Qui était Driss Guiga, ancien ministre décédé ce dimanche    Driss Guiga, ancien ministre de Bourguiba, est décédé    L'Union Internationale de Banques renforce sa proximité avec les PME et confirme son rôle de partenaire engagé    Automobile en Tunisie : plus de 21 000 voitures vendues en 3 mois    PNDN : la Tunisie digitalise officiellement les déclarations de naissance    Hajj 2026 : une amende de 20 000 riyals pour les contrevenants    Météo du jour : une hausse des températures qui se confirme    Partenariat entre TotalEnergies Marketing Tunisie et le Groupe TTS    Mehrez Ghannouchi évoque le retour de l'hiver : ''Et s'il revenait en s'excusant ?''    Kais Saied: ''La mise en scène est connue, on sait qui l'a écrite... et les rôles sont déjà répartis !''    Espérance vs Sundowns : où regarder le match en direct ?    Foire du Livre de Tunis, FILT 2026 : plus d'exposants, nouveautés et l'Indonésie invitée d'honneur    Fonction Audio Eraser avec la série Galaxy S26 : pour une immersion totale sur toutes les plateformes de streaming    Tunisie : lancement de l'exercice militaire multinational ''African Lion 2026''    Météo en Tunisie : températures en légère hausse    La menthe verte: Fraîcheur, traditions et art de vivre    Hajj 2026: jusqu'à 26 000 $ d'amende, Riyad durcit drastiquement les règles    À quelle heure se joue Sundowns–Espérance en demi-finale retour ?    Fierté tunisienne : Jaouadi, la révélation de l'année    Visite nocturne surprise de la ministre de la Justice à Ben Arous    Emanciper aussi les hommes: la révolution inachevée du féminisme tunisien    Passerelles Savoirs-Médias : la FTDJ, SavoirsEco et Expertise France engagent une dynamique inédite pour rapprocher recherche et médias en Tunisie    Hervé Kamdem nommé Directeur Général de Philip Morris International en Tunisie et Libye    La Cité des Sciences à Tunis accueille le Cosmonaute russe Kirill Peskov    QNB publie des résultats solides au premier trimestre 2026 malgré un contexte régional tendu    Météo en Tunisie : pluies éparses parfois orageuses au nord et au centre    Etude : une sœur "bavarde" protège du stress et améliore le bien-être    Centenaire de Youssef Chahine : L'ESAC et l'ATPCC organisent un séminaire à Gammarth    Avis aux étudiants tunisiens, découvrez le guide 'Etudes à l'International — Edition 2026'    Riadh Zghal: L'IA, une opportunité pour l'innovation et la révision de la pédagogie universitaire    Agil Energy met à l'épreuve ses dispositifs de gestion de crise lors d'une opération blanche à dimension internationale    Liverpool vs PSG et Atlético de Madrid vs FC Barcelone : ou regarder les demi-finales de Ligue des Champions UEFA    Recrutement de travailleurs tunisiens : la Tunisie et l'Italie signent un accord    Inauguration de Isharat Gallery à Sid Bou Saïd: une réhabilitation lumineuse de l'abstraction tunisienne    Tahar Ben Lakhdar - Sadok Belaïd,L'architecte silencieux d'une réforme qui a changé la Tunisie: Comment la réforme des études d'ingénieurs des années 1990-1991 a refondé le paysage de l'enseignement supérieur tunisien    Général Mohamed Nafti - Trois Lettres Persanes    El Kazma et K-off : Sous le signe du rire, la résilience et la réflexion    9 avril : Musées et sites historiques gratuits en Tunisie    Match PSG vs Liverpool : où regarder le match des Quarts de finale aller de la ligue des champions UEFA du 08 avril    Vidéo-Buzz : la pub LEGO spécial Coupe du monde 2026 avec les stars du foot : secrets de tournage    L'Université de Tunis et l'Université Gustave Eiffel à Paris scellent une coopération académique et scientifique    Analyse - Récupération en Iran: «Il faut sauver le pilote Ryan»    Augmentation tarifs Musées Tunisie 2026 : Agences de voyage en colère    Gouverner dans le brouillard permanent: les trois qualités du dirigeant de demain    Artémis II lancée : une mission spatiale habitée vers la lune, plus de 50 ans après Apollo 17    Mohamed Nafti: L'engrenage de la destruction    L'effet Jaouadi ou le triomphe de l'excellence opérationnelle    Sabri Lamouchi : Une bonne nouvelle impression (Album photos)    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



A la recherche de l'individualité
Ces couples qui vivent séparément
Publié dans La Presse de Tunisie le 30 - 09 - 2017

Pour des questions de commodité, de plus en plus de couples font «corps» à part. Il ou elle ronfle comme un turbomoteur et cela devient insupportable, il ou elle regarde la télé jusqu'à une heure très tardive, il ou elle ne supporte pas la clim, il ou elle tire toute la couette, etc. Pour éviter les disputes et les tensions, certains couples ont choisi de faire «chambre à part».
Selon une étude américaine, 62 % des couples font chambre à part. Si des couples avouent sans honte faire chambre à part, d'autres sont plus discrets sur la question. Se réveiller 3 à 4 fois par nuit à cause des ronflements, ce qu'on appelle communément «la petite musique de nuit», ou parce que l'un des partenaires ne cesse de se retourner dans son lit toutes les 2 minutes peut devenir agaçant à la longue. Pour éviter les tensions dès le réveil qui peuvent altérer l'humeur et donc le couple, la solution est de s'offrir un lit à part. Pour les relations intimes chacun invite l'autre dans sa chambre.
Le phénomène commence à se développer en Tunisie même s'il n'est pas monnaie courante. La majorité des couples sont encore attachés au symbole du lit conjugal. Certains conjoints s'endorment devant la télé et prennent cela comme prétexte pour ne pas partager le lit conjugal. Ceux qui rentrent tard d'une soirée dorment souvent sur un canapé sous prétexte également de ne pas réveiller leur douce moitié.
Est-ce la fin de la vie de couple ?
Ce phénomène n'est-il pas annonciateur de la fin du couple ? Dormir ensemble est-ce une contrainte ou une nécessité ? «Le lit n'est pas un simple meuble mais le lieu où se créent des liens affectifs et durables qui sont des moments privilégiés dont l'importance est capitale dans la vie d'un couple. Faire chambre à part, c'est s'éloigner quelque part, même si l'intention est de se rapprocher», explique un psychologue.
« Nous avons fait chambre à part une année après le mariage. Cela est arrivé spontanément. De par son travail, mon mari rentre tard le soir et pour ne pas me déranger, il dort dans la salle de séjour. J'ai alors décidé de lui aménager une chambre à part pour qu'il puisse dormir à l'aise», raconte Essia. «Le soir où il s'est endormi devant la télé sans rejoindre le lit conjugal, j'ai dramatisé. J'y ai vu une disparition du désir. J'ai tout de suite pensé à une trahison. Je n'ai pas du tout accepté le fait qu'il dort ailleurs. Mais plus tard quand mes deux enfants ont grandi, je l'ai chassé du lit mais c'est lui qui ne voulait plus le quitter», avoue Sihem.
Même si cela donne l'air d'être de vieux couples à la dérive, les chambres séparées gagnent de plus en plus de terrain et se présentent comme un mode de vie revendiqué, et ce, malgré l'incompréhension de l'entourage. Ce phénomène est l'illustration d'une nouvelle tendance qui est l'individualisation de la vie privée. Si on ne mange pas forcément ensemble à cause des horaires de travail et qu'on ne regarde pas les mêmes émissions de télé et qu'on consulte internet à toute heure du jour et de la nuit, il est évident que le mode de vie a changé et qu'on ne vit pas au même rythme que son conjoint.
Chambre à part = confort
Or, le lit conjugal reste dans l'imaginaire des gens l'une des preuves de l'existence et de l'entente d'un couple. Dans son livre, « Un lit pour deux, la tendre guerre», le sociologue français Jean-Claude Kaufmann révèle que le lit séparé était pratiqué autrefois dans l'aristocratie et que, de nos jours, la tendance s'affirme dans tous les milieux. «Au début du couple, les liens sont très fusionnels, on dort enlacés. Avec le temps, cela devient difficile, on a mal au bras, on a trop chaud, etc. Faire chambre à part, c'est choisir le confort», estime-t-il.
La vie trépidante en serait-elle la cause ? Généralement, la séparation des couples dans des lits ou chambres à part a lieu vers l'âge de 50-60 ans lorsque la vie sexuelle et sentimentale refroidit et comme le dit Jean-Claude Kaufmann : « Quand l'amour n'est plus, c'est le lit qui le dit ». Le lit est ainsi le révélateur de l'état de santé sentimentale et sexuelle du couple. Dormir à deux implique tout un apprentissage et un contrôle de soi. Au début de leur vie conjugale, le couple rêve de ne faire qu'un avec l'être aimé, puis avec le temps, il songe plutôt à son confort personnel.
D'après les témoignages que nous avons récoltés, ce sont les femmes qui sont à l'origine de la demande de chambre séparée, en voie de banalisation chez les couples ayant dépassé la cinquantaine. Cela se produit après un certain nombre d'années de vie commune, alors que les agacements et petits inconforts se multiplient, et que le départ des enfants libère une chambre. Mais le sujet reste tabou parce qu'une symbolique du lit est inscrite dans les mentalités. Le lit représente un modèle de perfection voire une norme sacrée. Or, aujourd'hui, les mentalités ont changé et dormir séparément n'a rien à voir avec l'éloignement des sentiments de l'un envers l'autre.
Selon la religion musulmane, dormir avec son époux dans un même lit fait partie de «al-'ichratou bi al-ma'rouf » (vie conjugale fondée sur la bienfaisance mutuelle). Par conséquent, dormir séparément va à l'encontre de cela, et est une preuve de l'éloignement réel (dans le fond et la forme) des deux époux. Le seul cas, où il n'y pas de mal à faire chambre à part : en présence d'un défaut (naturel) chez l'époux ou l'épouse qui rend très difficile la possibilité de dormir à proximité du conjoint.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.