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Un phénomène fondé sur la corruption
Taxis clandestins
Publié dans La Presse de Tunisie le 18 - 02 - 2013

Les chauffeurs de taxis endurent, depuis quelques années déjà, les répercussions d'une concurrence toujours réfutée car illégale, celle notamment des taxis clandestins. Avant la révolution, ce phénomène a commencé par donner des allures: des voitures peintes en jaune, et dont certaines sont dépourvues de numéros renvoyant au propriétaire, circulent dans les villes et participent, au détriment de tout texte légal et de toute logique professionnelle, au transport des citoyens. Après la révolution — et probablement alimenté par la ferveur révolutionnaire qui légitime manifestement tout acte illégal —, ce phénomène a pris de l'ampleur pour constituer désormais une partie prenante du secteur. Aujourd'hui, la Chambre nationale syndicale des taxistes et celle régionale de Tunis décortiquent le problème et mettent à nu toutes les pratiques malsaines servant à la prolifération de ce phénomène hors-la-loi.
Ils sont présents à Bab Jazira, à la station de la République (le Passage), sur la route X, mais aussi sur la route X20. Les taxistes clandestins, à l'instar des chauffeurs de transport interurbain, appellent les passagers à se regrouper pour une destination précise. Il faut dire que le repérage des taxis clandestins n'est pas toujours évident. Certains taxistes clandestins recourent à des véhicules civils. D'autres optent pour une voiture jaune afin de mieux attirer les clients. Il faut dire que pour un citoyen qui compte prendre un taxi, le premier réflexe consiste à repérer une voiture d'un jaune bien connu. Certains ne se montrent donc pas assez regardants sur l'existence ou non d'un numéro chapeautant le véhicule. Hélé, le pseudo-taxi s'arrête pour prendre le passager. Comment parviennent-ils ces taxistes clandestins à s'introduire illégalement dans un secteur réglementé? Les réponses sont multiples, comme si tous les chemins menaient à ce métier.
«Les voitures spécial taxi ont un laissez-passer qui expire après quinze ans. Suite à quoi, le véhicule est généralement mis en vente par son propriétaire. Certains achètent le véhicule jaune et l'utilisent pour pratiquer illégalement ce métier, concurrencer les taxis légaux et induire en erreur les éventuels passagers», explique M. Abdel Naceur Halioui, membre de la Chambre syndicale des chauffeurs de taxis de Tunis.
Une voiture jaune n'est pas foncièrement un taxi !
Ces véhicules, dépourvus de numéros, d'autorisations et parfois même de compteurs jouent le rôle de taxi aussi bien dans le Grand-Tunis que dans les régions. Pis encore, certains taxistes clandestins choisissent un numéro propre à un autre taxi et l'utilisent pour dérouter les services de contrôle. «Généralement, ce sont les numéros des taxistes décédés qui sont les plus utilisés dans ce sens», fait remarquer M. Sahbi Rbiaâi, membre de la Chambre syndicales des taxistes de Tunis. Selon M. Moez Sallami, président de la Chambre syndicale nationale des taxis et 2e vice- président de la Fédération nationale de transport, ce phénomène connaît, depuis la révolution, un boom alarmant, soit une évolution de près de 200%. «Il s'agit d'un phénomène-catastrophe qui influe négativement sur le rendement des taxistes légaux, d'une part, et qui, de l'autre, présente une réelle panoplie de risques notables pour les passagers», indique M. Sallami. Des risques sécuritaires et éthiques par excellence. Le président de la Chambre syndicale nationale des taxistes évoque les réclamations fréquentes, déposées au syndicat et portant sur la violence verbale et sur les braquages dont font preuve certains taxistes. «Pour les passagers, il est difficile de faire la différence entre un taxiste légal et un taxiste clandestin. Or, les taxistes légaux tendent à préserver leur gagne-pain. Quant aux clandestins, eux, ils n'ont rien à perdre», note M. Halioui.
Ce phénomène illégal cache en réalité des abus administratifs encore plus graves. M. Rbiaâi examine un tableau indiquant les taxistes qui bénéficient d'une double fonction. Cette liste, qui n'est point représentative car ne se basant que sur les quelques déclarations faites par certains particuliers, donne quand même une idée sur cet angle. «Monsieur X est taxiste et fonctionnaire dans un ministère. Monsieur Y travaille comme entraîneur sportif et taxiste à la fois...», note-t-il, en lisant le tableau. Parvenir à décrocher une autorisation de taxi s'avère souvent possible par le biais de la falsification de documents administratifs nécessaires au dossier dont un certificat de chômage accordé pour un fonctionnaire, ou encore une deuxième CIN mentionnant le statut de chômeur. Une autorisation de pratiquer le métier de taxiste est donc facilement obtenue. « Le problème est bien plus compliqué qu'une simple intrusion dans un métier réglementé puisqu'il nous dévoile des lacunes persistantes de tout un système», renchérit M. Halioui.
Place au renforcement des actions de contrôle
La lutte contre ce phénomène implique aussi bien le ministère de l'Intérieur, celui du Transport mais aussi les citoyens qui sont plus que jamais appelés à faire preuve de plus de vigilance et de participer au respect de la loi. Le ministre chargé du Transport au sein du gouvernement provisoire a tenu, récemment, une réunion au terme de laquelle plusieurs mesures ont été prises dans le cadre du programme d'assainissement du secteur. L'annulation de 2.243 autorisation de taxi, de voitures de transport interurbain et de transport rural a été décidée dans ce sens. Par ailleurs, les efforts tendent à se conjuguer afin d'accélérer l'élaboration d'une étude sur le transport en commun. Le rapport de ladite étude sera prêt d'ici au mois de juin. Il est à souligner que le contrôle des taxis clandestins est assuré par le service des taxis relevant du ministère de l'Intérieur. «Nous tenons à participer aux actions de contrôle car nous sommes parfaitement habilités à repérer facilement les faux taxistes des vrais. Nous avons demandé au ministère de l'Intérieur de nous impliquer dans les actions de contrôle et nous avons obtenu une réponse favorable mais non écrite. Un document officiel s'impose afin de légitimer nos éventuelles interventions», souligne M. Sallami.


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