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Le peuple élit son président
Présidentielle 2014 - Bureau de vote la Romana, Ras Ettabia au Bardo 2
Publié dans La Presse de Tunisie le 01 - 01 - 2000

Date : 23 novembre 2014. Lieu : la Tunisie, un petit pays qui fait ses tout premiers pas en matière de démocratie. Evènement : le premier scrutin présidentiel libre et transparent de Tunisie
Trois indicateurs qui marqueront, d'une pierre blanche, l'engagement du peuple tunisien et sa détermination à sortir, une bonne fois pour toutes, de la sphère infernale de la dictature, du pouvoir absolu d'un parti politique unique et du statut qu'il avait enfilé, jusque-là, contraint d'être un citoyen-dominé. Les Tunisiens choisissent, pour la première fois de leur histoire, leur président. Un président dont les prérogatives seront, certes, limitées sans pour autant être moindres. Le chef des forces armées, le représentant officiel du peuple tunisien sera désigné selon le critère de la majorité. Sa victoire sera, indéniablement, la preuve d'une campagne électorale réussie, suite à laquelle il a bel et bien décroché la confiance du plus grand nombre d'électeurs.
Il est huit heures, en ce dimanche 23 novembre 2014. L'école primaire de la Romana, située à Ras Ettabia, au Bardo 2 commence à accueillir les électeurs. Ces derniers, et contrairement au scrutin législatif, ne sont ni aussi nombreux, ni aussi motivés. Un peu plus d'une vingtaine d'électeurs se sont répartis en trois groupes. Chaque groupe fait la queue au seuil du bureau électoral approprié. Les Tunisiens semblent avoir compris que le législatif prime désormais sur le présidentiel dans la mesure où ce sont les élections législatives qui décident de la composition du Parlement. Ainsi, la mystification du président de la république semble s'émousser peu à peu, à coups de déceptions répétitives sans doute, d'une image présidentielle ébranlée aussi bien avant qu'après la révolution. A l'apparat déclinant de la Présidence s'oppose la réémergence d'une figure symbolique plus impressionnante et plus vraie qu'est la patrie.
Un fin politicien, fédérateur et unificateur
M. Wahid Ferchichi, professeur de droit, quitte le bureau de vote, dix minutes après son ouverture. Il vient d'accomplir, en qualité de bon citoyen, son devoir électoral. La couleur mauve de l'encre électoral le fait sourire... Pour lui, l'élection présidentielle constitue la deuxième phase indispensable et fondamentale à la stabilisation du pays. « Ces élections accordent au peuple, et pour la première fois, le droit de choisir son président parmi une liste de candidats qui compte plus d'une personnalité dignes de ce poste», indique Wahid. Il poursuit : « Le nouveau président doit, être assez équilibré, garantir l'arbitrage difficile entre les intérêts partisans et ceux du pays. L'expérience politique s'avère être une condition cruciale, susceptible d'habiliter le président à la gestion des affaires de l'Etat. Notre pays est en phase de transition démocratique. Il exige, de ce fait, un président fédérateur, un fin politicien et qui puisse dûment le représenter ».
Mlle Samia Sgeb travaille comme technicienne de montage audiovisuel. Pour elle, le nouveau président de la République devrait être une personne d'un certain âge, assez lucide pour gérer comme il se doit les affaires de l'Etat. Sa principale mission consistera en la réinstauration de la sécurité nationale. Le redressement socio-économique viendra, en conséquence.
Seules l'intégrité et la compétence comptent
M. Amor Ghezayel, assureur, trouve que le trait marquant du nouveau président n'est autre que celui d'un unificateur, garant de l'union et de la stabilité nationales. « Pour ce, il doit inéluctablement avoir le profil d'un politicien chevronné et non celui d'un candidat indépendant, inconnu, dépourvu de toute assise populaire et d'une expérience politique nécessaire à la prise de décisions d'Etat », explique-t-il. Un avis que ne partage point M. Hazem Khalil, chef de département commercial. Pour lui, seules l'intégrité et la compétence justifient la capacité d'un candidat à accéder au poste de président.
Manifestement, et tout comme la Tunisie qui vit au rythme d'une démocratie latente, les Tunisiens commencent, quatre ans après la révolution des jasmins, et avec discernement, à comprendre et à participer, effectivement, à la vie politique. Chaque électeur perçoit, d'un angle bien déterminé, la présidence dans son aspect évolutif car démocratique. Chaque électeur tente de transposer cette image idéalisée sur un profil voire sur un candidat à la présidentielle.
Une croix... au hasard !
Cependant, l'on s'affole encore de découvrir que certains concitoyens accomplissent leur devoir électoral sans grande conviction ni sens de responsabilité. C'est le cas de Naïma, une dame d'un certain âge, qui s'est déplacée, hier, au bureau de vote préindiqué, pour voter. Naïma a voté pour celui (ou celle) qui aura la chance inouïe de gagner une voix d'une manière toute à fait fortuite ! Cette dame avoue ne rien comprendre à la vie politique. Elle est, par conséquent, incapable d'avoir de la sympathie pour tel ou tel candidat. Son rôle de citoyenne, de Tunisienne et d'électricen se résume —hélas— en une croix, «dessinée » dans un carreau ! « Je n'ai aucune idée sur les points de force ou de faiblesse du nouveau président. Je n'en connais aucun. J'ai juste mis une croix dans une case et j'espère qu'elle sera au profit du pays. Tout ce que j'attends des élections, c'est du bien pour la Tunisie », avance-t-elle, timide et incertaine...
Ce qui est atterrant, c'est de deviner que d'autres électeurs comme Naïma continuent à participer aux élections en offrant, tout bonnement, leurs voix à des candidats dont la compétence et la bonne intention feraient peut-être défaut... Malgré la boulimie politicienne dont font les médias dans l'espoir de rendre le paysage politique le plus compréhensible que possible, des Tunisiens continuent à confondre entre responsabilité citoyenne et jeu de hasard. D'où le rôle non seulement des médias et du cercle familial, mais aussi de la société civile quant à l'initiation accrue des Tunisiens et Tunisiennes souffrant d'un faible niveau d'instruction à la participation politique.


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