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La course à l'Etalon de Yennenga est lancée
Fespaco : Ouverture de la 23e édition au stade 4-Août
Publié dans La Presse de Tunisie le 26 - 02 - 2013

De notre envoyée spéciale à Ouagadougou Narjès TORCHANI
Pendant une semaine tous les deux ans, la capitale du Burkina Faso et ses un million et demi d'habitants vivent au rythme du cinéma africain. Le Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (Fespaco) draine depuis 23 éditions l'essentiel des intervenants et professionnels du septième art dans notre continent. Ils sont, cette année, les invités de la ville du 23 février au 2 mars.
«Avenue de la Nation», «le siège», «la CBC», «Liptako» font partie du jargon quotidien des festivaliers du Fespaco. La course aux badges, tourner en rond pour trouver l'information ou ne pas la trouver fait, désormais, partie du rituel de bienvenue du festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou. Pourtant, l'enjeu pour la ville, pour le pays et pour toute l'Afrique est de taille. Il s'agit de la plus grande manifestation de cinéma du continent, née en 1969, la plus ancienne étant les journées cinématographiques de Carthage, dont le fondateur, feu Tahar Cheriâa, a été l'un des initiateurs du Fespaco. D'ailleurs, côté cérémonie d'ouverture, nous sommes loin de la sobriété des JCC. Celle du Fespaco a, en effet, lieu dans le stade 4-Août de Ouagadougou, d'une capacité de 35.000 places, dont environ 20.000 étaient occupées pendant la cérémonie.
Le coup d'envoi a été donné dans cet édifice samedi dernier. Les discours officiels ont été suivis d'un spectacle de danse traditionnelle, puis moderne, assuré par la compagnie burkinabée Salia Ni Seydou. Des cavaliers, habillés aux couleurs du drapeau du pays, sillonnaient le stade, en référence au mythe fondateur de l'empire Mossi, auquel le Prix du Fespaco doit son nom : «l'Etalon de Yennenga». Le groupe de musique nigérian Flavour a ensuite pris la relève pour enchanter le public, interprétant son répertoire à succès et dédiant un titre à la ville de Ouagadougou. Un grand feu d'artifice a bouclé le spectacle d'ouverture.
Femmes d'Afrique
Le stade, comme toute la capitale burkinabée, s'embellit des couleurs nationales à l'occasion du Fespaco. Une grande étoile jaune dominait le centre du stade, au-dessus de la verdure de son gazon. Deux tons qui sont, avec d'autres comme le rouge, le bleu et le blanc, communs à plusieurs drapeaux africains. L'affiche du Fespaco 2013 met en exergue la symbolique de ces couleurs, celle de peuples liés par le sang et par une histoire commune sur la terre d'Afrique, avec son désert et ses forêts. L'affiche n'est autre qu'un collage des différents drapeaux, placés sur la carte du continent.
L'Afrique est aussi le symbole de la générosité et de la fertilité, portée par le courage et le combat quotidien de ses femmes. La 23e édition leur est dédiée avec, comme invitée d'honneur, la cinéaste de la diaspora Salimata Salembere, et des femmes à la tête de tous les jurys : la Martiniquaise Euzhan Palcy pour la compétition longs métrages, la Kényane Wanjiru Kinyanjui pour la compétition des courts-métrages, la Camerounaise Osvalde Lewat pour les films documentaires, Beti Ellerson pour les films de la diaspora et la Sud-Africaine Jackie Motsepe pour la compétiton vidéo et séries.
La Tunisie est représentée avec Always Brando de Ridha Behi dans la compétition officielle, qui comporte 19 films dont 3 marocains et 3 algériens. Parmi ces derniers, Yema de Djamila Sahraoui, qui a été choisi comme film d'ouverture et projeté au lendemain de la cérémonie officielle. Les souliers de l'aïd de Anis Lassoued défend le drapeau tunisien dans la compétition des courts-métrages. Pour le documentaire, ce sont Même pas mal de Nadia Fani et Préhistoire de la Tunisie de Hamdi Ben Ahmed qui ont été sélectionnés. D'autres films tunisiens figurent dans le panorama : Offrande de Walid Mattar, Dégage de Mohamed Zran, Les vagues du temps de Mohamed Benjelloun et Zambie, à qui profite le cuivre de Ridha Behi. Les prochains jours nous diront plus sur l'accueil du public pour ces films.
En plus des sections officielles, un panorama de longs-métrages, de courts-métrages et de documentaires et même des films des écoles africaines de cinéma est programmé entre les 7 salles du festival. Une pléthore de films qui permet aux festivaliers de suivre de près l'évolution de la production cinématographique dans les différents pays africains. Le Fespaco est une mine d'or pour les programmateurs des festivals européens de films africains. Ces derniers sont même en train de voler la vedette aux festivals organisés dans le continent. Les soucis récurrents d'organisation ne sont que la face apparente du problème. Ils font partie d'une situation de plus en plus complexe pour le cinéma africain, qui entrave son saut qualitatif et quantitatif, en l'absence de structure d'encouragement et de financement dans les pays africains, et la diminution des fonds étrangers pour ce cinéma. La problématique est concrètement posée et abordée par le Fespaco qui a pour thème cette année «Cinéma et politiques publiques en Afrique». Ce thème s'incline en différents colloques et rencontres sur toute la durée du festival.
Hommage et passage de témoin
Au programme également, un hommage aux cinéastes disparus, qui s'est tenu lors de la soirée d'ouverture au cinéma Burkina. La chorale Saint Thomas d'Aquin, qui rassemble plusieurs nationalités africaines, a insufflé de la chaleur dans cet hommage plein d'amour et de reconnaissance à deux grands du cinéma africain : le comédien et musicien congolais Dieudonné Kabongo (1950-2011) et le cinéaste et producteur gabonais Charles Mensah (1948-2011). C'est surtout à travers les films que l'hommage a eu tout son sens. A ton vieux cul de nègre d'Aurélien Bodinaux suivi de Jouer, c'est encore mieux d'Emmanuel Toé ont montré le talent d'acteur de Kabongo, ainsi que sa grandeur d'âme de son vivant. Un documentaire éponyme signé Issaka Compaore a montré le rôle déterminant qu'a eu Mensah pour la relance de la production dans son pays et en Afrique, en général.
Les films réalisés par des noms de la nouvelle génération des cinéastes africains marque le passage de témoin du 7e art. La compétition des courts-métrages a, dans ce sens, son importance dans le programme du Fespaco, en tant que révélatrice des talents de demain. Une première séance de projection de cette section a eu lieu dimanche au cinéma Neerwaya. Dialemi de Nadine Ostobogo du Gabon, La main gauche de Fadil Chouka du Maroc, Laan de Lula Ali Ismaïl de Djibouti et Trapped de Mansan Gomont de la Côte d'Ivoire relèvent d'abord d'une volonté criante de s'exprimer à travers l'image chez ces jeunes qui soulèvent des questions identitaires nées des traditions ancrées dans leurs sociétés, ou encore des questions sur le processus de création artistique. Le regard qu'ils posent se place parfois dans l'exposition, d'autres fois dans la critique déclarée ou en filigrane. Ces films reflètent surtout le débattement des jeunes réalisateurs face à leur héritage culturel. La plupart sont encore dans la recherche. Espérons qu'ils trouveront... pour le bien du cinéma africain!


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