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Les animaux sont-ils vraiment en danger ?
Publié dans Le Temps le 24 - 11 - 2016

Destination dominicale préférée des familles modestes, le parc zoologique de la ville de Tunis est, à la veille des vacances scolaires, pointé du doigt pour négligence et séquestration d'animaux dans de mauvaises conditions. Créé en 1963, le « zoo », comme se plaisent à l'appeler les Tunisiens, fait depuis quelques mois l'objet d'une pétition en ligne appelant à sa fermeture. Dans la lettre adressée aux responsables, on peut lire : « Les fauves sont d'une maigreur inimaginable. C'est impensable de laisser ces animaux abandonnés à leur sort sans leur donner les soins nécessaires et bien les entretenir. Rendez la liberté à ces animaux qui souffrent ! »
La pétition, qui a obtenu jusqu'ici plus de 12.000 signatures, est signée par Katie Mansouri, de Seine Saint-Denis, qui se présente en tant que passionnée de la vie animale. Quand a-t-elle visité le zoo de Tunis pour la dernière fois ? S'y est-elle vraiment rendue et a-t-elle constaté de visu l'état lamentable des animaux ou est-ce là de simples allégations portées à tort contre l'un des endroits les plus fréquentés de Tunis ?
Pour y voir plus clair, une visite au parc zoologique s'est imposée. Une fois le ticket, à 1.1 D, en poche, direction les félins pour voir si la photo du lion squelettique, accompagnant la pétition, était bien réelle. Dans les cages, impeccablement nettoyées, lions, lynx et léopards se dorent au soleil. Ils sont calmes et bien portants, ni maigres, ni obèses. Plus loin, placé dans une aire boisée, un tigre apparaît, lui aussi en pleine forme. En 2011, certaines voix se sont élevées, dénonçant l'amorphie des fauves dans leurs cages. Interrogé à ce propos, l'ancien directeur du zoo avait alors répondu que c'était la nature même des félins de ne commencer à se mouvoir qu'à l'approche des heures de repas. Concernant l'exiguïté des cages, il avait affirmé que seuls les guépards avaient besoin d'espace.
Poursuivant notre visite, il nous a été possible de vérifier que les enclos et autres espaces ouverts dans lesquels évoluaient les animaux, notamment les singes, les ours, les autruches et les hippopotames étaient correctement nettoyés. Idem pour celui des dromadaires. Même les espaces réservés aux sangliers, malgré leur odeur fétide, étaient propres. La terre sous les cerfs semble avoir été fraichement retournée. Ici et là, des paons se baladaient tranquillement, fanfaronnant avec leurs queues ouvertes en éventail, pour le plus grand bonheur des quelques visiteurs du midi.
«Nous n'avons rien à cacher»
Ce n'est pas la première fois que les militants de la cause animale font le procès du zoo de Tunis. Interrogé sur la pétition en question, Dr Mahmoud Laâtiri, actuel directeur du parc zoologique de Tunis, a accepté de répondre à nos questions, non sans avoir émis un certain nombre de réserves au début de l'entretien. Il expliquera ainsi ses premières réticences : « Nous sommes près de vingt-cinq salariés au zoo et fournissons tous de grands efforts pour tenir au propre l'endroit et prendre bien soin des animaux. C'est vraiment décourageant de tomber par la suite sur des pétitions et des articles qui se basent sur des allégations et qui nous accusent de maltraitance. Cette photo du lion squelettique a été prise dans un autre zoo, probablement au Yémen. » Il ajoutera : « Nous n'avons rien à cacher. S'ils le désirent, nous invitons les responsables des associations de défense de la cause animale à venir s'assurer par eux-mêmes des bonnes conditions dans lesquelles vivent les animaux et de la qualité de la nourriture qui leur est proposée. D'ailleurs, s'ils étaient maltraités, affamés et séquestrés dans de tous petits box, ils ne se reproduiraient pas. Tous les vétérinaires pourront confirmer que la reproduction est le plus grand luxe chez l'animal. » Enfin, concernant les photos publiées montrant des cages sales et des espaces jonchés de déchets, Dr Laâtiri a déclaré : « Nous faisons de notre mieux pour nettoyer le zoo et sensibiliser les visiteurs sur l'importance de laisser l'endroit propre et de ne pas jeter de fruits, de biscuits et toutes sortes d'objets aux animaux en cage. Nous n'avons pas lésiné sur les moyens côté signalisation et autres plaquettes d'information, mais malheureusement, certains ne se conforment pas aux règles, ne respectent pas les consignes et n'en font qu'à leur tête. Idem pour les mesures de sécurité. Malgré les avertissements écrits situés près de chaque cage et la présence d'agents, certains franchissent les barrières et se rapprochent imprudemment des animaux. Sincèrement, nous n'avons certes pas de budgets faramineux, comparés aux zoos d'Europe par exemple, mais nous sommes dans les normes et le budget qui nous est alloué est suffisant. Il suffit juste que certains de nos visiteurs s'abstiennent de salir le zoo et de jeter par-ci et par-là leurs déchets. »
Le directeur du zoo a par la suite demandé aux agents d'ouvrir les portes de la cuisine, celles des pièces où sont stockés les graines et les légumes ainsi que celle où sont disposés les congélateurs mais aussi la chambre froide où est stockée la viande et les poissons dont ils reçoivent une tonne par semaine. Force a été de constater que tout était propre, bien rangé et que les produits étaient frais.
Depuis la révolution, la défense des droits animaux semble mieux intégrée aux débats politiques. Plusieurs campagnes de sensibilisation, d'information mais aussi de dénonciation ont ainsi été lancées, à l'instar de celle demandant l'interdiction d'abattage des chiens errants. Défendre les animaux oui, accuser, à tort, les humains de négligence envers eux, non!


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