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Cheba Zahouania, diva blessée du raï
Musique
Publié dans La Presse de Tunisie le 25 - 09 - 2010

A l'affiche du programme du festival d'Ile de France, Cheba Zahouania, la diva du pop raï, va ressusciter les 24, 25 et 26 septembre l'ivresse des cafés d'Oran, entourée de Khaled, Maurice El Médioni ou Sahraoui.
Au milieu des années 1980, Zahouania a chanté quelques-uns des duos les plus scandaleux de l'histoire du raï. En 1986, avec Cheb Hasni, son grand ami, elle interprétait le célèbre morceau El Baraka, qui racontait l'errance de deux amoureux, contraints de s'aimer dans une baraque abandonnée, faute de logement. Espoirs déçus
Sur la scène du Cirque d'Hiver, elle va reprendre avec Khaled El Baraka, en hommage à Cheb Hasni, ainsi que le morceau Nouar ("Fleur"), qui a révélé Cheikha Rimitti au grand public, en 2000, après plus de trente ans de carrière. Rimitti, la doyenne du raï, décédée en 2006, savait glorifier avec sensualité ses différentes passions. Comme elle, Zahouania, a forgé sa voix avec les meddahates, ces ensembles de femmes, qui chantaient dans les mariages, la religion d'abord, et les espoirs déçus des femmes ensuite. Elles sont considérées comme les fondatrices du raï.
Seule voix féminine à l'affiche des Cafés d'Oran, Zahouania, avec son parcours de femme blessée, représente la femme algérienne dans toute sa complexité. Divorcée de Boualem de Disco Maghreb, le plus important éditeur de raï d'Oran, elle chante désormais l'usure du couple, la dureté des hommes et les espoirs déçus des femmes.
Il y a trente ans, Zahouania avait d'autres préoccupations. Elle chantait l'ivresse de la sensualité et le démarrage difficile des jeunes couples. Dans les années 1980, Cheba Zahouania ne se produisait jamais en public – pas même dans les cabarets d'Oran —, pour préserver son image et surtout, celle de sa famille. Dans la société algérienne de cette période, être une femme, chanter son désir et son vague à l'âme était mal perçu.
Sa voix rauque et sensuelle était identifiable entre mille, mais son visage inconnu. Les jaquettes de ses cassettes, qui se vendaient à des milliers d'exemplaires, représentaient une pin-up blonde, des dunes ou une oasis. Le stratagème a été largement utilisé par les chanteuses de raï, soucieuses de mener leur carrière sans entacher la réputation de leur famille.
En 1992, lors de son premier concert en France, elle confiait qu'elle aimait ce mystère. Aujourd'hui, elle corrige ingénument l'histoire : "Non, je n'avais pas le temps de faire des photos, j'avais des enfants en bas âge, tout ça…". Femme algérienne, mère de famille, pieuse et chanteuse de raï : des statuts qui obligent un syncrétisme culturel et musical, qui fait tout le sel du raï.
Ivresse
Au début des années 1990, malgré la furie islamiste, le raï était vivant, rebelle, disait non. Il a payé sa soif de liberté par l'assassinat de Cheb Hasni, véritable star nationale, le 29 septembre 1994. Pour Zahouania, ce fut l'électrochoc: angoissée et menacée, elle quitta l'Algérie pour la France. C'était il y a seize ans…
La grande époque du raï est terminée. A cinquante et un an, "la Joyeuse", s'est assagie. Le passé semble loin, et surtout révolu. Khaled est le seul à avoir su sauver sa peau d'artiste. Rimitti n'est plus. Hasni a été assassiné. Mami a disparu, en proie à d'obscurs démêlés avec la justice. Faudel est à bout de souffle. En Algérie, à cause du piratage, le raï a perdu de la vitesse et les éditeurs n'ont plus les moyens de miser sur de nouveaux talents.
Pourtant, la diva du raï sort en octobre Loukane, un nouvel album, et n'a rien perdu de sa voix. Elle anime toujours des galas et donne des concerts, sillonne la France et l'Algérie. Avec le temps, sa gouaille s'est un peu effacée. Elle hésite, ne sait pas quoi répondre aux questions qu'on lui pose, demande conseil à son manager.
Mais, sur scène, elle continue à improviser, à se déchaîner, à laisser s'exprimer son âme. Dans le morceau-titre de son nouvel album Loukane, elle raconte l'échec de fiançailles, à cause de l'infidélité du promis. Elle évoque aussi les difficultés de logement pour les jeunes, qui ne se sont vraisemblablement pas arrangés depuis El Baraka, en 1986. Mais ne s'étend pas trop sur le sujet. L'amour et le "social" comme on dit en Algérie, restent les deux "chants" de bataille de Zahouania.


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