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Les perspectives d'avenir post-2015
Rapport des Objectifs du millénaire pour le développement- 2011
Publié dans La Presse de Tunisie le 02 - 11 - 2011

Par notre envoyée spéciale à Addis Abeba Najoua HIZAOUI
En marge des assises de la conférence économique africaine tenue à Addis Abeba, du 23 au 29 octobre 2011, un workshop a été organisé portant sur l'évaluation des progrès accomplis en Afrique dans la réalisation des Objectifs du millénaire pour le Développement. Un rapport sur les OMD 2011 a été présenté par une pléiade d'experts africains de la commission économique des Nation unies.
Ce rapport présente les dernières informations disponibles sur l'état des progrès accomplis en Afrique dans la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), après les travaux de la dernière réunion plénière de haut niveau sur les OMD, qui s'est tenue en septembre 2010. Ce Sommet historique avait noté, dans ses conclusions, que la réalisation des OMD sur le plan mondial était encore possible d'ici à 2015, mais qu'il fallait pour cela renforcer les partenaires internationaux, établir des collaborations plus étroites entre les autorités nationales et les partenaires du développement , et manifester une volonté politique plus ferme dans l'engagement envers la réalisation des OMD au niveau national.
Le rapport indique que les progrès dans la réalisation des OMD avait été jusqu'alors soutenus, mais que les crises des denrées alimentaires et du pétrole des dernières années, auxquelles s'est ajoutée la crise financière plus récente, combinées à l'instabilité politique observée dans les pays de l'Afrique du Nord en 2011 pourraient ralentir le rythme des avancées. Cette perspective appelle à un redoublement d'efforts pour préserver les gains déjà acquis et garantir le succès final.
Tendances préoccupantes à l'échelle du continent
Et c'est en particulier les baisses de la productivité de la main-d'œuvre, l'augmentation du chômage des jeunes et le nombre grandissant de travailleurs pauvres qui constituent des tendances préoccupantes à l'échelle du continent. En effet, les récents développements politiques en Afrique du Nord et au Moyen-Orient constituent un coup de semonce à la fois pour l'Afrique et les autres régions du monde, sur la nécessité d'adapter une approche plus inclusive et équitable de la croissance.
Le nombre croissant de travailleurs pauvres rappelle que l'essence de la création d'emplois n'est pas simplement de fournir un salaire minimum vital, mais un salaire décent.
En outre, la représentation disproportionnée des femmes dans les rangs des travailleurs pauvres devrait alerter sur l'importance du développement des efforts plus concertés face au déséquilibre entre les genres au sein de la population active, et par la même, engager cette population à s'intéresser non seulement à la part des femmes employées sur le marché du travail, mais aussi à leur répartition sur l'éventail élargi des catégories professionnelles et des niveaux de qualification.
Le rapport souligne par ailleurs que les OMD sont étroitement interconnectés, d'où la nécessité d'adopter une approche intégrée pour accélérer leur réalisation. Pour ce faire, il est impératif que les décideurs établissent clairement les priorités parmi les interventions susceptibles de produire les effets de levier et de cascade les plus probants dans la gamme étendue des indicateurs. Par exemple, l'autonomisation des femmes, l'éducation, la pauvreté et la santé, sont inextricablement liées. Le suivi est essentiel à l'évaluation des performances dans la réalisation des OMD et pour identifier les poches de vulnérabilité à partir desquelles il conviendrait d'élaborer des interventions ciblées.
Des histoires de réussite
Le rapport fait état de variations considérables sur le plan des performances liées aux OMD entre les sous-régions et au sein de celles-ci comme l'échelle des différents pays considérés séparément.
Malgré la lenteur de la progression observée sur plusieurs indicateurs en Afrique, il existe un certain nombre de pratiques et de leçons apprises richement documentées qui peuvent être exploitées pour accélérer les progrès. Il est à noter que les histoires de réussite sont aussi le fait de pays en situation de relèvement après conflit, tels que le Liberia et la Sierra Leone. Ces deux pays ont ainsi accompli des avancées remarquables dans le domaine de la mortalité infantile et la santé maternelle. Leurs résultats satisfaisants démontrent qu'il est possible de réaliser les OMD, même dans les conditions les plus difficiles, à condition de faire preuve d'une ferme détermination politique et d'être soutenu par une aide extérieure appropriée.
Dans ce rapport, les structures concernées ont mis l'accent sur le potentiel des programmes de protection sociale pour accélérer les progrès vers la réalisation des OMD. Par conséquent, ils ont recommandé vivement aux décideurs de réviser le calibrage de leurs programmes de protection sociale, de manière à ce que ceux-ci soient perçus non comme des systèmes de distribution d'aumônes ou de subventions, mais plutôt comme des mesures servant à consolider les actifs productifs. De telles perspectives sont pertinentes et opportunes à la lumière de l'impact exercé par les crises des denrées alimentaires et du pétrole, de la crise financière qui s'en est suivie sur la vie d'un grand nombre d'individus.
La clé de l'assainissement des finances publiques
Le rapport a fait ressortir que les ressources domestiques doivent être complétées par une mise à l'échelle de l'aide au développement pour permettre aux pays africains de réaliser les OMD. A cet égard, les structures concernées préconisent une augmentation du volume de l'aide au développement pour la réalisation des OMD en Afrique.
Plus préoccupant encore, l'assainissement des finances publiques, qui semble être aujourd'hui un passage obligé pour sortir de la crise économique mondiale, ne laisse pas présager que ces engagements seront de sitôt honorés.
Cependant, il est encourageant de constater que les pays en développement bénéficient désormais de l'aide de la part de nouveaux bailleurs de fonds et de donations en provenance du secteur privé dans les pays développés. Il reste que l'aide accordée aux pays africains ne devrait pas augmenter de plus de 1% par an entre 2011 et 2013, en termes réels.
Lesdites structures pensent qu'il est nécessaire d'intensifier les efforts sur différents fronts, et notamment rechercher des sources de financement de rechange, exploiter judicieusement les ressources existantes et mettre au point des systèmes crédibles pour mobiliser les ressources nationales.
En outre, la communauté internationale a réaffirmé son engagement à l'égard des OMD, reconnaissant toutefois les progrès y afférents accomplis et considérant que la réalisation des OMD sur le plan mondial est encore possible avant la date butoir de 2015, à condition que les partenaires internationaux soient renforcés, les liens de collaboration entre les autorités nationales et les partenaires du développement resserrés et le processus guidé par une volonté politique ferme au niveau national.
Il ressort de l'évaluation générale des progrès accomplis en Afrique sur le front des OMD qu'en dépit des avancées positives dans l'ensemble, les résultats restent mitigés, selon l'indicateur utilisé et le pays concerné, tant et si bien que le rythme global de la progression ne suffira pas à garantir la réalisation des OMD avant la date cible de 2015.
Indicateurs de santé
Malgré l'ampleur des crises (hausse des prix des denrées alimentaires, flambée des cours du pétrole, crise financière mondiale), les pays africains sont généralement parvenus, au cours des dernières années, à progresser régulièrement sur la voie de l'instauration de l'éducation primaire universelle, et l'autonomisation des femmes. Ces résultats ont été particulièrement perceptibles au niveau de l'accroissement du ratio d'inscription des filles par rapport aux garçons à l'école primaire. D'importants progrès ont été aussi accomplis sur le plan de la lutte contre le VIH/SIDA, grâce à l'adoption de mesures telles que les campagnes de sensibilisation visant à modifier les comportements ou promouvoir le recours aux thérapies antirétrovirales, qui ont fait baisser le nombre de nouveaux cas de contamination et de décès dus au SIDA.
En ce qui concerne les indicateurs de santé, les progrès se sont avérés être insuffisants de manière générale. En dépit des avancées remarquables observées dans quelques pays, le continent dans son ensemble marque le pas en matière de santé maternelle et infantile par rapport aux autres régions du monde. Les efforts déployés pour éradiquer le paludisme et la tuberculose ont abouti à des succès limités en raison de l'insuffisance des infrastructures de soins de santé primaires, de manque de qualification du personnel médical et des difficultés d'accès aux médicaments abordables.
Les inégalités d'accès aux services publics (éducation, santé, eau et assainissement) aggravent d'autant plus la marginalisation des groupes exclus de la société, cet état des choses a été reconnu dans ce rapport d'évaluation, qui préconise de s'attaquer aux inégalités comme un moyen efficace pour garantir que les progrès soient étendus à l'ensemble des segments de la population. Le rapport propose des interventions spécifiques, tels que des programmes de protection sociale, afin de créer des conditions équitables pour tous, assurer la disponibilité, la continuité et l'accessibilité des services publics et accélérer la réalisation des OMD.
L'Agenda post-OMD
Alors que l'échéance de 2015 approche à grands pas, les efforts doivent être redoublés pour accélérer les avancées sur le front de la réalisation des OMD, en procédant d'une manière plus systématique et pragmatique. En effet, l'accent devra être placé sur le développement de l'accès à l'énergie, l'investissement dans le capital humain représenté par les femmes et les filles, et le renforcement des capacités de gouvernance locale et de gestion économique.
A l'approche de cette date, la question qui se pose à de nombreux praticiens du développement est la suivante : Et après ? Quel devra être l'agenda du développement post-2015 ? S'agira-t-il de remplacer le programme d'action actuel des OMD entièrement, de le poursuivre sous une forme modifiée, ou simplement de le reconduire sous sa configuration actuelle ? Autant de questions difficiles qui restent, dans l'immédiat, sans réponse. Ce qui est clair, toutefois, c'est que les performances des pays, des régions, voire des entités nationales, ont considérablement varié selon les cas. Certains ont réalisé des progrès remarquables, d'autres ont marqué le pas ou régressé. Si bien que pour les pays qui ont atteint les cibles, certains OMD pourraient ne plus être pertinents sous leur forme actuelle. Il pourrait être utile et pertinent pour ces pays-là de disposer d'un agenda qui «prioriserait» la consolidation et la viabilité des acquis en matière d'OMD.
Pour les sous-régions, l'agenda post-OMD devrait mettre l'accent sur le renforcement des modalités de mise en œuvre et sur la consolidation des partenariats afin que tous les OMD soient véritablement réalisés.
Il convient également d'envisager des mesures visant à améliorer la qualité de l'éducation, minimiser les inégalités d'accès aux services sociaux et renforcer les capacités de réduction des risques de catastrophes naturelles.
A l'évidence, l'agenda post-2015 devra reconnaître, au lendemain de cette échéance, que la réalisation des objectifs ne doit pas constituer un événement ponctuel, mais plutôt un processus dynamique pouvant subir des secousses et des revirements sous l'effet de facteurs exogènes et endogènes. Et s'il est certain que la réalisation des OMD constitue une première étape critique, la consolidation et la pérennisation de ces acquis durement gagnés pourraient s'avérer un défi encore plus difficile à relever.


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