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La Nahdha : Une machine à conquérir le pouvoir
Opinions
Publié dans La Presse de Tunisie le 27 - 12 - 2011


Par Kamel ESSOUSSI
Elle est d'une redoutable efficacité et elle broie tout sur son passage, un vrai rouleau compresseur la machine de la Nahdha. Elle était pourtant bien coffrée dans les geôles hangars de Ben Ali, sous la bienveillante surveillance des occidentaux. Son moteur ronronnait en silence et se faisait le plus silencieux possible pour ne pas éveiller ce démon de dictateur qui avait la charge de la démanteler, à telle enseigne d'ailleurs que pendant toute la période du 17 décembre au 14 janvier, on l'avait complètement occultée, oubliant même au passage qu'elle existât. Le jour où tout bascula suite à la fuite du dictateur et qu'un champ de ruines institutionnel, judiciaire, éducatif, économique s'installât, la machine Nahdha allumait ses moteurs. Elle n'attendait plus que son conducteur Rached Ghannouchi exilé à l'étranger qui débarqua en triomphateur, accueilli avec l'hallali qui lui sied par ses adeptes à l'aéroport, et qui le portèrent illico presto sur le siège avant de la machine qui avait ce jour là commencé à avancer pour conquérir le pouvoir.Les modernistes détracteurs de la Nahdha pensaient à l'usure par le temps des rouages de cette machine. Ils ne croyaient pas au redémarrage aussi rapide d'un engin qui dormait, 23 ans durant. Jusqu'au jour où ils regardèrent, médusés les vidéos des meetings électoraux pleins à craquer de fidèles et ne crurent pas leurs oreilles assourdis par le takbir qui montait des fins fonds de la Tunisie. Partout où elle passait, la machine bien huilée et bien recyclée dans son discours faisait un tabac. Tous se consolaient en disant que le bon peuple saurait raison garder et empêcher la Nahdha de rafler la mise le jour J. Ils ont beau exhiber le double langage de ce parti, son utilisation des mosquées, l'absence de ses adeptes lors des jours heureux où le peuple bravait le dictateur, la possibilité d'un pays « iranisé » et probablement tyrannisé, arguments qu'ils se voulaient freins pour décélérer la machine, rien n'y fait. Les résultats des élections prouvèrent qu'on actionnait l'accélérateur et non pas le frein.Et maintenant que les événements ont démontré que la machine Nahdha est efficace, vous croyez qu'elle va pouvoir s'arrêter en si bon chemin ?. Oh que non ! Rien qu'à voir ce qui se trame dans l'enceinte du palais du Bardo, on se dit que plus rien ne peut arrêter cette conquête : ni les tollés soulevés par l'opposition sur tout et rien, ni leurs propositions véhémentes écartées avec dédain, ni leur agressivité farouche tolérée mais méprisée du fait de son score insignifiant aux élections. Au contraire, toutes ces gesticulations justifiaient les pleins gaz de cette machine qui, drapée de légitimité démocratique, actionnait encore une autre manette non moins bien huilée : la manette automatique du vote qui faisait avancer la conquête lorsqu'il y a des ratés dans le moteur. C'est du reste cet accessoire, cette option miracle de déblocage qu'on utilise encore pour peaufiner les derniers détails de l'accaparement du pouvoir. Le vote, ah ce fameux joujou tout neuf tout beau offert par les martyrs de la révolution ! qui a permis d'installer à Carthage un président pour une période indéterminée – une première- et dont on a pris soin, au préalable, de dépouiller de pas mal de prérogatives qui risquaient de constituer des grains de sable faisant grincer les rouages de cette machine dans sa montée en charge. Ah ! cette mécanique du vote légitime certes mais un peu à la va-vite qui a permis de faire admettre un gouvernement constitué d'une pléthore de ministres : gendres, adeptes fidèles et partis alliés – Ettakattol et le CPR - qu'on a gratifiés de quelques portefeuilles non sans les faire imploser au passage de l'intérieur , laissant la machine Nahdha, aux troupes disciplinées, faire cavalier seul pour continuer sa marche inexorable vers l'accaparement du pouvoir, de tous les pouvoirs. Aujourd'hui que la Nahdha est maître à bord, qu'elle a la quasi-totalité du contrôle des institutions entre les mains et que sa machine est en route pour régir les affaires de l'Etat, a-t-elle intérêt ou peut-elle toute seule gouverner sans feuille de route précise, sans programme économique, social et culturel sérieux ? Comment résoudre les problématiques du million de chômeurs ? Quels mécanismes instituer pour relever le niveau du quart de la population au-dessous du seuil de pauvreté ? Quelles mesures prendre pour réattirer les investisseurs et dissuader ceux d'entre eux qui veulent remettre les clés sous le paillasson de rester ? Le nouveau Premier ministre nous a laissé sur notre faim pour toutes ces questions lors de son discours d'investiture. Le peuple inquiet et déprimé attend désespéré la relance économique qui semble compromise. Excédé, il se permet même des crises aigues de colère de plus en plus fréquentes au point de se faire mal en fermant inconsciemment son gagne pain. Tout ce qu'on sait, c'est que, manifestement, la Nahdha , même si au fond a tout fait pour se faire aider, n'en a pas moins choisi la voie difficile de gouverner elle-même. Sans concessions. Ni aux technocrates ni à l'opposition ni à l'ancienne équipe gouvernementale de Sebsi qui avait pourtant fait la preuve de sa maturité politique et de son savoir faire dans des circonstances difficiles. Tout laisse croire qu'elle est là pour s'éterniser. On en vient même à oublier la nouvelle Constitution qu'elle se devait de nous concocter. Ce qu'il faut espérer c'est que la machine à conquérir le pouvoir, grisée par la vitesse, ne s'emballe pas au delà des limites en écrasant une opposition et une société civile censées constituer un frein de secours pour éviter les dérapages et les accidents de l'histoire qui peuvent tuer le peuple. Ce qu'il faut espérer aussi c'est que cet engin fonceur n'écrabouille pas - à la manière du RCD de triste mémoire - l'administration, l'UGTT , l'UGET , l'Association des femmes démocrates ...., en les noyautant par des structures parallèles ou en les infiltrant au point de les asphyxier par des adeptes trop zélés. Si, par malheur, la machine Nahdha s'autoriserait par le jeu démocratique encore à faire main basse sur tout, elle s'érigerait en un bolide surpuissant qui court sans freins dans un chemin cahoteux sans apercevoir le seul panneau de signalisation qui y est planté : chemin sans issue avec précipice au bout.Gageons que la Nahdha saura s'arrêter à temps. Ou du moins espérons !


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