone''    Match Tunisie vs Egypte : où regarder la finale de la CAN Handball 2026 ce 31 janvier?    La selle et le cavalier de Mohamed Laroussi El Métoui: Une nouvelle traduite par Tahar Bekri    Ooredoo Tunisie Sponsor Officiel du Champion du monde Mohamed Khalil Jendoubi    Météo en Tunisie : Des vents forts à très forts attendus dans la plupart des régions    La Tunisie au Conseil de Sécurité : Rien n'a changé dans les territoires palestiniens occupés, le cessez-le-feu reste violé par la puissance occupante (Vidéo)    Constituants sans constitutionnalisme, thème des Journées Abdelfettah Amor    Le Forum Chokri Belaid des Arts se déroule dans sa 9ème édition du 1er au 7 février 2026    Le cirque Paparouni s'installe à Carthage durant les vacances scolaires et présente Jungle Book    D'où vient un trésor historique découvert à Houaria ?    Décès d'une star du football, Mahfoudh Benzarti : une carrière singulière    Document – Le discours-évènement du Premier ministre canadien Mark Carney à Davos : privilégier les valeurs, face à la domination    Penser le futur par le passé: Carthage antique et le boomerang colonial dans la géopolitique du Groenland    Abdellaziz Ben-Jebria – Mes périples et maisons : lieux en souvenir    Professeur Amor Toumi: Père de la pharmacie et du médicament en Tunisie    Programme Ceinture Verte en Tunisie : reboisement pour lutter contre la dégradation des sols et la désertification    Secousse tellurique en Tunisie, au nord de Béja ressentie par les habitants    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



La ferraille me murmure des histoires
L'ENTRETIEN DU LUNDI: Hammadi ben Neya, sculpteur
Publié dans La Presse de Tunisie le 20 - 06 - 2016

Artiste de la récupération, ferrailleur à l'origine, Hammadi Ben Neya est devenu en peu de temps parmi l'un des sculpteurs les plus en vue en Tunisie et à l'étranger.Après son exposition personnelle très réussie qui a eu lieu en avril à la galerie Alexandre Roubtzoff, il est passé aux journées méditerranéennes de l'art visuel à Hammamet. L'artiste est également attendu en Serbie et en Turquie avant la fin de l'année. Entretien.
Comment vous avez opté pour cette matière dure et froide qui est le fer ?
Ce n'était pas un hasard puisque à la base j'étais ferrailleur. Je passais la plupart de mon temps à l'intérieur de cette matière démembrée, usée et abandonnée. Une matière qui semble parfois fatiguée d'être usée toujours de la même manière et qui a envie de se rafraîchir, d'avoir une nouvelle vie,de renaître sous une forme beaucoup plus riante ou émotive. C'est bizarre, ou je dirais plutôt que c'est magique ! Lorsque les choses sont abandonnées, elles vous livrent des messages très discrets par leur forme... Comme si elles vous faisaient des clins d'œil... Je suis très attentif à ces clins d'œil et la matière m'interpelle. J'irais même jusqu'à dire que le contenu de la ferraille me murmure beaucoup d'histoires. Puisque je suis un artiste autodidacte, je ne suis pas entré directement dans la création. J'ai commencé d'abord par rassembler les objets qui avaient quelque chose à dire. Comme si quelqu'un rassemblait des mots prononcés par différentes langues pour construire une phrase intelligible et ensuite un texte. Un jour, j'ai mis cette matière à contribution et je lui ai donné un langage qui est celui de l'art. Ce sont mes amis sculpteurs qui, voyant que je maîtrise la technique de la soudure, m'ont poussé à faire le premier pas. Cela dit, je travaille aussi avec le bronze, l'inox, le cuivre, etc.
Quelle est la matière qui vous donne le plus de fil à retordre ?
Le bronze ! C'est une matière qui est très difficile à souder mais c'est aussi une matière très noble.
Qu'est-ce qui donne le départ à l'œuvre chez vous ?
Plusieurs de mes œuvres reposent sur l'actualité ou ce que je considère comme une réaction aux actualités. L'une de mes plus importantes sculptures par exemple m'a été inspirée par une affaire qui a défrayé la chronique à l'époque : la femme violée par deux agents de police. La grève des journalistes m'a également inspiré une belle sculpture d'un journaliste qui proteste. L'autre partie de mes œuvres est guidée par la matière. Ce sont des morceaux de ferraille qui m'attirent pour me raconter une histoire...
Quels sont les sculptures les plus importantes pour vous ?
Elles sont toutes importantes ! Mais je dirais plutôt les sculptures qui m'ont permis de passer des messages, comme celle de la femme violée par les deux agents de police par exemple ou celle où j'exprimais mon opinion sur la question du terrorisme. Pour moi, c'est à la fois une prise de position et une création artistique.
Il y a beaucoup de présences féminines dans vos sculptures...
La femme est ma seule source d'inspiration...
Certains pensent que la sculpture est mieux armée pour passer le message que la peinture ?
Je partage cette opinion quelque part parce que la sculpture présente un avantage visuel très important : elle est visible de tous les côtés, c'est une image en 3D si je puis m'exprimer ainsi. Un tableau aussi peut véhiculer de l'émotion, mais pour les sculpteurs comme moi, c'est une autre paire de manche : on travaille la matière dure et lourde, et on dialogue avec elle. On a l'impression qu'elle est plus volubile.
Comment qualifierez-vous ce dialogue ?
Je qualifie mon métier comme un dialogue très physique avec la matière... Et pour moi, c'est tellement physique et éprouvant que j'ai récolté une hernie discale... Je note cela pour dire que même si la matière nous obéit quelquefois, elle n'est pas souvent tendre avec nous...
Les Tunisiens qui s'intéressent à l'arts, le sont plus par la peinture que par la sculpture...
Effectivement ! Car la culture de la sculpture en Tunisie n'est pas encore assez développée. L'une de ces raisons est purement religieuse, puisque pour certaines mentalités, la sculpture est jugée comme une agression contre les préceptes religieux. La preuve, ce sont les réactions vis-à-vis des sculptures.
La dernière est la réaction contre les sculptures de Iran Ouanès à La Marsa. Il n'y a pas eu également une politique qui instaure la culture de la sculpture en Tunisie, à l'instar de l'Egypte, de la Syrie ou de l'Irak où les sculptures sont dans les rues et où monsieur tout-le-monde peut vous nommer l'auteur d'une telle ou telle sculpture. Il y a de très belles sculptures qui sommeillent à la cave de Ksar Saïd. Heureusement que l'actuelle ministre de la culture semble avoir trouvé une solution pour préserver ces œuvres. Mais on reste toujours dans l'attente d'un musée national d'art contemporain et, personnellement, je ne désespère pas... Mais le musée reste la pièce maîtresse qui manque à l'art en Tunisie. Dernièrement, j'étais à Rabat et j'ai visité le musée d'art contemporain qui faisait une rétrospective de Giacometti. C'est le genre d'exposition qu'on peut organiser si on avait un musée national parallèlement aux expositions des œuvres tunisiennes sur toute l'année que les écoles de toute la république peuvent visiter


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.