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L'Afrique subsaharienne, de nouveau, malmenée
Publié dans Le Temps le 30 - 11 - 2018

Les Journées théâtrales de Carthage se tiendront du 08 au 16 décembre. Tout comme l'année dernière, l'Afrique subsaharienne est malmenée pour cette édition.
«Les Journées théâtrales de Carthage sont un festival tunisien. Un festival arabe. Un festival… africain». Temps d'hésitation de la part de Hatem Derbel, directeur des JTC 2018, pour la deuxième année consécutive. Temps d'hésitation à prononcer le mot africain. Temps d'hésitation que nous seule avons capté. Sortir le mot «africain» de sa bouche semble avoir été pénible pour lui.Temps d'hésitation pour faire comprendre qu'iln'arrive pas à concevoir que l'Afrique subsaharienne fasse partie des JTC. Temps d'hésitationparce qu'il a oublié que les JTC, depuis 1983, sont un festival arabo-africain.
L'Afrique subsaharienne est, de nouveau, malmenée pour les Journées théâtrales de Carthage 2018.
Pas de paranoïa là-dedans. Simplement une vérité dont nous avons fait l'expérience aux Journées théâtrales de Carthage 2017. Hatem Derbel a un sacré problème avec l'Afrique subsaharienne. Si ce directeur avait accepté l'invitation que lui ont faite le Marché des Arts du Spectacle d'Abidjan (MASA/mars 2018) et le Festival International de Théâtre du Bénin (FITHEB/16-24 novembre 2018), il aurait sûrement compris que le théâtre africain subsaharien a dépassé, et de loin, le théâtre arabe. Pour le MASA, dont le directeur Yacouba (et non Abdoulaye) Konaté sera présent, il a prétexté avoir reçu l'invitation tard. Ce qui est faux, puisque, depuis octobre 2017, il savait qu'il allait y être invité. Quant au FITHEB, il n'a pas daigné lui répondre.
Huit pièces «africaines»
L'Afrique subsaharienne, de nouveau, mise à mal pour les Journées théâtrales de Carthage 2018. Il n'y a qu'à consulter le dossier de presse et le programme (à moins qu'il n'y ait des changements d'ici l'ouverture).
Onze pièces en compétition : 2 tunisiennes, 7 arabes(Maroc, Irak, Egypte, Syrie, Koweït, Emirats et Jordanie), 2 africaines subsahariennes (Guinée Conakry et Togo). On pourrait jouer sur le fait que le Maroc et l'Egypte sont aussi des pays africains. Ce serait insulter les institutions occidentales bien pensantes qui fourguent les pays de l'Afrique du Nord dans la zone MENA (Middle East/North Africa). Et nous les suivons bêtement tête baissée. On pourrait arguer de la langue arabe. Mais, les sur-titrages existent maintenant au théâtre, comme le sous-titrage au cinéma. Bref tout cela pour dire que le Maroc et l'Egypte sont comptabilisés dans «pays arabes». Donc, nos calculs sont bons : seulement deux pièces africaines subsahariennes (d'où l'importance d'utiliser ce dernier adjectif, qui ne l'est jamais dans les communiqués et autres, comme si les Tunisiens ne considéraient pas la Tunisie comme étant, géographiquement, un pays africain).
Il en est de même dans la section parallèle. Trente spectacles : 14 tunisiens (dont une coproduction avec la Suisse), 10 arabes (Maroc, Irak, Jordanie, Liban, deux Egypte, Sultanat d'Oman, deux Syrie, Palestine), et… 6 africains subsahariens (Tchad, Sénégal, Rwanda, Congo, Cameroun, et Burkina Faso).
Variations de sélection
L'Afrique subsaharienne, de nouveau, malmenée par l'ignorance de la géographie. Quand on dit «pièce du Congo», on se doit de préciser quel Congo : la République du Congo (Brazzaville) ou la République Démocratique du Congo (RDC/Kinshasa). Bon, heureusement qu'Internet existe. La pièce congolaise «Délestage» est de la RDC. Mais, l'est-elle vraiment ? Quand on consulte la fiche technique, elle est plus une coproduction qu'une pièce africaine subsaharienne à part entière : David-Minor Ilunga (auteur et interprète/RDC), Roland Mahauden (metteur en scène/Belgique), Xavier Lauwers (lumières/Belgique), Olivier Wiame (scénographe/Belgique), Marc Doutrepont (création sonore/Belgique), Marie-Laure Wawrziczny de La Charge du Rhinocéros(diffusion/Belgique).
Pourquoi avoir mis «Délestage» en section parallèle et «Zokwezo» en théâtre du monde ? Les deux sont des coproductions : la première belgo-congolaise et la seconde congolo-bénino-suisse. Alors quels sont les critères de jugement ?
D'autre part, la pièce sénégalaise «Rescap'art» avait postulé pour les JTC 2017 mais n'avait pas été sélectionnée. Que s'est-il passé pour qu'elle soit au programme de cette année ? A-t-elle postulé de nouveau ?Ou les organisateurs sont allés farfouiller dans les archives ? Bizarre quand même comment une pièce peut prendre de la valeur aux yeux de certains d'une année sur l'autre…Alors quels sont les critères de sélection ?
Le Burkina Faso, pays invité d'honneur. Ah bon ?
La 20ème session des JTC va accueillirdeux pays invités d'honneur. Le premier est la Palestine. Et là faut vraiment arrêter avec notre nationalisme arabe mal placé. Le peuple palestinien n'a pas besoin qu'on rende, à chaque édition de chaque festival, un hommage à leur art et à leurs artistes.Parce qu'entre nous la plupart des artistes palestiniens n'en n'a que faire de leur peuple… Ils s'en servent seulement pour susciter de la pitié et «imposer» leurs œuvres même si elles sont de bas de gamme.
Le second est le Burkina Faso, dont l'adjectif a été mis à toutes les sauces : «bourkinabé», «burkinabais», «burkinabé», heureusement que l'on n'a pas eu «burkinabaise» ! Petit leçon, l'adjectif de Burkina Faso est «burkinabè». Ilest invariable qu'il soit au masculin, au féminin ou au pluriel. Il en est de même pour le nom propre. Les orthographes «Burkinabè» et «burkinabè»ont été déclarées au Journal officiel du Burkina, le 16 août 1983… La prononciation est «Bourkinabè».
On annonce la«programmation de pièces detroupes venues du Burkina Faso, avec l'organisation d'une journée d'étudeoù des professionnels du Quatrième art (du monde entier) réfléchiront surla consolidation des liens de collaboration et de partenariat entre le théâtreafricain et d'autres expériences théâtrales à travers le monde». Nous avons eu beau cherché dans le programme. Point de pièces burkinabè, mais une seule et unique : «Mots pour maux»… Les autres ont dû se perdre en chemin.
Comment oser écrire «consolidation des liens de collaboration et de partenariat entre le théâtre africain et d'autres expériences théâtrales à travers le monde» ? Primo : le théâtre burkinabè n'est pas le théâtre africain. Deuxio : Le théâtre africain n'a pas besoin des Journées théâtrales de Carthage pour consolider ses liens avec les expériences théâtrales à travers le monde. Il l'a fait et depuis longtemps !
Dans ce cadre d'invité d'honneur, un hommage sera rendu à Oliva Ouédraogo et Etienne Minoungou.
L'Afrique subsaharienne n'est pas à la seule à être mise à mal. Lors de la conférence de presse des JTC, mercredi 28 novembre, nous avons eu le droit à une belle brochette d'hommes, 12 plus exactement, pour présenter cette session, mais aucune femme. La misogynie des hommes tunisiens de théâtre en plein face !


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