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Le cinéma français grand gagnant
Lecture du Palmarès de la 68e édition du festival de Cannes
Publié dans La Presse de Tunisie le 26 - 05 - 2015


De notre envoyée spéciale à Cannes, Samira DAMI
Le cinéma français est le grand gagnant de cette 68e édition, qui s'est déroulée du 13 au 24 mai, avec 5 longs métrages en compétition. Il est reparti de la Croisette avec au final 3 prix : la Palme d'or pour «Dheepan» de Jacques Audiard et deux prix d'interprétation pour Vincent Lindon et Emmanuelle Bercot
Le cinéma français s'est imposé à Cannes avec 3 prix dont la Palme d'or pour «Dheepan» de Jacques Audiard. Une récompense controversée tant ce film n'est, en aucune sorte, le meilleur de la compétition, «Mia Madre» de l'Italien Nanni Moretti ainsi que «Carol» du Britannique Todd Haynes le surpassent de loin.
Mieux, «Dheepan» n'est pas le meilleur film d'Audiard qui a beaucoup plus convaincu avec «Un Prophète» qui a obtenu le Grand prix du festival de Cannes en 2008 se faisant voler la mise par le réalisateur autrichien qui a remporté la Palme d'or avec « Amour ». D'où la déclaration d'Audiard lors de la réception de son prix : « Merci Michael Haneke de ne pas avoir tourné de film cette année».
La fable se focalise sur un indépendantiste Tamoul qui se réfugie en France, mais qui se retrouve en pleine guerre de gangs rivaux d'une banlieue parisienne. Le réalisateur dénonce la violence, la drogue, l'intégration difficile, dans un milieu social instable. Mais ce qui dérange dans ce film c'est que les gangs se déclinent comme des personnages clichés construits à travers le prisme des préjugés. Les gangs ne sont en fait qu'un alibi et une béquille pour le réalisateur pour justifier le développement de la fable et le dénouement heureux, mais peu crédible, quand la fausse famille de Dheepan se retrouve en Angleterre, dépeinte comme un pays idéal pour l'intégration des immigrés et autres réfugiés.
Les deux autres distinctions raflées par le cinéma français concernent l'interprétation masculine et féminine : Vincent Lindon a, ainsi, été récompensé pour sa maestria et son talent pour son rôle dans «La loi du marché» de Stéphane Brizé. Lindon a convaincu par son jeu sobre et discret, mais si présent dans la peau d'un chômeur en quête d'un emploi et qui, pour cela, supporte toutes les règles inhumaines de son nouveau boulot de vigile dans une grande surface au détriment de toutes les valeurs humaines et morales.
Quant à Emmanuelle Bercot, à la fois réalisatrice et actrice, et dont le film «La tête haute» a ouvert le festival, elle a été récompensée pour son rôle dans «Mon Roi» de la réalisatrice française Maïwenn. Pourtant Margherita Buy dans «Mia Madre» n'a pas non plus démérité. Mais il semble que le jury, coprésidé par les frères Cohen, soit tombé, lors de cette édition, sous le charme du cinéma français.
Le cinéma italien : le grand
absent du palmarès
Ce qui est étonnant dans ce palmarès, c'est l'absence totale du cinéma italien, qui, pourtant, a conquis la critique internationale et le public grâce, nous l'avons déjà dit, à deux grands films, le premier «Mia Madre» de Nanni Moretti qui a ému, entre rires et larmes, la Croisette en racontant l'histoire d'une réalisatrice dont la mère est mourante. Et Moretti en profite pour évoquer le rapport entre la réalité et la fiction, la mort. Des thèmes traités avec beaucoup d'humanité et de délicatesse et une grande maîtrise de la mise en scène, cela sans compter le jeu majestueux des acteurs.
Le second n'est autre que «Youth» de Paolo Sorrentino qui, avec un grand sens de l'humour et de superbes plans magnifiquement filmés, évoque le passage du temps en mettant en scène deux artistes au bord de la retraite, interprétés par Michael Caine et Harvey Keitel. On ne comprend pas, donc, qu'aucun de ces deux opus qui ont emballé la Croisette ne figure au palmarès. Mais le jury a toujours ses raisons, n'est-ce pas ?
Le Grand Prix qui a été décerné à «Saul Fia» ou «Le fils de Saul» du Hongrois Laszlo Nemes est certes mérité mais on ne comprend pas que «Carol» quoique, conventionnel, soit complètement évincé du palmarès. D'ailleurs, on aimerait que les cinéastes arabes puissent traiter de leur cause avec la même force et la même maîtrise aussi bien dans la forme que dans le contenu. Précisons que ce film traite de la collaboration des juifs avec les Allemands dans les camps de concentration.
Mais le plus étonnant c'est de voir le prix de la mise en scène échoir à «The Assassin» du Chinois Hou Hsia-Hsien, un film d'arts martiaux esthétisant mais où, à l'exception des scènes de combat il ne se passe pratiquement rien.
Le coup cœur ou prix du jury a récompensé «Lobster» du Grec Yorghos Lanthinos, un film fantasmagorique et burlesque où des célibataires doivent se transformer en un animal de leur choix. Un prix encore plus surprenant car ce film qui se veut une réflexion sur le couple et la solitude n'a emballé ni la critique ni le public du festival.
Le film «Carol» n'a pu rafler que le prix d'interprétation féminine en ex æquo pour Rooney Mara qui s'est distinguée dans le rôle d'une vendeuse new-yorkaise amoureuse d'une bourgeoise dans l'Amérique puritaine des années 50.
Le prix du scénario a récompensé l'Anglais Michel Franco, réalisateur de «Chronic», un film sur la maladie, la douleur et l'euthanasie. Car, «pour réussir un bon film, il faut une belle histoire, une belle histoire et une belle histoire», a certifié Alfred Hitchcock.
Enfin, rappelons qu'une palme d'honneur a été remise, sous les applaudissements nourris du public, à la réalisatrice Agnès Varda qui, émue aux larmes, a déclaré qu'elle reçoit cette palme comme «une palme de résistance». Mais il est clair que l'année 2015 du festival de Cannes a été l'année du cinéma français.


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