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Au-delà des revendications sociales
Publié dans La Presse de Tunisie le 07 - 02 - 2011

En moins de trois semaines, le pays a vu se succéder trois gouvernements. Il s'est enfin fixé sur un gouvernement non plus d'union nationale mais sur une structure gouvernementale provisoire chargée de préparer la transition démocratique. La question que tout patriote sincère devrait se poser aujourd'hui n'est pas tant celle relative à la nature et à la portée que l'on cherche à donner à cette transition mais bien plus aux conditions et facteurs de viabilité et de pérennité de cette transition.
Car, au rythme où vont les choses, au regard de la large palette des revendications sociales et du lourd et terrible passif en termes d'opacité et de mal-gouvernance, il n'est pas exclu qu'au terme des six mois que s'est donné le gouvernement provisoire, la transition démocratique qui aura sans doute été théorisée, affinée et finalisée, ne bute sur une nouvelle douloureuse réalité économique et sociale. Une douloureuse réalité qu'aurait justement nourri, six mois durant, une trop grande et presque exclusive focalisation sur des considérations politiciennes au détriment de questions de politique économique, budgétaire et monétaire.
Aujourd'hui, la conjoncture économique mondiale est pour le moins adverse. Le constat est terrible : le prix du baril de pétrole frôle les 103 dollars, le prix du blé a presque doublé en une année pour se situer à près de 260 dollars la tonne, le prix du sucre a augmenté de près de 50%, celui des oléagineux de 25%… A l'échelle nationale, l'inflation qui en résulterait risque d'avoir de graves conséquences sur le pouvoir d'achat du citoyen moyen, le risque de nouvelles manifestations sociales n'est dès lors pas à exclure.
Que fait en attendant le gouvernement provisoire‑? Parer au plus urgent ? Le plus urgent, c'était d'éviter à tout prix au pays de tomber dans le chaos. Cela semble plutôt réussi au regard de la reprise progressive de la vie normale. Le plus urgent désormais est de relancer la dynamique économique. Le gouvernement provisoire croule sans doute aujourd'hui sous le poids de l'épineux et pourtant impérieux dossier de la réforme politique, de celui de l'assainissement des rouages de l'Etat et de l'ancien mode de gouvernance. Seulement, fort et presque exclusivement absorbé par ces questions, il court le risque, bien réel, de faire exploser en éclats la stabilité macroéconomique du pays. Parer donc aujourd'hui au plus urgent, revient pour le gouvernement provisoire à définir clairement la politique budgétaire et monétaire du pays… au moment même où on assiste à une sérieuse dégradation de sa note souveraine.
Aucun des ministres qui se plaisent aujourd'hui à se montrer sur les plateaux de télé n'a encore sérieusement évoqué ou souligné ce risque. Les mots emploi, création d'entreprises, investissement, exportation, bref, le mot croissance a étrangement disparu des discours et du propos des ministres du gouvernement provisoire. Même les ministres technocrates, pourtant de très haute facture, semblent éluder, pour le moment, ces questions.
Naguère, le pays craignait le chaos et la fuite en avant sécuritaire. Ce qu'il devrait à présent craindre le plus, c'est une fuite en avant d'ordre macroéconomique. Ainsi que le relève une récente publication du Centre tunisien de veille et d'intelligence économique, pour boucler son budget de 2011, l'Etat avait compté sur la mobilisation des ressources propres, la maîtrise des dépenses, la relance de la croissance et le recours aux emprunts extérieurs. Les ressources propres, qui devraient augmenter de 6,1% par rapport à 2010 couplées d'une maîtrise des dépenses permettront de contenir le déficit budgétaire dans la limite de 2,5% du PIB tandis que le taux de la dette publique sera réduit à 39% du PIB contre respectivement 2,6% et 39,8 % réalisés pour fin 2010. Ce schéma tient-il encore aujourd'hui au regard de la multitude des revendications sociales nourries et alimentées à dessein par ce grand air de liberté «post-révolutionnaire» ? Poser ainsi la question, c'est évidemment y répondre. Le recul de la croissance va de fait compromettre sérieusement la réalisation des objectifs budgétaires initiaux. Le recul de la croissance va affecter les recettes fiscales alors même que les dépenses publiques sont susceptibles de croître plus que prévu pour faire face aux revendications sociales qui tendent à se multiplier et pour entretenir les subventions des prix des produits de base qui, comme précédemment souligné, connaissent un renchérissement sans précédent sur le marché mondial. Le creusement attendu du déficit budgétaire va amplifier le recours du pays au financement extérieur par l'augmentation du besoin de financement. Cet état de fait qui semble très probable risque de mettre la Tunisie dans une situation insoutenable par rapport aux attentes des acteurs internationaux.
La zone de turbulence que traverse actuellement notre pays ne saurait toutefois pas justifier que l'on sursoit à l'examen de ces questions de fond, sous prétexte qu'au nom de la Révolution, de la volonté du peuple, de la liberté et de la quête de démocratie, la priorité doit être donnée aux questions d'ordre politique. La liberté arrachée par le peuple et la démocratie que l'on prépare pour lui seraient vaines et demain en péril, si venaient à manquer les conditions et facteurs de leur épanouissement et de leur pérennité. Si elles venaient à manquer d'entretenir, d'alimenter et de nourrir au quotidien ce terreau fertile que seule peut apporter une croissance économique saine et durable.
Avoir le courage et l'audace d'éviter les dérapages budgétaires, de ne pas céder aux revendications sociales irresponsables. Même s'il est provisoire et parce qu'il est justement provisoire, le gouvernement de transition peut avoir ce courage et cette audace d'inscrire d'ores et déjà son action sur le long terme et par-delà les conjonctures. Ce gouvernement dispose, le temps de son mandat, d'une liberté de manœuvre qu'aucun de ses successeurs n'aura plus jamais à l'avenir. Quoiqu'il fasse, il ne sera pas «sanctionné» par les urnes. L'Histoire lui sera en revanche redevable pour les actions et mesures courageuses et pragmatiques qu'il aurait entreprises.
Par-delà la préparation de la transition démocratique qui est en soi une mission à la fois éprouvante et exaltante, la mission historique du gouvernement provisoire est, à notre sens, celle qui consiste à dessiner dès aujourd'hui les contours de l'économie tunisienne de demain et à définir un nouveau mode de croissance pour un pays aux ressources limitées, riche de son capital humain et irrévocablement libéral et ouvert au monde et sur le monde.


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