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Poser les jalons d'une vraie réforme
Réforme du système éducatif
Publié dans La Presse de Tunisie le 01 - 04 - 2012

La conférence nationale sur la méthodologie de la réforme du système éducatif a clos hier ses travaux. Commencée le 29, elle a réuni un aréopage impressionnant de spécialistes, professionnels, experts nationaux et internationaux. Des dizaines de communications ont été prononcées devant un public composé d'enseignants, de responsables, d'élèves ainsi que d'invités appartenant aux domaines en lien direct ou indirect avec l'éducation.
Au cours de la sixième séance scientifique, les conférenciers ont abordé des aspects très spécifiques à l'opération de réforme envisagée. Ils ont répondu à des questions pertinentes que se posent les parties impliquées dans le système. C'est le cas, par exemple, des expériences entreprises en Tunisie depuis 1958.
M. Mohamed B.Fatma (expert international dans l'évaluation des systèmes éducatifs) s'est intéressé aux différents paradigmes à mettre en œuvre pour entamer une telle réforme. Celle-ci se base, essentiellement ,sur le contenu et sur l'interaction entre les divers paramètres à adopter. Le paradigme sectoriel a été utilisé dans toutes les réformes puisqu'il se réfère à un arsenal d'outils, sur des choix et des composantes. Ce travail présente, selon l'intervenant, des faiblesses. En effet, il recourt à la mise sur pied de commissions pour analyser les possibilités de réformes. Ces commissions sont formées, généralement, de spécialistes de l'éducation, d'enseignants et d'experts. Autrement dit, c'est le côté «expérientiel» qui est privilégié. Cette optique n'est pas suffisante car elle ne garantit pas la fonctionnalité de la réforme lorsqu'il s'agira de la mettre en pratique. La réussite est tributaire de la bonne gouvernance dont les critères fondamentaux sont : la participation de toutes les parties concernées, la transparence au niveau de la disponibilité de l'information, l'efficacité et la prééminence de la loi.
M. Mikhaïl B.Rabeh (inspecteur administratif et financier) a, de son côté, repris à son compte le thème de la bonne gouvernance. Il a insisté sur le fait que la réforme restera insuffisante si elle ne prend pas en compte des paramètres comme la gestion de la réforme. Cette gestion est une composante essentielle de l'approche à entreprendre. Elle assure un pilotage participatif de l'opération garant, selon lui, de l'efficacité du travail. Ces données ne doivent pas rester des slogans creux mais être mis en application grâce à une participation effective des véritables acteurs.
Le meilleur moyen de conduire cette gestion est de constituer des commissions dont une au niveau national. Son rôle : assurer le suivi du travail des commissions sectorielles. Toutes ces commissions doivent rester à l'écoute de tous les intervenants dans l'éducation par le biais des moyens de communication disponibles. Ce travail de communication et d'interaction, suggère-t-il, peut être confié à une cellule spécialisée chargée de l'écoute des propositions et des idées en provenance de toutes les parties concernées. Dépendant du ministère de l'Education, elle aurait pour tâche de rendre compte des réactions des spécialistes, des enseignants ainsi que de toute partie voulant apporter sa contribution à la réussite du travail.
M. Kamel Hajjem (inspecteur général) a, d'emblée, rappelé le caractère propre à notre système éducatif. A savoir celui de «l'école unique». Comment parvenir à réformer un système qui a depuis toujours prôné une seule école avec les mêmes programmes pour tous, les mêmes enseignants, la même formation, les mêmes méthodes, etc, sans tenir compte des spécificités inhérentes aux régions, aux différents contextes.
C'est ce qui fait que toutes les réformes appliquées jusqu'ici n'ont pas donné les résultats escomptés. Il est vrai qu'il y a du positif dans certaines d'entre elles. Il y a, toutefois, les aspects négatifs comme les défaillances scolaires et les redoublements. Il a cité, à cet effet, des chiffres de 2002/2003 qu'il a qualifiés d'alarmants. Ce phénomène est d'autant plus grave qu'il constitue une perte car l'éducation se décline aussi en termes de rendement et d'investissement. Le XXIe siècle étant celui des connaissances, notre nouveau système devrait y investir et s'y investir. L'orateur s'est posé plusieurs questions qu'il a voulu laisser en suspens. Ces questions concernent la stabilité de la structure «éducation», les moyens à utiliser pour réaliser la réforme (se limitera-t-on aux programmes, aux manuels... ?)
M. Rached Chbil (directeur des écoles primaires) a centré sa communication sur la formation des enseignants. Il a, à cette occasion, présenté un travail effectué conjointement entre des Tunisiens et des Français. Cette recherche a concerné un échantillon de 14 enseignants dans leurs pratiques quotidiennes et dans les difficultés rencontrées dans l'exercice de leur fonction.
La problématique qui se pose à l'enseignant est de deux ordres : doit-il mener son travail en tant qu'acteur «indifférent» au texte ou en tant qu'«autonome». Ceux qui sont considérés «autonomes» manifestent des pratiques pédagogiques qui vont dans le sens de l'injonction du texte. C'est d'ailleurs pour cette raison que la communication a été intitulée : «Formation des enseignants : du projet professionnel au projet identitaire».
Dans son intervention, M. Habib Khenis (inspecteur général des écoles primaires à Sousse) a présenté son expérience et son parcours professionnels sous l'intitulé «Le système éducatif tunisien : soins palliatifs ou révolution?». Il a rappelé que les réformes connues par notre pays avaient pour but d'être au rendez-vous avec la modernité. Cela a-t-il réellement été le cas ? Il a, alors cité Thélot qui soutient que «les réformes excessives du système aboutissent à son épuisement tandis que Morin affirme qu'un système qui n'arrive pas à résoudre ses problèmes doit réussir sa métamorphose ou disparaître».
Parlant du système de l'approche par compétences, il a assuré que c'est, tout simplement, un échec sur toute la ligne. Aujourd'hui, il n'est plus seulement question de remédier aux défaillances mais d'entreprendre une action nationale d'envergure. D'où la nécessité d'une stratégie en trois axes: fixer des objectifs clairs, redéfinir la mission éducative de l'institution et élaborer une politique dans le domaine des recrutements.


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