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Les bons crus de la chanson française
Présence des arts: Pierre Delanoë
Publié dans La Presse de Tunisie le 20 - 01 - 2010


Les amateurs de musique en Tunisie, jeunes et moins jeunes, ont eu à un moment ou un autre, un faible pour une chanson française ou un souvenir personnel que traduisent : Laisse mes mains sur tes hanches (Adamo), L'important, c'est la rose (Gilbert Bécaud) ou Ne me quitte pas (Jacques Brel). Cette dernière chanson fait d'ailleurs, et désormais, partie de l'univers du mélomane tunisien. Certains sont même de vrais fanatiques qui connaissent, par cœur, des répertoires entiers. Aussi nous paraît-il intéressant, dans le cadre de cette rubrique où nous avons déjà parlé d'Ibrahim Néji (Egypte)et de Abdelmajid Ben Jeddou (Tunisie), de parler de poètes et de paroliers français à qui on doit de si belles chansons. Parmi eux, celui qui nous paraît le plus prolifique, le plus varié, le plus passionnant, mais aussi le plus passionné: Pierre Delanoë. Une vie dédiée à la chanson : Comme Ben Jeddou, il naît en 1918. Licencié en droit, il devient inspecteur des impôts. Sa rencontre au gré du hasard avec François Silly qui va devenir Gilbert Bécaud, est le départ d'une très longue carrière d'auteur de chansons. De parents politisés, il se trouve, dès son jeune âge mêlé à la politique. Il consacre d'ailleurs en 1965 une chanson à la gloire du Général De Gaulle que chantera Bécaud, lui qui, par contre, ne connaissait rien à la politique. Il y fait allusion aux appels historiques du Général pour qui il voue un respect infini: La voix, drôle de voix Profonde et saccadée La voix qu'on écoutait tout bas Les portes bien fermées La voix qui racontait une France à ton goût Quand elle va se taire, je te parie cent sous… Il revit la période du front populaire dans ses mémoires avec un plaisir particulier, racontant les bagarres dont il dit qu'elles se terminaient souvent dans les bistrots autour d'un verre. «Moi qui ne suis pas du tout un apôtre de la violence, je crois que, jeune, il faut se battre. C'est instinctif, c'est viscéral. Pour faire son trou dans la vie, il faut se battre. Je déplore que cela n'existe plus. La violence actuelle s'exerce de manière idiote en brûlant les voitures», déclare t-il. Et la musique ? Elle est présente dans sa vie dès sa plus tendre enfance grâce à la grand-mère mais aussi à la mère : Maurice Chevalier, Mistinguett, Charles Trenet… Il fréquente également les boîtes à chansons russes qu'il affectionne à tel point qu'il se met à lire passionnément Tolstoi et Pouchkine. Ce dernier lui fournit le nom du café moscovite où Gilbert Bécaud rencontre la légendaire Nathalie, un café qui n'existait pas à l'époque mais qui a ouvert depuis pour ne pas décevoir les innombrables touristes admirateurs du chanteur. La guerre, Pierre la traversera tant bien que mal et, las des bombardements américains qui pulvérisent tout, des rampes de lancement allemandes qui font un vacarme fou, il monte à Paris. Une autre vie commence alors : la période après la guerre, une explosion de joie! Il se met au chant et forme avec un partenaire au piano un duo qui se lance à l'assaut des scènes parisiennes. Sa rencontre avec Bécaud, il en gardera un souvenir particulier : «Je m'appelle François Silly de mon père putatif, mais en réalité mon vrai père s'appelle Bécaud et mon deuxième prénom, c'est Gilbert. J'ai envie de m'appeler Gilbert Bécaud !» Cette première rencontre débouche sur la naissance d'un mythe inscrit dans toutes les mémoires. Un nouveau duo est ainsi formé où, curieusement, Gilbert se contente au début, du piano alors que Pierre continue de chanter. Ils en arrivent à refuser une offre d'exclusivité de Bruno Cocatrix, l'imprésario le plus fameux du moment, «symbole de la gloire et de la puissance» ! Pierre écrit alors son premier «succès foudroyant», composé par Aznavour, réorchestré par Bécaud : Mes mains chantée par Lucienne Boyer : Mes mains dessinent dans le soir La forme d'un espoir Qui ressemble à ton corps Mes mains quand elles tremblent de fièvre C'est de nos amours brèves Qu'elles se souviennent encore. Pierre Delanoë bien introduit dans le showbiz est sollicité par Louis Merlin pour monter la nouvelle station radiophonique Europe 1. Et c'est une de ses chansons : Salut les copain» qui devient le titre d'une émission phare sur cette antenne. Mais tout en écrivant pour Bécaud, il élargit son répertoire à d'autres chanteurs : Hugues Aufray (Le rossignol anglais, L'épervier, et La fille du nord). A partir de 1967, ce sera Michel Fugain (Je n'aurai pas le temps) puis Nicoletta (Il est mort le soleil, quand tu m'as quittée!), Michel Polnareff (Le Bal des Laze), Joe Dassin (Le chemin de papa, Aux champs-Elysées, L'Amérique, L'été indien), Gérard Lenorman (La ballade des gens heureux) et Michel Sardou (Le France, La java de Broadway et Les vieux mariés). Dalida, Nana Mouskouri, plus tard Yves Duteil… Des décennies entières ont vu les succès de Pierre avec un Gilbert Bécaud au mieux de sa forme : Comme l'argile L'insecte fragile L'esclave docile Je t'appartiens De tout mon être Tu es le seul maître Je dois me soumettre Je t'appartiens… Cette chanson n'est pas sans nous rappeler «hobbi yetbaddel yetjadded», écrite bien avant par Ali Douaji, pour Hédi Jouini. Bécaud est aussi irrésistible dans : Et maintenant, avec ses appuis vocaux qui mettent en valeur un des plus beaux textes : Et maintenant que vais-je faire De tout ce temps que sera ma vie De tous ces gens qui m'indiffèrent Maintenant que tu es partie Toutes ces nuits, pourquoi, pour qui Et ce matin qui revient pour rien Mon cœur qui bat, pour qui pourquoi Qui bat trop fort, trop fort…. Toute sa vie et depuis son jeune âge, Pierre Delanoë l'a consacrée à la chanson française, défendant la bonne écriture, un niveau de texte jamais bradé au profit d'une médiocrité commerciale, défendant une musique recherchée, se dressant comme un rempart face au rap qu'il détestait (comme dans une émission radiophonique, où le dialogue avec le jeune Abdelmalik était très «chaud»). Pour défendre les droits d'auteurs, il dirige la SACEM (société des auteurs compositeurs et éditeurs de musique) dont il est resté longtemps le président d'honneur . Il quitte ce bas monde en 1986, à 85ans, non sans avoir laissé près de cinq mille chansons, dont au moins cinq cents succès et… ces mots chantés par Fugain : Chante la vie chante Comme si tu devais mourir demain Chante comme si plus rien n'avait d'importance Chante, oui chante.

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