Le paradoxe de la primauté du matériel informatique dans la région MENA : pourquoi nous privilégions les boîtes sur l'intelligence    Floride : un homme armé abattu après une intrusion à Mar-a-Lago, résidence de Donald Trump    Bananes : Pourquoi la Tunisie affiche les prix les plus élevés au monde ?    L'Espérance réclame des explications sur les décisions arbitrales    Nuages et vent fort au programme ce 22 février    L'empreinte des siècles sur le Maghreb: Quel potentiel unitaire?    Nuit agitée en Tunisie : pluies éparses et vents forts    La Marsa en deuil : Décès du Dr Slim Meherzi, pédiatre de cœur et ancien maire    Un nouveau livre de Faouzia Farida Charfi : Lettre à mon petit-fils sur l'islam d'aujourd'hui    Ouvrage Les plus belles mosaïques de Tunisie : l'art ancestral de la mosaïque à l'honneur    11.000 tonnes sur le marché, mais l'huile subventionnée reste introuvable    Ramadan en Tunisie : rester proche malgré la distance grâce à Taptap Send    Gemini 3.1 Pro lancé : Google avance un modèle d'IA plus intelligent que les autres    L'ISCAE Manouba et IFC Cairo signent une convention de partenariat stratégique    Reprise du trafic ferroviaire du TGM sur toute la ligne Tunis – La Goulette – La Marsa    Météo en Tunisie : pluies éparses dans les régions côtières    Leila Shahid: une vie à raconter la Palestine au monde    Annonce officielle des arbitres pour le derby tunisien    La suspension simultanée de Land'Or et Poulina annonce-t-elle un rachat stratégique ?    De Tunis aux plus hautes sphères : le parcours exceptionnel de Rachid Azizi dans son livre « Un sur un million »    Attijari bank célèbre la transmission et les liens intergénérationnels au sein de la diaspora avec une campagne baptisée "يعيش فينا رمضان" à l'occasion du Ramadan 2026    Météo en Tunisie : nuages passagers, vent fort    La Voix de Hind Rajab primé au gala Cinema for Peace à Berlin, Kaouther Ben Hania refuse la récompense    Abderrazek Kéfi, ancien ministre de l'Information, est décédé    Ahmed Jaouadi et Ahmed Hafnaoui brillent aux Championnats SEC : la natation tunisienne au sommet aux USA    Ooredoo Fintech Tunisie obtient l'agrément de la Banque Centrale pour lancer walletii by Ooredoo en Tunisie    Ramadan en Tunisie: entre spiritualité et gourmandise (Album photos)    Visa Schengen 10 ans : qui pourra en bénéficier ?    Zoubeida Khaldi: Ce cavalier    Iran : Guerre probable, versus, paix improbable ?    Ooredoo Fintech Tunisie obtient l'agrément de la Banque Centrale pour lancer walletii by Ooredoo en Tunisie    Qui est Anne-Claire Legendre, la première femme à réinventer l'Institut du monde arabe ?    Arabie Saoudite annonce le début officiel du Ramadan 2026 avec le Qatar et les Emirats    Festival Gabès Cinéma : Afef Ben Mahmoud à la direction    Quart de finale de la Ligue des champions : Les dates clés pour Espérance Tunis contre Al Ahly !    CIVP : vers une augmentation de l'indemnité des stages en Tunisie    La sélection tunisienne de judo senior remporte 11 médailles au tournoi international Tunis African Open    Conférence de Munich 2026: l'Europe face au duel Washington–Pékin    Lancement de la première session de recrutement 2026 : dates et modalités    L'odorat des chiens au service de l'oncologie médicale    Anis Lassoued : ''Enda a été le déclic qui a permis à Moez de briser les chaînes du silence''    De la culture générale (II): l'apport arabe à la Renaissance européenne    Le tennisman tunisien Moez Echargui se qualifie pour les quarts de finale du Challenger de Pau    Sabri Lamouchi : Une bonne nouvelle impression (Album photos)    L'Université de Tunis El Manar et l'Université japonaise d'Hiroshima signent un accord de coopération    Mondher Msakni: L'orfèvre    ATMEDIA lance la première session de formation sur l'intelligence artificielle pour les journalistes    Secousse tellurique en Tunisie, au nord de Béja ressentie par les habitants    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Thèse pour une Constitution modèle faisant suite à une révolution modèle
Opinions
Publié dans La Presse de Tunisie le 07 - 03 - 2012


Par Mohamed HABIB DAHMOUNI*
«Chaque naissance est accompagnée de cris de mécontentement mais aussi de possibilités énormes de croissance».
Le propre des révolutions est de faire naître l'espoir de la naissance d'une société nouvelle sortant de la carapace brisée de la société précédente.
Dans la phase transitoire où la nouvelle carapace n'est pas encore solide, le corps social est en danger à cause des difficultés de fonctionnement, d'une part, et par la contre-révolution opportuniste, d'autre part.
Par ailleurs, ceux qui ont réussi la révolution (souvent l'Occident héberge les opposants, forme les internautes...pour mettre sous pression les régimes qui sont à sa solde, mais il a perdu le contrôle de la situation en Tunisie) ne sont pas structurés et sont encore au stade de graines à la différence des mouvements politiques et syndicaux qui ont déjà des racines et des feuilles. Aussi le copiage naïf du système démocratique à l'occidentale (qui a démontré ses limites et ses carences) aboutit à un résultat électoral qui ne reflète pas les aspirations véritables de la population.
Cela ajoute à la précarité de la situation, d'autant plus que le poids du passé et l'absence de préparation aux responsabilités font que les nouveaux élus, malgré leur bonne foi et leurs nobles intentions, finissent par fonctionner sur le modèle ancien faute d'alternative (parti au pouvoir et opposition, gouvernement bureaucratique, inertie administrative...)
Un célèbre commentateur américain a prédit que les Etats-Unis et leurs alliés, en collaboration avec certaines composantes du monde arabe, ne laisseront jamais le processus démocratique aller jusqu'au bout parce que autrement les régimes seraient incontrôlables. Même si c'est vrai (avec leurs tentatives de nous noyer dans les dettes et nous garder dans le même modèle économique) le fait est que l'on assiste à un clivage entre laïcs et religieux qui traduit un manque de maturité évident de l'actuelle classe politique.
Cette classe politique devrait se poser la question simple : «Pourquoi après avoir été les pionniers en sciences et en culture, on assiste à l'actuelle décadence du monde arabe ?»
Cette décadence a connu sa source dans la confiscation de la khilafa par un système monarchique héréditaire qui, tant que le monarque est puissant, la société connaît un essor parce que les besoins des 2 parties coïncident les uns avec les autres. Mais lorsque les rois khalifes sont devenus faibles et étroitement autoritaires, ils ont tué les libertés créatrices des premiers temps et desséché ainsi la société musulmane. Cela a donné naissance au fanatisme occidental qui a mené à la colonisation et à la naissance du fanatisme au sein de l'Islam qui devait nécessairement contrecarrer le fanatisme occidental et préserver l'indentité des citoyens musulmans. Hélas, à l'indépendance, nous avons perdu une occasion en or pour remonter la pente. D'une part, les régimes politiques ont récupéré le pouvoir, écarté les religieux et mis la religion carrément sous tutelle.
Du reste, même les syndicats et les partis politiques minoritaires qui ont travaillé pour l'indépendance ont subi le même sort, d'où la précarité innée de ces régimes.
Par ailleurs, les religieux ont continué à lutter avec les mêmes dogmes conservateurs datant de la décadence et utilisés (avec raison) pendant la colonisation pour récupérer les masses par la simple mémorisation de textes sélectionnés orientés comme pression pour faire sauter le pouvoir central.
Double faute donc de la part du pouvoir politique et des religieux alors qu'il fallait se mettre ensemble pour redresser la société et la pousser vers le développement. Dans le Coran, 750 versets recommandent l'étude des sciences, 150 versets l'étude du droit et on constate cependant que le seul Japon dispose de 10 fois plus de chercheurs que l'ensemble du monde arabo-musulman.
Il est à craindre que la chance donnée par la révolution va être perdue comme l'occasion de l'indépendance.
Est-ce que les laïcs ou les religieux ont le droit d'imposer un modèle précis à l'ensemble de la société. L'Islam est une religion qui confie le spirituel à l'individu et même le Prophète ne cesse de répéter qu'il est un simple homme et qu'il ne pouvait représenter le divin.
Le modèle occidental est en ruine puisqu'il a perdu ses valeurs humaines et tout est devenu financier et amoral. Après tout, les droits de l'Homme font partie de la morale qui est pêchée par la religion.
Par ailleurs, le Coran a dit : «Nous avons assigné à chacun de vous un code et une règle de conduite. Si Dieu l'avait voulu, il aurait fait de vous tous un seul peuple» (S. La Table V48).
Cela prouve qu'en dehors du divin qui est au-dessus des humains pour la chose publique, la jurisprudence humaine est la règle en fonction de l'évolution de la société. L'Islam n'a rien à craindre de l'Occident, il ne faut ni prendre l'accident comme modèle ni le diaboliser.
Il ne faut pas non plus chercher avec mauvaise foi le mot «démocratie» dans le Coran, c'est un mot récent qui date de quelques siècles seulement. Mai en quoi consiste un régime démocratique. C'est essentiellement ;
A/ Une structure fondamentale :
- Constitution
- Législation
- Direction
B/ Des valeurs fondamentales :
- Liberté de conscience
- Egalité des droits et des devoirs
- Liberté d'opinion.
Tout cela est permis et même recommandé par l'Islam à condition de :
- Se rappeler que l'Islam sépare entre le divin et l'humain et que personne ne peut prétendre représenter Dieu sur terre.
- Faire une lecture vivante du Coran sans diaboliser les conservateurs qui sont après tout de bonne foi, et ce, pour l'éthique, donc pour la Constitution, et pour démontrer en cette occasion historique l'universalité de préceptes de l'Islam (la 1ère Constitution élaborée le Prophète Mohamed avait comme devise: solidarité, égalité, tolérance).
- Construire des institutions civiles garantissant les droits fondamentaux et permettant aux diverses tendances de coexister tout en donnant la liberté à chaque tendance de vivre sans contrainte, car ce n'est qu'avec la conjugaison de tous les efforts que le pays d'abord (comme modèle) le monde arabe ensuite peuvent connaître un essor durable.
- S'inspirer dans la conception des institutions civiles de systèmes naturels telle que dans la proposition qui suit et qui est inspirée du corps humain.
*(Ingénieur polytechnique et chercheur)


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.