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On a enfin voté !
Elections dans la ville du Kram-Ouest
Publié dans La Presse de Tunisie le 24 - 10 - 2011

Hier, des millions de Tunisiens ont vécu une journée historique qui restera dans les annales. Tout le monde s'est levé tôt pour aller aux urnes afin d'exercer son droit de vote démocratiquement. Vers sept heures du matin, les premières files ont commencé à se former devant les bureaux de vote. Hommes, femmes, enfants, personnes âgées se côtoient attendant patiemment leur tour pour entrer voter dans les salles qui ont été aménagées pour l'occasion. Dans la ville du Kram-Ouest, toutes les listes ont été arrachées de la façade donnant sur la grande avenue. Seuls les numéros inscrits témoignent de leur ancienne présence. Adossés à l'ombre, un groupe d'hommes discutent du choix qu'ils vont faire. Un nom est lâché: celui d'Ennahdha.
Plus loin, c'est un soldat qui surveille l'entrée d'un établissement scolaire transformé en bureau de vote. Devant la porte, de jeunes observateurs aident de vieilles femmes à entrer à l'intérieur et leur expliquent la procédure à suivre. Abdelhamid Bouhaouala, un cadre ouvrier âgé d'une cinquantaine d'années pousse une chaise roulante dans laquelle est installée une femme âgée. Le quinquagénaire, qui ne s'est toujours pas décidé pour quel parti voter, a tenu à ce que sa mère âgée de quatre-vingt ans l'accompagne afin qu'elle exerce également son droit de vote. «Ma mère elle s'est décidée. Par contre moi je compte revenir après car je suis encore indécis. Aucun parti ne m'a jusqu'ici convaincu. Ces personnes qui vont former l'Assemblée constituante vont désigner le futur gouvernement et président. J'espère que ce dernier, entre autres dossiers, se penchera sur la question des droits des travailleurs».
Agée de soixante-dix ans et portant le voile, Mabrouka Mathlouthi est heureuse. Cette septuagénaire affirme être fière de pouvoir participer, pour la première fois de sa vie, à des élections libres et démocratiques et de choisir le parti qui lui inspire le plus confiance. Une autre femme Fatma Snoussi, femme au foyer, acquiesce de la tête. Cette mère de trois jeunes hommes, licenciés et au chômage, espère que le pays s'engagera définitivement sur la voie démocratique et mettra fin à la corruption à tous les niveaux, en trouvant notamment une solution au problème du chômage : «Comme beaucoup de mes concitoyens, je considère que l'acte de voter est sacré surtout lorsque les élections se déroulent de façon démocratique. Je vote pour que mes enfants et mes petits-enfants connaissent un avenir meilleur que le nôtre et qu'ils trouvent du travail. J'espère que le prochain gouvernement qui tiendra les rênes de ce pays trouvera une solution au chômage».
J'ai voté en pensant à lui
A l'intérieur du bureau de vote dans lequel trois isoloirs et une urne de couleur transparente ont été installés, un des membres vérifie la carte d'identité de chaque électeur qui se présente et inscrit son nom sur le registre. Le second membre lui tend un bulletin et lui explique ce qu'il faut faire sous l'oeil attentif des observateurs qui veillent au grain. Après s'être enregistré, l'électeur plonge son doigt dans un encrier et ensuite se rend derrière l'isoloir pour cocher la case qui correspond au parti pour lequel il veut voter avant de l'introduire dans l'urne transparente. «L'opération de vote s'est plus ou moins bien déroulée. Beaucoup ont suivi les instructions et coché convenablement la case qui correspond à leur choix. Mais il y a malheureusement des électeurs analphabètes qui se sont trompés en apposant leur empreinte au lieu de cocher la case. Par ailleurs, quinze électeurs n'ont pas pu voter car ils n'étaient pas inscrits », relève Abou Ala, un des observateurs présents dans la salle. Certains jeunes blessés au cours de la révolution ainsi que les familles de martyrs n'ont pas manqué non plus ce rendez-vous important. La mère de Atef Labaoui, le jeune homme de 23 ans mort d'une balle perdue en plein cœur, est allé accomplir comme ses voisins son devoir de vote. Cette mère au foyer à la tête d'une famille composée de cinq enfants et qui a dû continuer à vivre normalement malgré l'immense douleur qui l'a assaillie après la mort de son fils et n'a raté aucun débat ni programme électoral à la télévision pour pouvoir choisir un parti. «C'est mon aîné. C'est lui qui travaillait pour ramener des sous à la maison. Cela a été une perte cruelle pour nous. Mais la vie continue. S'il était vivant, il m'aurait accompagné pour voter. J'ai voté en pensant à lui et pour que la Tunisie connaisse un avenir meilleur». Assis sur une chaise, le pied et la jambe enveloppés de bandages, Mohamed Boughanmi, un jeune homme travaillant dans l'administration d'un établissement scolaire et blessé au cours de la révolution affiche une mine amère. Il a décidé de ne pas voter malgré l'enjeu des élections. «Je ne suis convaincu par le programme d'aucun parti. Tous ces chefs de partis se sont fait de la publicité sur le dos des martyrs. Je ne pense pas qu'ils tiendront leurs promesses. Dès qu'ils accèderont au pouvoir, ils penseront avant tout à leurs propres intérêts».


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