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Des revendications... à couper le souffle
Gouvernorat de Tunis
Publié dans La Presse de Tunisie le 12 - 02 - 2011

• Logement, couverture sanitaire, sécurité sociale, bourse pour handicapés, emploi sont les principales demandes
Jeudi, 10 février 2011 au siège du gouvernorat de Tunis. Voilà quatre jours que l'autorité régionale reçoit les revendications des citoyens. Un calendrier est établi pour accueillir les demandeurs. Les files ( hommes et femmes) sont démesurément longues. Sur le seuil du gouvernorat, l'armée veille au grain. La foule, de tous les âges, s'impatiente : elle veut s'adresser au gouverneur ou déposer un dossier.
Le logement constitue pour la plupart, une priorité absolue. «Je veux un logement!» est une revendication qui paraissait, jadis, hors norme mais qui, de nos jours, s'avère des plus verbalisées. Ahmed Oueslati, a 40 ans. Depuis lundi dernier, il se plante devant le siège du gouvernorat, dans l'espoir de s'entretenir avec le gouverneur. «J'habite une chambre chez mes beaux-parents. Cela fait longtemps que j'ai déposé une demande de logement au gouvernorat », indique -t-il. Hammouda est chômeur, père de trois enfants et avoue survivre de la collecte des ordures. Bien qu'il n'a pas de source de revenu, Hammouda n'a qu'une obsession : le logement. «Je ne demande qu'un toit pour ma famille. Le travail est relégué au second plan», indique -t-il.
Emploi..emploi..
Pour d'autres, l'emploi représente la solution à tous les problèmes. Le cas de Abdelkader Touil, 27 ans et spécialisé dans la gravure sur bois. Ce jeune chômeur ayant deux filles à charge sollicite un crédit pour monter un projet au village artisanal de sidi Hassine Essijoumi. «J'ai travaillé durant huit ans à l'ONA. Puis, on nous a promis des boutiques dans ce village. Toutefois, ces boutiques ont été accordées à une minorité», indique-t-il. De son côté, Nabil Ben Fraj, 26 ans, est ingénieur en sciences appliquées et technologies, spécialité maintenance industrielle et instrumentation. Diplômé depuis 2009, il n'a pas réussi à être embauché. «J'ai participé à des concours qui me paraissent plus formels que crédibles. La seule chose qu'on me reprochait sans doute, c'est d'être apolitique», avoue-t-il.
Par ailleurs, certains citoyens ont vu leur situation économique et sociale se dégrader à cause de l'intrusion des Trabelsi dans plusieurs domaines. Moëz Fodha travaillait comme mécanicien au sein d'une entreprise tuniso-française. L'intrusion des Trabelsi dans cette entreprise a découragé les responsables français qui ont fini par abondonner ce projet. «On a fini par nous mettre à la porte sous prétexte des difficultés financières. De ce fait, j'endure mon statut de chômeur depuis sept ans déjà, et je le vis très mal, surtout que j'ai deux enfants à nourrir», indique Moëz.
Il y a lieu de noter que les citoyens revendiquant l'insertion professionnelle se divisent en deux groupes majeurs: ceux qui ont reçu une formation professionnelle ou ayant décroché un diplôme de l'enseignement supérieur et ceux qui n'ont aucune expérience professionnelle. Lotfi Bedhyafi est chômeur et père de famille. «Mon seul et unique souci, c'est de trouver un travail et de pouvoir subvenir aux besoins de ma famille», indique-t-il.
Omrane Horchani a trente ans. Il a un diplôme en coiffure. Il n'a réussi à travailler que durant un mois comme agent de gardiennage à la sogegat. «J'ai tellement besoin, indique-t-il, de travailler et de gagner ma vie comme... tout le monde.. ». De son côté, Imed Kerchaoui, ayant un diplôme en restauration fast-food, s'est déplacé au siège du gouvernorat de Tunis, sollicitant un crédit auprès de la BTS afin de monter son propre projet.
Certains pères de familles se sont rendus au gouvernorat de Tunis pour déposer les dossiers de leurs fils et filles, qui n'ont pas bénéficié jusque-là d'une insertion professionnelle. C'est le cas, à titre d'exemple, de Mohamed Ben Amara, dont la fille est docteur en médecine en chômage depuis deux ans, ou encore du parent de Chaker Thakkar. Ce dernier ayant obtenu un diplôme national en publicité audiovisuelle a, selon les dires de son père, été victime d'une discrimination au profit des diplômés issus de familles favorisées.
Logement, emploi, mais aussi prestations indispensables pour les personnes à besoins spécifiques. C'est le cas de Moncef Chennaoui, chômeur et ayant un enfant handicapé à sa charge. «Mon fils a besoin d'être opéré afin qu'il puisse désormais se libérer de son handicap moteur. Cela fait cinq ans que je frappe à toutes les portes, en vain», indique -t-il sur un ton de désarroi.
Par ailleurs, Youssef Mogeâdi est un chômeur âgé de 62 ans. Outre sa situation financière fort dégradée, il a du mal à s'occuper de son fils handicapé qui, selon ses propos, ne bénéficie d'aucun droit. Pour sa part, Mohamed Rahmani, souffrant d'un léger handicap mental tend sa carte en revendiquant d'être écouté, d'être considéré. Quant à Abderrahmen Guarfahi, un homme d'un certain âge, il demande de pouvoir reprendre son droit aux soins et sa bourse de 160dt; deux droits qui lui ont été délestés sans aucune explication.
Autant de revendications, autant de cas sociaux et autant de situations à clarifier. Sami Ben Amor est un technicien supérieur qui a signé une convention avec la municipalité et le gouvernorat dans le cadre notamment du fonds 30/ 30. Il n'a toujours rien reçu de la part du gouvernorat, c'est pourquoi il s'y est déplacé, en quête de solution envisageable. De son côté, Wissem Ibrahim, un taxiste, profite de l'occasion pour lancer un appel insistant aux responsables, et ce, dans l'optique de mettre en œuvre leurs promesses, notamment celles relatives aux autorisations de louage, de taxi et autres.
«Les responsables devraient rassurer les citoyens quant aux différents domaines de préoccupations, telles la jeunesse, l'emploi, le logement et les bourses», fait remarquer Mostapha Guarrach, ouvrier.
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Parole à l'administration
M. Ridha Bannani, attaché de presse au gouvernorat de Tunis, indique que la réception des dossiers obéit à un calendrier qu'on ne respecte malheureusement pas. «Nous sommes parfaitement à l'écoute des citoyens. Le seul problème, en revanche, c'est l'affluence et l'impatience des demandeurs qui veulent des solutions immédiates», explique M. Bannani. Et d'ajouter que le gouvernorat a reçu, en quelques jours, plus de 1.200 dossiers. «Ce qui est certain, c'est que ce calendrier continuera à être opérationnel jusqu'à épuisement des demandes».
Rappelons que les lundis sont consacrés au dépôt des dossiers et requêtes relatifs au logement; les mardis à l'emploi; les mercredis aux autorisations diverses; les jeudis, aux problèmes sociaux, à la couverture sanitaire, et les vendredis au développement ainsi qu'à l'assainissement et à l'éclairage.
D.B.S.


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