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Chedly Ayari : «Même si le vote m'est favorable, je me retirerai...»
L'ARP vote aujourd'hui la destitution du gouverneur de la BCT
Publié dans La Presse de Tunisie le 15 - 02 - 2018

A plusieurs reprises, la Ctaf et le gouverneur de la BCT ont correspondu avec la présidence du gouvernement pour attirer son attention sur la nécessité de corriger le tir et le risque qu'encourt la Tunisie. Pourtant, du côté du gouvernement, il n'y a pas eu de réactions
«Même si le vote m'est favorable, je me retirerai, j'ai vécu toute cette histoire comme une véritable humiliation», a déclaré hier, d'emblée le gouverneur de la Banque Centrale de Tunisie Chedly Ayari devant la Commission des finances, pour tirer les choses au clair. Ce qu'il refuse cependant, c'est d'endosser des fautes qui ne sont pas les siennes ni celles de la Commission Tunisienne d'Analyses Financières qu'il préside. «C'est mesquin, c'est petit, c'est vil et ce n'est pas à la hauteur de la Tunisie, j'ai du dégoût envers cette cabale orchestrée», a ajouté celui qui détient les rênes de la BCT depuis cinq ans et demi. Dans une salle anormalement pleine, le président de la Ctaf et son staff ont présenté les preuves que les efforts qui devaient être faits, l'ont été réellement. Pour le gouverneur de la Banque Centrale, le classement de la Tunisie sur la liste noire des pays exposés au blanchiment de capitaux et au financement du terrorisme, est une «énigme». Selon lui, l'Union Européenne n'avait pas à statuer sur le sort de la Tunisie sans avoir effectué au moins une mission sur place. Le secrétaire général de la Ctaf, Lotfi Hachicha, précise : « Le vis-à-vis de la Ctaf est le Groupe d'Action Financière (Gafi). Il brandit une lettre du Gafi envoyée au gouverneur de la BCT en date du 24 novembre 2017 dans laquelle on remercie la Tunisie pour l'effort fourni et la classe parmi les pays «on going process». Cela veut dire que les actions correctives et les réformes nécessaires avaient déjà commencé. En effet, sur les 40 recommandations de la Ctaf, 27 ont été appliquées par la partie tunisienne. «Si après cela, l'UE vous blackliste, alors il faudrait chercher les causes ailleurs ! Voilà ce que m'a dit mot pour mot le président du Gafi pour la région MENA», déclare le secrétaire général de la Ctaf.
S'il fallait chercher un coupable, la Ctaf en donne volontiers un. Pour elle, l'ensemble des actions correctives et réformes restantes étaient du ressort du gouvernement. «Je n'ai pas le pouvoir d'imposer au ministère de la Justice la réforme du registre de commerce», argue ainsi le gouverneur de la Banque Centrale. Le staff explique en effet que la perplexité du Gafi par rapport au cas tunisien provient principalement de l'existence d'une seule et unique condamnation dans le cadre de la lutte contre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme. «L'ensemble des recommandations techniques ont été remplies. Par contre, en ce qui concerne l'efficacité et l'impact de l'arsenal juridique dans la réalité, ils nous font défaut», affirme Chakib Al Adib, colonel à la douane et détaché à la Ctaf.
Avec lettres et décharges à l'appui, le staff de la Ctaf prouve, qu'à plusieurs reprises, le gouverneur de la BCT a correspondu avec la présidence du gouvernement pour attirer son attention sur la nécessité de corriger le tir et le risque qu'encourt la Tunisie. Pourtant, du côté du gouvernement, il n'y a pas eu de réactions. Le gouverneur de la BCT affirme que depuis 2014, une soixantaine de correspondances ont été envoyées à la présidence du gouvernement. Des arguments qui balaient d'un revers de la main ceux des élus de Nida Tounès, venus en bloc accuser le gouverneur de la Banque Centrale d'être le premier responsable de cette situation. «Après avoir vu ces lettres, je ne sais plus quoi penser de tout cela», nous confie une élue de Nidaa Tounes à la sortie de la commission.
L'experte au sein de la Ctaf, Neila Fathallah, a dénoncé le laxisme du gouvernement et a révélé que le gouverneur de la BCT s'était engagé au nom de l'Etat Tunisien devant le Gafi, pour assurer l'ensemble des réformes nécessaires avant la fin de l'année 2018, afin de pouvoir éviter à la Tunisie un classement parmi les pays «non-coopératifs». Seulement, cet engagement aurait dû être fait par la présidence du gouvernement. «J'ai personnellement organisé une réunion de travail avec l'un des conseillers du chef du gouvernement pour lui expliquer qu'il fallait un engagement du gouvernement, que ce n'était pas négociable, explique le secrétaire général de la Ctaf. Mais cet engagement n'est pas venu, et le gouverneur, avec finalement l'approbation du gouvernement, a été obligé de s'engager en son nom, à la veille de l'assemblée générale». Des propos qui font réagir la députée Najia Ben Abdelhafidh qui refuse que les membres de la Ctaf formulent ces graves accusations en l'absence des membres du gouvernement.
Chedly Ayari reste silencieux par rapport à ses intentions pour la séance plénière d'aujourd'hui, et ne dit pas s'il se présentera devant les élus. Mais le président de la commission des finances Mongi Rahoui révèle que des «pressions sont en cours pour pousser le gouverneur de la BCT à la démission sans la tenue d'une séance plénière». A ces propos le gouverneur de la BCT ne réagit pas, laissant penser que les pressions existent en effet.
Si le bloc parlementaire de Nida Tounès semble se diriger vers un vote en bloc (à l'exception de certains comme Fadhel Omrane), le bloc parlementaire d'Ennahdha est divisé. Ainsi, Mohamed Ben Salem a demandé à son groupe de se réunir «pour y voir un peu plus clair et pour que l'ensemble des élus votent en connaissance de cause».
«Il est vrai que l'on s'oriente vraisemblablement vers un retrait de la confiance au gouverneur de la BCT, mais à titre personnel, je crois que c'est une erreur que de le démettre de ses fonction en ce moment et de cette manière. Car dans ce cas, nous donnons raison au classement de l'Union Européenne».


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