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T pour Tétrarchie
Post-scriptum
Publié dans La Presse de Tunisie le 09 - 02 - 2012


Par Yassine Essid
Enchâssée dans un angle extérieur de la basilique Saint-Marc à Venise, se détache la statue en porphyre représentant les tétrarques, Dioclétien, Maximilien, Valérien et Constance, qui dirigèrent ensemble l'Empire romain à la fin du IIIe siècle. Les quatre personnages se tiennent deux par deux, se donnant l'accolade tout en gardant une main ferme sur la poignée du glaive. Parce que l'Empire doit faire face à trop de menaces pour être tenu par un seul homme, Dioclétien, pour ne plus être seul à gouverner tout l'empire, décida d'instaurer la tétrarchie, un système de gouvernement à quatre en fixant des règles sévères pour le choix quant à l'expérience et la qualification de la personne choisie. Après les dernières élections, la Tunisie s'est dotée d'une version moderne de la tétrarchie romaine avec un dispositif de partage du pouvoir imposé là aussi par des circonstances exceptionnelles. La transition étant trop lourde et trop risquée pour être tenue par ou confiée à un seul individu, on opta pour une alliance à quatre comme une solution pragmatique pour faire face à des problèmes spécifiques permettant d'assurer provisoirement le gouvernement politique de l'Etat. Mais pour que cette alliance soit efficace, il faut que le partage respecte un certain équilibre entre les membres, que l'un fasse contrepoids à l'autre et, par-dessus tout, qu'ils partagent tous les critères du bon gouvernement afin de se rallier le peuple et donner au pays les meilleures conditions pour sortir de la crise. Or que constatons-nous? Au lieu de garantir une cohérence au sein du gouvernement, cette alliance s'est transformée en dissonance génératrice de confusion, d'instabilité et d'inefficience. Le premier membre du quatuor, installé à la tête de l'Etat, est décidément incapable de tenir en place. Il veut être présent sur tous les fronts, multiplie les déclarations tonitruantes sans s'accorder jamais le temps du recul nécessaire à une prise de décision sereine. Tantôt c'est l'Afrique, pour laquelle il préconise la création des zones de libre-échange, tantôt c'est les pays du Maghreb qu'il exhorte à l'union. Outrepassant souvent les limites constitutionnelles de ses compétences, il se permet de montrer du relâchement lorsqu'il faut de la retenue, de l'excès quand il s'agit de faire preuve de mesure. Le deuxième archer, cette fois à la tête du gouvernement, apparaît dépassé par une charge dont il ne soupçonnait nullement la densité. Il semble en tous les cas courir en permanence derrière les événements sans réelle vision, sombre petit à petit dans l'immobilisme, acculé dans une posture d'attente et contraint de multiplier les concessions en donnant raison à tout le monde. Le troisième préside l'Assemblée nationale constituante, une dignité longuement caressée même si elle se trouve réduite à presque rien face à un parti qui occupe la majorité des bancs. Un plat de lentilles pour lequel, pourtant, il n'a pas hésité à renier ses valeurs, vendre son âme et trahir ses électeurs. D'ailleurs, pendant qu'il continue à se lisser les plumes en haut de son perchoir, son parti prend l'eau de toutes parts et, petit à petit, se vide de ses militants. Le dernier du groupe, et non le moindre, tient à conserver la posture du leader et du berger qui guide son peuple et le rassemble. Il assume de facto les attributions des trois autres par l'autorité que lui confèrent l'ascendant spirituel et le népotisme. Homme du secret, rompu au double discours, il est présent dans tous les lieux de pouvoir. Jusque dans les murs de l'Assemblée nationale constituante que dirigent ses partisans. Le Premier ministre est à ses ordres, le ministre des Affaires étrangères est son gendre, le rapporteur général de la commission de rédaction de la Constitution est un proche parent. Responsable politique et religieux, il n'est encombré par aucune durée déterminée quand les autres sont déclarés provisoires, ne peut faire l'objet d'aucune procédure ni de destitution, ni de déchéance puisqu'il n'est rien et ne représente rien. Dans les démocraties modernes, la responsabilité gouvernementale s'est développée dans le cadre du régime parlementaire, dont elle est le trait essentiel. La séparation des pouvoirs apparaît comme la condition d'existence de la responsabilité politique dans le sens où elle implique une collaboration entre les pouvoirs et des moyens d'actions réciproques de l'un sur l'autre. Or, il suffit d'observer une semaine ordinaire du monde enchanté du gouvernement de la Nahdha pour apprécier l'étendue des dommages dans la mesure où les dépositaires de la puissance exécutive se comportent, chacun à sa façon, comme les maîtres du peuple, et non ses officiers, ne craignant ni destitution ni révocation, n'obéissant qu'à ce que leur dictent leurs caprices ou leurs passions. Un quatuor de voix toujours dans l'aigu et discordantes à souhait. L'institution de la responsabilité politique est un élément fondateur de la société politique, inséparable de la thématique de l'organisation des pouvoirs dans un régime représentatif. Or qui gouverne aujourd'hui ? Qui est réellement responsable ? Tout ceci annonce un régime potentiellement totalitaire par l'habile combinaison de quatre éléments : l'existence d'un parti hégémonique accompagnée d'un respect formel des règles démocratiques; le fait que ce parti s'adosse à une idéologie qui se transformera progressivement en une vérité officielle de l'Etat ; la détention par l'Etat d'un double monopole de la force et de l'information (tentative pour le moment ratée, de mettre la presse au pas) ; la soumission à l'idéologie de la plupart des activités économiques (finances islamiques) ; en attendant que se mette en place le cinquième et dernier élément : le règne de la terreur.


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