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Aïssa Baccouche: Le temps des soupirs
Publié dans Leaders le 11 - 05 - 2020

Lorsqu'il apprit en 1964 la nouvelle de la déposition du leader de l'Union Soviétique Nikita Khroutchev par le triumvirat Brejnev-Podgorny- Kossiguin, le général De Gaulle, alors qu'il effectuait un périple en Amérique du sud, prononça ce propos narquois mais ô combien cruel: «Bof, la terre ne cessera pas de tourner!».
Au regard de ce qui se passe sous nos yeux au cours de cet hiver de l'an 2020, l'on est enclin à mettre un bémol à ce phrasé gaullo-galélien.
Désormais, la terre ne tournera plus rond. La pandémie virale qui ébranle notre planète pour une durée que la science, en l'état actuel de la connaissance, ne peut déterminer, fera assurément date dans l'histoire des fléaux sanitaires qui auront frappé l'espèce humaine depuis son apparition sur terre. Le choléra et la peste, bien sûr. Elle n'eut guère à choisir entre les deux maux. Elle fut notamment bien servie par la peste: aviaire, bovine, porcine, bubonique, pulmonaire et septicémique.
Mais c'est la peste noire, la plus terrible d'entres toutes, qui reste gravée dans la mémoire des terriens.
Elle s'étendit sur sept années de 1346 à 1353. Mais elle était circonscrite à l'Europe et à la Méditerranée. Ibn Khaldoun, qui naquit à Tunis en 1332, en a gardé des souvenirs qu'il relata dans la partie autobiographique du ‘' livre des exemples'': «ce fléau dévastateur a fait tomber la population du Maghreb en dessous des seuils de l'existence «civilisée».
Ce fléau ne franchit point les océans. Il est vrai que l'Amérique n'était pas encore découverte. Elle le sera en 1492 par le génois Christophe Colomb. Dans la foulée, au Brésil débarquera en 1500 le portugais Pedro Cabral. Peu après, le Mexique sera conquis en 1520 par l'espagnol Cortès tandis que son compatriote Pizzaro occupera le Pérou en 1532.
Ces événements vont concourir, avec d'autres, à l'avènement des temps modernes. Tout comme un siècle auparavant, la Renaissance avait surgi après l'extinction de la grande peste de 1710.
Les temps modernes, quèsaco? Le monde a été profondément bouleversé par l'émergence de nouveaux continents. Tous les points de la sphère terrestres peuvent enfin être atteints.
Les flux d'échanges de personnes et surtout de marchandises vont croitre maxima. La libre circulation des idées et de services : voici le maître-mot des penseurs du capitalisme naissant.
Les hommes de science, en rupture avec les croyances de l'Antiquité et du Moyen-âge, entendent rendre raison à tous les phénomènes.
Leur axiome prégnant est de ne jamais accepter ce qui nous échappe. Quant aux philosophes, leur doxa se décline, pour la plupart, en une certitude : l'homme est devenu maitre de son propre destin.
C'est Kant (1724-1804) qui définira le mieux cette période moderne de «passage de l'humanité à son état de majorité».
Majeur, fais ce que tu voudras ! Aussi l'homme s'est-il lancé dans une course effrénée vers la satisfaction de besoins sans cesse en élévation. Pourtant, Voltaire (1694-1778) avait bien averti dans son ‘' livre sur la tolérance'' que «l'homme a toujours besoin d'un frein». Beaucoup plus tard, Michel Foucault (1926-1984) mettra en doute le postulat Kantien en avançant « je ne sais pas si jamais nous deviendrons majeurs» (Dits et écrits). Le progrès aidant, l'homme s'est senti pousser des ailes sans la moindre inquiétude qu'un plomb puisse brusquement l'immobiliser.
Or voici qu'il est pourchassé par une créature infime : un micro-organisme composé d'une partie centrale, le virion constitué d'acide nucléique, et d'une coque protégée par une couche lipidique.
Face au danger, parfois mortel du Covid-19, l'homme, d'ordinaire fanfaron et téméraire est obligé de se confiner. Les hommes et les femmes en blouse blanche ne cessent de nous seriner à travers la petite lucarne, que personne n'est à l'abri des frappes de ce virus, encore inconnu à l'adresse et que par conséquent, gare à nous ! Devant cette même lucarne, l'on est coi et blême en devisant les tableaux et les courbes retraçant en boucle l'évolution de la corona foudroyante.
Un véritable ouragan secoue l'Univers. Les retombées en seront, sans doute, incommensurables.
Aucun pays, fût-il le plus avancé ne sera épargné par le cataclysme qui s'annonce et qui rappelle par certains aspects, celui de 1929 année de la plus grande dépression du siècle précédent.
Un journal français a osé dernièrement ce titre irrévérencieux à propos des Etats-Unis gravement affectés par cet être si minuscule : ‘'l'hyper impuissance''. Le président Trump, dans son infinie puissance s'est rabattu sur l'Organisation mondiale de la santé (OMS) en lui coupant le souffle.
Il ya cinq cents ans, un sultan d'une autre trempe, Soliman le magnifique (1494-1566) avait eu l'humilité de déclarer : « les gens considèrent la richesse et le pouvoir comme le plus grand des titres. Mais dans ce monde, un moment de santé est le meilleur des états. La vénération de Dieu est le plus joyeux de tous les états».
Devant l'hécatombe qui secoue son pays, le chef du gouvernement italien, M.Conté, implore le ciel et s'en remet à « l'Eternel géomètre » selon l'expression de Joseph Maistre (1753-1821).
Le créateur, dans son immense bonté, voudra-t-il exaucer les sollicitations des héritiers d'une civilisation qui avait atteint en son temps son acmé: Rome, Florence , Pise et les républiques légendaires : Amalfi, Gênes et Venise.
Que c'est triste Venise au temps des soupirs !


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