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zizou, de férid boughedir «Le cinéma de papa»
Arrêt sur image
Publié dans La Presse de Tunisie le 02 - 10 - 2016


Par Samira DAMI
Sur nos écrans, depuis une semaine, Zizou est le 3e long-métrage de Férid Boughedir réalisé 26 ans après Asfour stah, qui met en scène l'éveil à la puberté d'un adolescent, issu d'un quartier populaire de la Médina de Tunis et 20 ans après Un été à La Goulette filmant, non sans nostalgie, la coexistence pacifique des communautés religieuses dans la Tunisie des années 60.
Avec Zizou, le réalisateur continue à braquer sa caméra sur le monde des jeunes, mais cette fois-ci à travers les aventures et les péripéties que vit un jeune étudiant originaire du Sud qui monte à la capitale en quête de travail, à la veille de la révolution du 14 janvier 2011.
Zizou, de son vrai nom Aziz, se débrouille un petit boulot d'installateur de paraboles. Métier qui lui permettra de pénétrer tous les milieux : les pauvres comme les riches, les conservateurs comme les «branchés» modernes.
Il vivra des situations paradoxales et sera en butte tantôt contre les Rcdistes, tantôt les islamistes, tantôt les mafieux et autres. L'action se situant entre le souk de Moncef Bey et le village de Sidi Bou Saïd, là où, venu réparer une télévision, dans une demeure appartenant à un mafieux proche de l'épouse de l'ancien président Ben Ali, il rencontre Aïcha, une jeune fille séquestrée dont il tombera follement amoureux. Il se donnera une mission : la libérer.
Ainsi Zizou offre l'occasion à Férid Boughedir de livrer sa propre vision de la Révolution qui s'avère «la version officielle» véhiculée par certaines parties locales et étrangères dont la chaîne qatarie «Al Jazeera». Or, depuis, d'autres versions plus proches de la réalité et moins mystificatrices sont apparues, mais le réalisateur n'en tient pas compte.
Pas de distance, donc, à l'égard de la version dominante, car l'objectif du réalisateur est visiblement de taper sur Ben Ali, son épouse, ses proches, les profiteurs, les mafieux et les Rcdistes. Or, à l'ère de Ben Ali, cela aurait relevé de l'audace et du courage, mais, aujourd'hui, il s'agit d'analyser et de disséquer, à défaut, rien ne sert de tirer sur l'ambulance.
Les manifestations reconstituées se déroulent dans le souk et le village de Sidi Bou Saïd (sic) où Zizou, héros malgré lui, par pur hasard, est porté sur les épaules de révolutionnaires de la 25e heure.
Stéréotypes et clichés
La référence au personnage de Charlot, pris pour un meneur de manifestation malgré lui, dans Les temps modernes, le chef-d'œuvre de Charlie Chaplin, est claire. Sauf que dans Zizou, l'anti-héros devenu héros malgré lui n'est pas très crédible. Car comment croire qu'un chômeur diplômé «bac+2» en géologie et de surcroît originaire du Sud, la région qui a vécu, depuis 2008, une crise sociale et ouvrière sans précédent, soit aussi candide, benêt et aussi inculte politiquement ?
Car Zizou n'a aucune connaissance, ni des syndicats, ni de la Ligue des droits de l'homme, ni... ni...
Arborant un chapeau de paille particulier au Sud mais, bizarrement, pas du tout l'accent spécifique de la région, le personnage de Zizou relève ainsi du stéréotype et du cliché du paysan primitif ou du villageois nigaud et maladroit des années 70, c'est pourquoi il est normal qu'il s'empêtre dans toutes sortes de situations qui se veulent comiques. En vain. Car on ne rit pratiquement pas dans cette comédie malgré l'intention et l'ambition de l'auteur-réalisateur tendant à traiter la révolution sous le prisme de la dérision.
Le traitement épidermique et exotique (le choix du village de Sidi Bou Saïd, des demeures traditionnelles, de certains costumes, etc.) se décline dans une forme statique et une esthétique de téléfilm véhiculant des plans fixes, entre champs et contrechamps, dépourvus d'intensité.
La caméra bouge très rarement comme, par exemple, lorsque Zizou traverse en sens inverse et en courant une manifestation.
Le réalisateur multiplie les inserts de plongées sur Tunis et Sidi Bou Saïd, suggérant par là la chape de plomb qui enveloppe et écrase le pays.
Le réalisateur, qui n'arrête pas de s'auto-citer, choisissant même d'apparaître dans une sorte de caméo, à l'instar de grands cinéastes dont Hitchcock, Coppola, Godard, Almodovar et autres, finit par nous montrer un pays libéré de la dictature avec la libération de Aïcha.
Zizou et Aïcha se retrouvent sur les rives du port de Sidi Bou Saïd, dans un long baiser amoureux, ne sécrétant pas, hélas, d'émotion.
Ce qui fera réagir l'un des personnages intégristes présent qui, n'appréciant pas cet élan «effronté», promet l'enfer, sur un ton menaçant et moralisateur, à tous les modernistes impudiques.
Le film se clôt sur ces propos et sur un plan montrant la mer ainsi que l'horizon qui ne s'annonce pas porteur de paix et de sérénité. Ce qui n'est pas là une prémonition, puisque la discorde a pointé son nez dès la fin de la Révolution et nous la vivons encore.
Bref, le dernier opus de Férid Boughedir qui, nous dit-on, signe là la fin d'une trilogie, n'apporte rien de nouveau sur le fond, n'innove pas non plus côté forme, nous rappelant plutôt «le cinéma de papa».
Le jeu des principaux protagonistes est soit lisse : Zyed Ayedi (Zizou), Sarra Hanachi (Aïcha), Fatma Ben Saïdane (Sallouha) qui a tendance à se répéter dans les mêmes rôles, Jamel Sassi (Syndicato), soit appuyé (Taoufik Bahri), Ikram Azouz (Sadok), Zied Touati (Adel).
Cependant, Aïcha Ben Ahmed (Khédija) tire son épingle du jeu, notamment dans la scène coquine avec Zizou.


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